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dimanche 9 août 2020
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Sans Tabou: Gouvernance, la promotion de l’incompétence

Dans le cadre de la mise en œuvre les recommandations du sommet extraordinaire des Chefs d’État de la CEDEAO pour la sortie de crise, le président de la République a nommé ce 28 juillet 2020, un mini gouvernement de six membres. Un regard critique sur l’équipe restreinte permet à certains de croire à la promotion de l’incompétence par le président IBK, malgré les multiples défis qui attendent ces invités au banquet. Et pour cause ? La plupart des ministres choisis sont des hommes qui avaient déjà montré leur limite sous la gouverne du même IBK.

Pour faire face aux urgences du moment en attendant un consensus de l’ensemble des acteurs de la crise, le président de la République a mis en place lundi une équipe de six membres pour mettre en œuvre les actions prioritaires des recommandations de la CEDEAO pour la sortie de crise et permettre à l’État de répondre aux sollicitations urgentes des citoyens.
Outre le Premier ministre en place, depuis le mois de juin, la nouvelle équipe gouvernementale se compose de comme suit : ministre de la Défense et des anciens combattants, le Général Ibrahim Dahirou Dembélé ; ministre de la Justice, garde des sceaux, Me Kassoum Tapo ; ministre de l’Administration territoriale, Boubacar Alpha Bah ; ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Tiébilé Dramé ; ministre de la Sécurité et de la protection civile, le Général Bemba Moussa Keïta et enfin ministre de l’Économie et des finances, Abdoulaye Daffé.
Si la nomination de ce Gouvernent est à saluer compte tenu du contexte, nombreux sont les observateurs qui se demandent encore comment certains se sont retrouvés dans le nouveau gouvernent après avoir été remercié le président de la République, dans un passé très récent en raison de leur incompétence ou insuffisance de résultats.
Les cas les plus souvent évoqués celui du général Bemba Moussa Keïta, ancien chef d’état-major des armées, nommé ministre de la Sécurité et de la protection civile et Me Kassim TAPO de la justice.
Même si ces deux personnalités sont théoriquement qualifiées, leurs parcours permettent aux observateurs de douter de leurs capacités techniques. Et pour cause ? Le général Keita, le nouveau ministre de la Sécurité, est ancien chef d’état-major des armées sous IBK et qui avait été limogé suite à la recrudescence des attaques terroristes au centre dont le point culminant a été atteint avec le drame de Ogossagou le 23 mars 2019 qui avait fait plus d’une centaine de victimes civiles. Ce drame est intervenu sans que le général qui avait l’armée, et qui avait cumulé déjà suffisamment de revers, ne puissent être d’un quelques secours pour ces malheureuses populations.
Aujourd’hui, dans un contexte marqué par la recrudescence de l’insécurité avec des attaques à main armée contre les véhicules de transport qui desservent les villes de l’intérieur, la multiplication des braquages contre des boutiques et les pharmacies, la nomination de cet officier, n’est pas de nature à rassurer les Maliens.
Sauf si le président a soudainement découvert en lui une capacité surnaturelle lui permettant de réprimer les manifestants qui lui coupent le sommeil, ces derniers temps à Bamako.
Autre nomination qui fait polémique, celle de Me Kassim TAPO à la Justice. Cet avocat qui s’est fait remarquer dernièrement sur les antennes de l’ORTM pour ses capacités de défense d’un régime moribond est pourtant à son deuxième essai dans le gouvernement IBK. Sa nomination apparait aux yeux de l’opposition comme une manière d’étouffer les enquêtes sur les violences des 10, 11, et 12 juillet qui ont fait plus de 20 victimes.
Ce qui jette davantage de doute sur ses compétences à conduire sa mission en ces moments difficiles de l’histoire du Mali, c’est son incapacité avérée à conduire en 2017 la réforme constitution dont il avait la charge au sein du Gouvernement.
Le ministre des Droits de l’Homme et de la Réforme de l’État, Me Kassoum Tapo, puisqu’il s’agit de lui, a vu son projet rejeté par le Mouvement An Tè A Bana, qui fut finalement rangé dans les placards avant qu’il ne soit remercié par son patron au prochain gouvernement.
Autre fait marquant du passé troublant de l’homme est à rechercher lors de son passage à la tête de la CENI en 1997. Ses détracteurs lui reprochent, à ce niveau, la gestion calamiteuse des 15 milliards F CFA mis à sa disposition pour organiser les élections.
Qu’en est-il du l’Administration territoriale Boubacar Alpha Bah qui n’est pas au-dessus des soupçons dans le cadre des dernières législatives, à l’origine de la crise actuelle ?

Par Abdoulaye OUATTARA




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