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mercredi 25 mai 2022
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Sans Tabou: pas de demi-mesures pour double délit

Le gouvernement de la Transition à travers le ministre de l’urbanisme, des domaines et de l’habitat, dans un communiqué publié hier mardi en début de soirée, a décidé de suspendre le processus d’attribution des logements sociaux et de dissoudre la commission d’attribution, pour apaiser la colère de l’opinion et promettre d’apporter plus de transparence dans le processus. La pirouette du gouvernement qui est pris pour une capitulation est-elle à hauteur d’attente de l’opinion exaspérée par les effets de l’embargo relégués au second plan ?

La suspension et de la dissolution de la commission d’attribution, sont pour beaucoup de Maliens y compris des leaders du M5 et des soutiens affichés de la transition des petites mesures pour faire la vague. Ces demi-mesures ne contentent pas les exigences de l’opinion qui prêchent plus de transparence. Alors d’accord avec l’aggiornamento gouvernement quant à l’attribution des logements sociaux. Mais, pour beaucoup d’observateurs le gouvernement doit aller loin pour ouvrir une enquête afin sanctionner les responsables de cette maladroite magouille qui n’est rien d’autre qu’un délit de favoritisme et éventuellement d’autres infractions connexes. Ces sanctions seront des signaux confortant le nouveau Mali en chantier. Ce qui est certain, le Mali Kura ne peut être se construire avec des anciennes méthodes très décriées et ayant conduit à la déliquescence de l’État. Comme on le dit : on ne peut faire du neuf avec du vieux.

Cette cavalcade d’attributaires suspects et triés sur le volet dans les proches entourages des plus hautes autorités et parmi des soutiens affichés et bruyants de la Transition apparaissent comme des taches indélébiles au passif du Mali Kura, la vision d’un nouveau départ pour notre pays, qui depuis est gouverné en violation des règles et principe de bonne gouvernance et de l’éthique. Or, celles-ci constituent un idéal à atteindre pour la transition dont la finalité est d’instaurer une gouvernance vertueuse en vue de tourner la page de la gouvernance auréolée de scandales de corruption, de favoritisme, de népotisme que nous avons connu par le passé…

Ces maux constituaient l’une des raisons fondamentales pour lesquelles, des milliers de Maliens ont battu le pavé dans les rues de Bamako et à l’intérieur du pays pour exiger le départ du président défunt Ibrahim Boubacar KEITA sous lequel la gouvernance avait atteint le seuil de l’intolérable. La suite est connue, les Maliens gardent les souvenirs des récents événements qui ont précédé à la chute du régime.

Après le règne d’IBK, l’espoir de ce Mali Kura tant clamé, revendiqué, voire exigé par les Maliens, risque de prendre un coup avec le scandale de favoritisme dans l’attribution de la deuxième tranche des logements sociaux. La liste des bénéficiaires publiée la semaine derrière est truffée d’irrégularités. Et les reproches sont nombreux : des bénéficiaires non-soumissionnaires et ceux qui ne remplissaient pas dans les critères.

En décidant de suspendre l’attribution et de dissoudre la commission d’attribution, l’État assume en partie sa responsabilité en tant que garant de l’équité et de l’égalité. Mais comme souligné ci-dessus ces mesures ne sont pas à hauteur de l’ambition que les nouvelles autorités envisagent pour le Mali.

En effet, au-delà de celles-ci, les autorités doivent prendre d’autres sanctions contre ceux qui se sont mouillés dans ce deal parce que la Transition doit donner le signal que rien ne sera plus comme auparavant, en tout cas comme par le passé récent où l’impunité a régné en maître absolu. Ce qui sied avec cette citation de Daniel Isidore, ingénieur congolais qui affirmait : « Quand l’éternel Dieu vous donne un nouveau départ, ne répétez pas les anciennes erreurs ».

Avant ce scandale, il y a eu celui du recrutement à la CANAM où des citoyens se sont plaints du partage de gâteau. Là également, on accusait des responsables de cette boîte de servir leur proche et des membres de leurs familles. Il est temps enfin que force reste à la loi ; que dura lex sed lex ne soit pas un simple slogan pour embellir les discours officiels.

PAR SIKOU BAH




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