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samedi 17 avril 2021
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Sans Tabou: ‘’Faso ka Wélé’’ : l’appel n’a-t-il pas été entendu ?

Une trentaine de personnes dans une salle de plus de 1000 places ! Voilà la réponse des citoyens maliens à l’appel la plate-forme « FASO KA WELE » qui tenait ce 6 décembre 2020, son Assemblée générale constitutive, au Palais de la culture. L’objectif de cette rencontre était de lancer un manifeste, dont l’objectif, selon les responsables, vise à rassembler toutes les forces politiques et sociales pour la réussite de la Transition. Il semble que faute de participants, le rendez-vous a été remis à une date ultérieure. L’appel n’a-t-il pas été entendu ou il a été tout simplement ignoré ?

Malgré une grande offensive d’Issa Kaou Djim, à l’intérieur du pays et le grand appel des autres membres de ladite plateforme dans les coins et recoins de Bamako, les Maliens ont préféré vaquer à leurs occupations que d’aller écouter des balivernes. Ceux-là mêmes qui avaient la capacité de mobiliser des millions de personnes à la Place de l’indécence de Bamako ont aujourd’hui du mal à remplir une salle de 100 places. Que s’est-il passé en un si laps de temps qu’ils soient logés à la même enseigne que les politiques, dont ils n’ont de cesse étaler les lacunes sur la place publique ? En tout cas, la sensibilisation n’a pas fait défaut pour le lancement de cette initiative. Une semaine au paravent, Issa Kaou N’Djim et ses lieutenants ont sillonné des localités du pays, notamment Koutiala et Ségou où ils ont largement fait cas du lancement de ce mouvement.
Mieux en prélude à l’événement une conférence de presse a été animée par des amis de Issa Kaou N’Djim et leur message et slogan ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Ils ont même sillonné des artères de la capitale avec des banderoles appelant à les rejoindre ce dimanche au Palais de la culture. Malheureusement, la cible ne semble pas être atteinte par les messagers où le public n’a pas adhéré.
Pourtant, les objectifs spécifiques de cette plateforme sont clairs. Il s’agit notamment d’œuvrer activement à la réussite de la transition, à travers un soutien politique, d’exiger des poursuites judiciaires contre les commanditaires, auteurs, complices des tueries de Sikasso, Kayes, et des 10, 11, et 12 juillet à Bamako, et d’exiger des poursuites judiciaires contre les auteurs de détournement des deniers publics et la réalisation des audits des établissements publics. A part le premier objectif, les deux autres faisant partie du slogan des manifs contre le régime de l’ex-président IBK.
Selon les observateurs, les agissements de certains responsables de cette plateforme laissent à réfléchir. Et pour cause, depuis la sortie d’Issa Kaou DJIM et de certaines de ses camarades pour dénigrer toutes personne osant dénoncer les failles de cette transition, les Maliens qui n’hésitaient pas remplir la salle de 1000 places à un claquement de doigts, se sont recroquevillés sur eux-mêmes, tout en boudant le nouveau visage de ces jeunes qui se disaient révolutionnaires.
En effet, les fruits de la révolution de juin, juillet août dernier, n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Nombre de ces jeunes qualifiés de révolutionnaires sont devenus des laudateurs des militaires qui ont vite dévié de leur trajectoire après la chute du régime IBK. Au lieu de travailler au retour rapide à une vie constitutionnelle normale, les militaires se sont mis à préparer leur confort avec des nominations massives de camarades à des fonctions administratives et politiques. C’est un secret de polichinelle que ces jeunes soldats ont pris déjà goût des avantages luxueux du pouvoir. La preuve, en plus de nos localités de l’intérieur, Bamako est devenue un véritable Far West, les colonels sont en train de troquer leur treillis contre des Bazin GEZNER et des costumes avec cravates, à l’image du nouveau président du CNT, Malick Diaw.
Malgré tout, Issa Kaou DJIM et ses camarades appellent à soutenir cette transition. Cerise sur le gâteau, ils siègent dans le CNT dont les critères de sélection des membres restent jusque-là flous.
Au regard de tout cela, les Maliens ont surement compris ce qui se trame contre le pays.
En tout état de cause, l’appel de IKD est ses compères n’a pas été répondu par les Maliens, ce 6 décembre 2020.

PAR CHRISTELLE KONE




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