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mardi 20 avril 2021
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Sans Tabou: front social, le péché originel de la Transition

Alors que l’insécurité dans les villes et dans les campagnes bat toujours son plein, le pouvoir de la Transition dirigé Président Bah N’DAW ne connait pas de répit sur le front social. Après la foudre de l’article 39 du collectif des enseignants signataires du 15 octobre 2016, l’UNTM n’écarte pas une autre démonstration de force par un préavis de grève « dure ». Pendant ce temps, la Transition sur laquelle de nombreux Maliens fondent espoir pour un nouveau départ patauge et désempare. Tout se passe comme si la Transition n’avait pas tiré les enseignements de la mauvaise gestion de l’ancien régime.

Coupé en plusieurs morceaux à cause de l’insécurité, le pays est encore confronté à de nombreux problèmes. L’un de ces problèmes récurrents est l’ébullition du front social. En manque de solution idoine et d’alternative crédible, le navire des colonels qui doit conduire la Transition, tangue de plus en plus. Si l’on ne prend garde, ce régime des diplomates et des militaires risque de se faire désagréablement surprendre par cette pression sociale, à l’origine du départ précipité d’IBK.
En tout cas, les syndicats, eux, ne se méprennent pas. Preuve : l’UNTM dans une lettre circulaire vient de faire le point des négociations avec le gouvernement à ses membres. Dans ce document, le secrétaire général de la centrale syndicale, Yacouba KATILE, dénonce l’attitude peu sincère des autorités de la Transition et laisse entendre que rien ne leur fera changer de position. Après les 3 et 5 jours d’arrêt de travail, le prochain mouvement de grève sera «dur».
Outre l’UNTM qui menace d’aller une autre grève, les transporteurs sont sur pied de guerre. Ceux-ci ont décidé également de paralyser les activités avec 3 jours de cessation d’activités en représailles à la décision du ministère des Transports de leur faire payer le droit péage à chaque passage. Toute chose que les transporteurs trouvent excessive. Des boulangers manifestent également des sautes d’humeur.
Face à ces situations, le Mali Kura « le nouveau Mali » tant réclamé est loin d’être sur la bonne voie. Parce que la Transition porteuse de cette espérance n’arrive pas encore, cinq mois après le démarrage de ses activités, à se stabiliser à plus forte raison à faire face à des problèmes auxquels les Maliens sont confrontés. Le plus inquiétant est que la Transition est en train de gérer la situation au cas par cas. Des erreurs commises par l’ancien régime et qui ont conduit à sa perte. Tout se passe comme si la Transition n’avait pas tiré les enseignements de la mauvaise gestion de l’ancien régime. Et c’est la continuité de l’État au propre comme au figuré. Parce que sur ces questions, les nouvelles autorités de la Transition pataugent. Par conséquent, la population est dans le doute. Il n’y a pas pour le moment d’alternative crédible. Et pourtant, le Mali Kura, il faut le dire, ne se réalise pas dans les slogans, mais dans nos actions et de tous les jours.

Par Sikou BAH




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