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mardi 23 juillet 2019
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Sans Tabou: libertés publiques, dérive dictatoriale ?

La marche unitaire à la mémoire des victimes d’Ogossagou, initialement, samedi dernier, et reporté à, ce mardi 2 avril 2019, pour raison de deuil national, a été finalement interdite par le gouverneur du District de Bamako au grand désarroi des organisateurs. Cette décision du chef de l’exécutif du district sonne comme une violation flagrante des libertés démocratiques fondamentales. Jusqu’où le gouverneur du District est prêt a allé pour faire plaisir au prince du jour ?

Suite à une demande de marche à lui adressée, le gouverneur du district de Bamako a poliment décliné l’offre du Conseil national de la société civile.

« Face à la recrudescence des actes de sabotage çà et là observés et le manque d’esprit de patriotisme qui est en train de gagner le terrain, à travers le Mali tout entier et particulièrement le district de Bamako. Je voudrais vous notifier mon désaccord quant à l’organisation et la tenue de la marche.

J’apprécierais votre adhésion à ma décision afin que la paix et la sécurité tant souhaitées puissent être une réalité »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que dans un tel contexte, la liberté de manifester acquise au prix du sang des martyrs du 26 mars est en train d’être fortement remise en cause par les pouvoirs publics. Ici, il s’agit d’une marche non pas violente, mais pacifique en mémoire de victimes d’attaques terroristes dans le pays. D’ailleurs, même sous le régime dictatorial du général Moussa TRAORE, les populations avaient souvent des autorisations de marche pour défendre des droits fondamentaux de l’homme.

Le constat est que cette pratique devient de plus en plus une panacée par les autorités face aux revendications sociales et politiques dans notre pays.

Pour rappel, le 11 décembre 2018, les organisations de défense des droits de l’homme ont été interdites de marcher contre le projet de loi d’entente nationale. A l’occasion, Me Moctar MARIKO, président de l’AMDH avait dénoncé, « ces décisions et pratiques anti-démocratiques et attentatoires aux libertés fondamentales » du gouvernement malien.

Avant ces organisations des droits de l’homme, l’opposition avait fait les frais de cette dérive autoritaire du régime qui avait réprimé leur marche de protestation contre les pratiques supposées frauduleuses dans le cadre de l’élection présidentielle 2018.

En décembre 2018, à la veille d’une marche de protestation de l’opposition contre la mauvaise gouvernance du pays par le régime d’IBK, le gouverneur du district de Bamako avait trouvé les moyens de sortir l’arrêté N° 057 qui réduisait considérablement le champ d’action de l’opposition pour sa marche.

Tout récemment, le 11 mars 2019, une manifestation des jeunes diplômés handicapés a été réprimée par la police devant la cité administrative.

Ce qui est évident, c’est que le déni du droit de manifestations, de réunions, d’associations et liberté d’expression est en violation flagrante de la Constitution du 25 février 1992 de la République du Mali.

En tout état de cause, une autre marche gardeur de nature est prévue pour ce 5 avril 2019 à l’appel du leader religieux Mahmoud DICKO. On se demande si le gouverneur aura le courage de réserver la même réponse aux manifestants de ce vendredi.

Par Abdoulaye OUATTARA

 




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