Search
samedi 11 juillet 2020
  • :
  • :

Sans Tabou: lutte antiterroriste, les ravages de la COVID-19

Au moment où gouvernants et gouvernés se déchirent autour du partage des dividendes de la lutte contre la pandémie de COVID-19, à Bamako, au nord et au centre du pays, les terroristes consolident leurs positions acquises et développent leur industrie de trafic de drogue, d’armes et de pillages des ressources avec leur corollaire de morts et de déplacés parmi les populations qui ont choisi de défendre la terre de leurs ancêtres au prix ultime. 

Depuis plusieurs années à présent, les populations du Nord et du Centre comptent leurs morts, malgré les efforts déployés par l’État pour quadriller la zone. On a l’impression que le virus de la COVID-19 est en train de s’emparer des check-points et autres positionnements des FAMa qui sont en train de céder comme des châteaux de sable face à l’envahisseur.

Ainsi, dans la nuit du 30 au 31 Mai 2020, aux environs de 03H20, des bandits armés non identifiés évoluant à bord de motos ont attaqué le Check-point d’entrée de Macina situé à environ 02 Km de la ville sur axe Macina-Ségou, rapportent des sources concordantes. Au moment des faits, dit-on, ledit check-point était tenu par ‘’deux groupes de combat de la Garde nationale et cinq Gendarmes’’. À l’issue des affrontements, le bilan provisoire, tenez-vous bien, est : ‘’mort, néant ; blessé, néant’’. Toutefois, deux éléments de la Garde nationale de l’opération MALIKO basés à Macina sont portés disparus ; deux véhicules de la Garde nationale, dont un équipé de mitrailleuse 12,7 mm, un PM pour la Garde nationale sont emportés.

Ce n’est pas tout. Dans la région de Mopti, dans la nuit du 27 mai 2020, des incursions jihadistes sont signalées ayant fait 16 morts parmi la population civile. Pire, l’on établit le bilan de deux autres attaques dans la même journée à plus d’une vingtaine de morts, selon des sources locales.

Les 16 décès, dit-on, sont enregistrés suite aux tueries de Tillé, Damasso et Am alors que la vingtaine de tuerie est identifiée au niveau des villages de Tintan, dans le cercle de Bandiagara et contre le village de Hogon Taama, dans la commune de Sèguè, cercle de Bankass, vers la frontière Burkinabè.

Ce tableau sombre illustre le quotidien des populations des régions du Centre au moment où les autorités s’entredéchirent pour les dividendes de la COVID-19. Les multiples appels du personnel soignant pour pouvoir bénéficier des équipements indispensables pour faire face à la maladie, les voix discordantes sur les conditions atroces subies par les malades confinés et le feuilleton kotéba de ces dernières heures sur le supposé ou réel détournement de vivres destinés aux malades coronavirussés en sont des illustrations parfaites.  

La résultante de ces attaques sur le terrain est la paupérisation d’une population qui joue pourtant un rôle incontournable dans le développement du pays. En effet, ces localités transformées en enfer par les jihadistes sont des zones d’élevage et d’agriculture par excellence. 

Pour le président du comité des bovins viandes de la région de Mopti, Hampare Koïta, qui s’est confié à ‘’Le monde’’, le vol de bétail par les terroristes dans la région constitue « un manque à gagner énorme pour le pouvoir et la région », qui compte 37 % des 30 millions de têtes de bétail inscrites au registre malien.

Selon des observateurs, les attaques suivent le trajet de la drogue qui vient des pays côtiers, puis il traverse les pays comme le Burkina, le Mali et le Niger pour arriver aux pays du Nord puis acheminer vers l’Europe. Et c’est pour cela, disent-ils, qu’il y a autant d’attaques au niveau des 3 frontières (Mali, Burkina, Niger) et à la frontière Est du Burkina. Comment après tant d’années de lutte, nos autorités ont la peine à maitriser de tels circuits pour faire face à l’évidence. En tout cas, il y a lieu de combattre le mal à la racine. S’il le faut, renforcer davantage le contrôle au niveau des ports maritimes, car c’est la drogue produite en Amérique qui arrive par bateau dans les cargaisons sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest, selon les mêmes observateurs. Allez donc savoir !

Par Sidi DAO




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *