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vendredi 21 janvier 2022
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Sans Tabou: crise scolaire, divergence suicidaire

Ce jeudi 25 novembre 2021, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont organisé des Assemblées générales d’information des militants à la base sur l’ensemble du territoire national. Même si l’objectif annoncé de ces assemblées était de donner la parole aux militants pour qu’ils se prononcent sur l’application de l’article 39 et l’harmonisation des grilles unifiées, force est de constater qu’elles ont permis de mettre au grand jour la divergence de vue entre les responsables de la synergie et leur base.

Alors que les syndicats, pour leur part, ont manifesté leur disponibilité au dialogue et ont demandé à la partie gouvernementale de s’inscrire dans la dynamique de l’élaboration de la grille du personnel enseignant tout en exprimant leur volonté d’aller à une flexibilité cernant ladite grille, il a été avons constaté, le jeudi dernier, que la base, dans sa grande majorité, ne jure que par l’application de l’article 39.
«Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 informent les militants et militantes qu’ils ont participé à la conciliation du vendredi 12 novembre 2021 au ministère de l’Education nationale.
Ils tiennent à rappeler que ces négociations font suite à celles des 1ers et 5 novembre 2021. En ce qui concerne les négociations d’aujourd’hui, il convient de retenir que les deux parties sont restées sur leur position.
Le Gouvernement a proposé une augmentation de 10 à 15% de l’indemnité des responsabilités, ce qui revient à une augmentation par catégorie :
4850 FCFA pour la catégorie C ; 6 150 FCFA pour la catégorie B ; 7 575 FCFA pour le professeur titulaire ; 8 700 FCFA pour le professeur principal ; 9 450 FCFA pour le conseiller pédagogique cat. A ; 10 200 FCFA pour le professeur agrégé et inspecteur.
Les syndicats pour leur part ont manifesté leur disponibilité au dialogue. Ils ont demandé à la partie gouvernementale de s’inscrire dans la dynamique de l’élaboration de la grille du personnel enseignant tout en exprimant leur volonté d’aller à une flexibilité cernant ladite grille».
En termes clairs, on peut dire sans risque de se tromper qu’il y a aujourd’hui un fossé, voire une divergence criarde, entre la base et les leaders de la synergie sur le combat qu’il convient de mener jusqu’à la satisfaction totale des revendications.
Une divergence qui vient s’ajouter à une situation qui était déjà corsée entre la synergie et les autorités autour des solutions de sortie de crise.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la synergie est aujourd’hui prise en tenailles entre les autorités et la base.
Cette situation, si elle venait à perdurer, risquerait de fragiliser la synergie qui s’est engagée dans un bras fer avec le gouvernement depuis des années.
En tout cas, l’évolution des négociations entre le Gouvernement et le syndicat avait laissé croire à une reculade spectaculaire avec la mise en abyme absolue et définitive de l’article 39 de la loi n°2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et l’éducation préscolaire et spéciale.
Comme quoi, de seuil à deuil, il n’y a souvent qu’un petit pas.
Comme on le voit, les syndicats de l’éducation ont banni de leur vocabulaire l’article 39, quand il y a juste quelques mois le slogan était « article 39 ou rien ».
Le produit de substitution, c’est une supplique au Gouvernement de s’inscrire dans la dynamique de l’élaboration de la grille du personnel enseignant.
D’où peut bien venir mette métamorphose et cette magnanimité syndicale ; d’autant plus que le Gouvernement reste campé sur sa position et compte bien y rester avec sa grille harmonisée?

Par Abdoulaye OUATTARA




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