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mardi 23 juillet 2019
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Sans Tabou: lutte contre la corruption, le peuple va-t-il saisir la balle au bond ?

Alors que 63,5 % de la population estiment que le niveau de corruption est « très élevé » au Mali, selon une statistique officielle, la société civile et le peuple malien, de façon générale, peine à suivre un lièvre pourtant déjà levé par le président du Conseil national du patronat, Mamadou Sinsy Coulibaly. Un mois après sa déclaration de guerre contre le phénomène qui gangrène la société, il ne bénéficie presque d’aucun autre soutien afin de faire le chemin. Ce peuple reconnu pour sa bravoure va-t-il laisser passer l’opportunité ?

Le président du Conseil national du patronat du Mali a ouvert la brèche de la lutte contre la corruption au Mali qui fait plusieurs dizaines de milliards de FCFA de manque à gagner par an, au trésor public, si l’on s’en tient aux rapports du Vérificateur général et d’autres structures de contrôle financier au Mali. Tout a commencé il y a un mois lors d’une rencontre avec le Premier ministre. À cette occasion, l’homme d’affaires a osé dire haut ce que de nombreux Maliens pensent plus bas. Plus qu’une simple dénonciation, Coulou, comme l’appellent les intimes, a déclaré avoir la liste d’agents de l’État qui entretiennent cette pratique, 1 600 fonctionnaires en terme chiffré, dont 200 hauts cadres. Après cette première sortie audacieuse de Mamadou Sinsy Coulibaly, bizarrement aucune organisation de la société civile n’a dédaigné agir. La déclaration est restée comme un simple coup de gueule, parce n’ayant bénéficié d’aucun soutien.

Encore, le samedi dernier, lors d’une conférence-débat organisée par ses soins, au nom du secteur privé, le président du CNPM accuse ouvertement celui de la Cour suprême du Mali, Nouhoum TAPLIY, comme le fonctionnaire ‘’le plus corrompu’’, ‘’le plus dangereux du Mali’’. La sortie fait encore le buzz de l’actualité nationale. Sauf qu’elle s’arrête là parce qu’après ces deux déclarations du président Coulibaly du CNPM, aucune société civile et organisation de lutte contre la corruption n’a daigné prendre le relais.

Contrairement à leur objectif et mission, à ce jour, on n’a enregistré officiellement aucune déclaration de ces structures soit pour soutenir la thèse soit pour demander l’ouverture d’une enquête pour la manifestation de la vérité, dans cette affaire.

Au même titre que ces organisations de la société civile, le peuple de façon générale, en soif de justice, a également une belle occasion de se faire entendre tout réclamant le véritablement combat contre la corruption. Ces sorties de Mamadou Sinsy Coulibaly doivent être la brèche pour le peuple afin d’enclencher la vraie croisade contre cette pratique.

Face à cette accusation d’un de ses membres, l’institution judiciaire suprême du Mali ne semble guère rassurer son public. En effet, dans un communiqué qui circule sur les réseaux, les juges de la Cour suprême, cessés être les derniers remparts du peuple, tranchent net en faveur de leur président : « Le Bureau de la Cour Suprême, réuni, ce jour lundi 18 mars 2019, à la Cour Suprême… Apporte son soutien sans failles à toutes actions que Monsieur Nouhoum TAPILY entreprendra pour la défense de sa dignité, de son honneur et de sa respectabilité ».

Par Sikou BAH

 




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