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mardi 11 août 2020
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Sans Tabou: contestation du régime; M5 décapité ?

Après l’annulation de la contremarche tant médiatisée, la Convention des Forces républicaines (CFR) par les organisateurs ce 26 juin 2020, nombreux sont les observateurs qui étaient fondés à croire que la voie était dégagée pour le M5-RFP pour parvenir à ses fins, à savoir : la démission du président de la république, Ibrahim Boubacar KEÏTA. Mais c’était sans compter sur les divergences congénitales des regroupements qui composent ce rassemblement hétéroclite.

Visiblement, si le consensus était dégagé autour du diagnostic de la situation du pays, les solutions à envisager semblent n’avoir pas été bien définies au sein du M5-RFP.
Cela est lisible, à travers le communiqué, en début de semaine de la jeunesse EMK de Cheick Oumar Sissoko, qui décide d’évoluer désormais en seul. Depuis, de réunion en réunion, de concertation en concertation, rien de précis ne se dégage des réunions du M5-RFP. Pire, on apprend que les dirigeants ont mis beaucoup d’eau dans le vin, au grand désarroi des militants, qui sont de plus en plus tenus loin des différentes rencontres.
En tout cas, il se dit de plus en plus que Bamako est en passe de tourner la page de la contestation populaire qui réclamait la tête du président de la République. Il semble que le pouvoir arrête le pouvoir et que les nuits ont porté conseil pour les dirigeants se sont bien gavés du fruit de leur trahison.
Des semaines durant, personnalités maliennes et partenaires étaient au four et au moulin afin de freiner l’élan des frondeurs qualifiés à tort ou à raison de casseurs de la République.
Tout porte à croire que l’imam Mahmoud DICKO et le Chérif de NIORO, les deux hommes les plus consultés, ont accepté de revoir leur schéma.
En somme, ces deux personnalités, fer de lance de la mobilisation, ont décidé d’accéder au plan de sortie de crise de la CEDEAO soutenu par la communauté internationale, et qui prévoit que le président IBK reste en poste.
Pour les autres points de revendication du M5-RFP, la médiation préconise des élections législatives partielles dans les circonscriptions où les résultats ont fait l’objet de contestations. Il passe aussi par la dissolution de la Cour constitutionnelle dont les arrêts ont été mis en cause ; et afin la formation de gouvernement d’union nationale consensuel.
Cette option validée par les partenaires du Mali pour décrisper le climat sociopolitique avait été rejetée par les radicaux du M5-RFP qui exigeait, le départ pur et simple, du président IBK.
Désormais, le serpent M5-RFP étant décapité de sa tête, les deux leaders religieux, il ne reste plus face à IBK est ses partisans du pouvoir qu’une corde dont ils peuvent se jouer à souhait en attendant une prochaine colère collective.
C’est ainsi que les radicaux et certains militants crient déjà à la trahison.
Pour beaucoup d’observateurs, ces radicaux ne sont pas à négliger. Certes l’imam DICKO était l’acteur de la mobilisation, mais c’est l’expression « IBK et son régime démissionnent » qui a le plus mobilisé. Et le 19 juin passé, lorsque l’imam DICKO a appelé au calme et demandé aux manifestants de rentrer à la maison, la déception se lisait sur les visages. La majorité des manifestants était sortie ce jour pour mettre fin au régime et au système.
Même si le mouvement semble décapité, les causes réelles de ce soulèvement si elles restent entières, peuvent constituer toujours une menace pour la stabilité du pays. Elles peuvent être le soubassement d’une prochaine contestation, car avec IBK les arrangements politiques ont toujours mal tourné.
Mais, ce qui est déplorable, c’est que beaucoup de dirigeants de ce mouvement risquent de sortir affaiblis, à cause des accusations de corruption entretenues à leur égard.

Par Abdoulaye OUATTARA




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