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mardi 11 août 2020
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Sans Tabou: M5-RFP, après le beau temps, le désamour ?

Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a marqué la scène politique malienne ces dernières semaines. Il a drainé dans les rues de Bamako des milliers de manifestants pour exiger la démission du Président Ibrahim Boubacar KEITA. Après ce beau temps, l’heure semble maintenant au divorce ou au clash. Et pour cause, la proposition du M5-RFP au président IBK fait des remous au sein du mouvement. Le président du Mouvement Espoir Mali Kura (EMK), Cheick Oumar Sissoko, ne cache plus sa colère face au nouveau virage amorcé et s’apprête même à mener le combat en solo.

Lors d’un point de presse, ce 1er juillet 2020 au siège de la CMAS, le M5-RFP a dévoilé le contenu d’un mémorandum à soumettre au président Ibrahim Boubacar KEITA pour sortie de crise. Si lesdites propositions venaient à être acceptées par le chef de l’État, le Mouvement renoncera de facto au projet de le faire partir avec son régime, à travers la pression de la rue. Ce qui veut dire que le M5-RFP travaillera avec le président qu’il comptait faire démissionner.
Cette position n’agrée guère au MEK de Cheick Oumar Sissoko et ses fidèles. Celui-ci soutient que son mouvement tient toujours à son objectif initial qui est la démission du Président. Dès lors, c’est un désamour entre les amis d’hier.
Selon M. Sissoko, pendant les discussions au sein du M5-RFP, il a été prédit qu’IBK n’accepterait pas les propositions à lui faites. Toutefois, l’on tenait quand même à lui proposer quelque chose, parce que c’est ce que la communauté internationale, à travers la CEDEAO, désire.
‘’S’il n’accepte pas la proposition, pourquoi l’envoyer le document ? Cela n’était pas notre volonté de faire ces propositions à IBK’’, se révolte Cheick Oumar Sissoko. Il a déclaré que son mouvement n’a pas signé le document parce que son contenu n’est pas ce qui est recherché par EMK.
Désormais, le camp Sissoko préfère évolue hors du M5-RFP. Interrogé par les confrères s’il avait les moyens de sa politique, Cheick Oumar Sissoko est on ne peut plus précis : « Nous sommes premiers à prendre l’initiative de faire changer les choses au Mali » avant d’ajouter : « Ce sont eux qui sont venus vers nous. Si c’est eux qui mobilisent la population, c’est nous qui avons été les premiers à sortir le 14 mai pour exprimer notre intention. Dans ces mêmes locaux, ils sont venus nous dire qu’ils partagent ce que nous avons dit. Et qu’ils veulent aussi organiser une conférence de presse pour dire la même chose. Donc, nous avons demandé qu’on se mette ensemble. S’ils pouvaient seuls, pourquoi ils sont venus nous démarcher », s’est-il insurgé ? Il fustige le fait que ceux-ci se démarquent de l’objectif initial qui est la démission d’IBK.
Cheick Oumar Sissoko va loin et n’hésite pas à clasher sèchement l’imam Dicko : « il est notre autorité morale, mais pas notre autorité politique »
Selon Cheick Oumar Sissoko, tous ceux qui se mobilisent lors des manifestations ne prient pas dans la mosquée de Dicko. Pour lui, Dicko a juste tenu des propos que les Maliens aiment entendre parce qu’ils souffrent trop.
Même si les deux tendances convergent sur la nécessité de changement, les moyens d’atteindre cet objectif diffèrent pour le Moment. Mais il n’est pas exclue que les deux tendances se retrouvent toujours pour mener le combat, puisque les soutiens du président commencent présenter le document proposé à IBK comme une utopie. Or, le M5-RFP, de son côté, n’écarte pas sa volonté de reprendre la rue si IBK rejetait ses propositions. Le temps nous en dira donc plus.

PAR MODIBO KONE




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