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samedi 11 juillet 2020
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Sans Tabou: groupes parlementaires, un autre coup à la démocratie au Mali

Les groupes parlementaires pour la 6e législature ont été constitués le mardi dernier. La surprise de la journée a été l’alliance des députés Sadi avec d’autres formations politiques pour créer un groupe parlementaire avec comme ligne de conduite : le soutien aux actions du président IBK et de son gouvernement. Dès lors, les observateurs s’interrogent sur ce que les élus des valeurs et des positionnements de leur parti une fois à l’Assemblée nationale ?

L’Afrique ne semble pas prête à appliquer les principes de la démocratie et à obéir à ses exigences. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, ce refrain a été pourtant longtemps chanté dans nos oreilles par certains observateurs politiques, à savoir que les hommes africains ont une drôle de manière d’entretenir et de faire la démocratie. Au regard de ce qui se passe sous nos tropiques au Mali ces dernières semaines, l’assertion est soutenable. Au Mali, à l’instar des autres pays africains, la démocratie ne cesse de prendre des coups à chaque événement électoral.

Ainsi, ce 26 mai 2020, les Maliens ont assisté à une autre scène déshonorant après l’épisode des alliances dites de contre nature entre les partis politiques de l’opposition et ceux de la majorité lors des dernières législatives. Ce jour, contre toute logique politique, des élus sous les couleurs de l’Opposition ont décidé de rallier les groupes parlementaires de la Majorité en vue d’accompagner les actions du régime. 

En clair, les députés des partis comme le MPR et la Sadi ont tous opté pour le choix des groupes parlementaires de la Majorité présidentielle. Au même moment, la position de la direction de ces formations se radicalise de plus en plus. Par exemple, depuis quelques mois, le président de la Sadi, le Dr Oumar MARIKO, ne cesse de plaider pour la création d’un vaste regroupement politique et de la société civile pour faire partir Ibrahim Boubacar KEITA, de façon ‘‘démocratique’’. 

Face à de tel positionnement, la décision des élus de la Sadi d’aller à la Majorité parlementaire a été ressentie comme un autre coup à la démocratie malienne après l’épisode des alliances dites de contre nature parce qu’elle marque un recul politique après des décennies de pratique démocratique arrachée au prix du sacrifice ultime. 

La décision atteste également le très faible intérêt des hommes politiques aux valeurs et aux positionnements de leurs directions politiques. Ainsi, les élus et leur parti sont opposés sur l’essentiel. Et le comble, à la SADI, l’honorable Amadou Araba DOUMBIA, le député réélu à Niono ne semble pas mesurer la gravité de cette situation. Bien au contraire, il soutient qu’il n’y a pas de polémique ni de contradiction avec la ligne politique de leur parti. 

« Je suis député, un élu de la nation. Ma position n’est pas celle du parti Sadi. Ce que je fais à l’Assemblée nationale n’engage que ma personne et non mon parti», a-t-il indiqué.

Paradoxalement, le même député, quelques mois plus tôt, était dans les rues pour manifester pour le respect des valeurs démocratiques. Et lors de l’une de leurs manifestations, il a été grièvement blessé par des policiers. 

Par Sikou BAH




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