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samedi 8 mai 2021
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Sans Tabou: Nioro, fair-play martial

Le match amical qui opposait l’équipe régionale KASY de Nioro du Sahel à l’USFAS a tourné au vinaigre ce dimanche. Et pour cause, pour manifester leur mécontentement d’avoir été battus par leur adversaire du jour, les bidasses ont choisi de les battre à sang. Une attitude qui n’honore pas notre armée nationale censée protéger les personnes et leurs biens.

Des jeunes joueurs qui gisent dans leur sang dans un centre de santé de la ville, deux blessés très graves évacués à Bamako dans la nuit de dimanche à lundi, voilà le triste spectacle de l’après-match qui n’avait absolument rien d’amical.
Selon des ressortissants de Nioro, l’incident de ce dimanche n’a rien d’inhabituel. « Nous sommes habitués à être tabassés par le militaire », nous confie l’un d’eux. A chaque confrontation avec les militaires, apprend-on, il faut se laisser battre ou se faire battre. « Cela est une tradition avec les soldats. Soit vous refusez de jouer avec eux, soit vous vous préparez à une telle issue à chaque fois. Avec les soldats, c’est toujours la défaite. Et ce n’est pas l’esprit du sport. Il faut que cela change », dit un ancien cadre de la ville sainte qui a vécu avec ses amis ce calvaire depuis toujours.
Mais la nouvelle génération doit savoir raison garder, puisque la loi du plus fort est révolue dans le cadre du sport. Et les nouvelles forces armées doivent savoir que les populations sont des voisins, des frères et des sœurs, des partenaires. Même l’ennemi qu’on arrête sur un champ de bataille a des droits à préserver impérativement a fortiori des civils. Ainsi, si l’objectif de ce match dit amical était de rapprocher l’Armée de sa population, de créer la cohésion sociale et d’impliquer la population dans sa propre sécurisation, alors c’est raté.
Suite à ce défoulement des bidasses sur leur adversaire d’un soir qui n’est pas un ennemi (l’ennemi est connu et même souvent localisé), le minimum de la part de la hiérarchie militaire était de faire amende honorable, à travers un communiqué qui n’était toujours pas tombé. Est-ce à croire que tabasser ses adversaires est une règle chez nos militaires dont on attend plutôt qu’ils aillent montrer leurs biceps ailleurs?
Une certitude : quand on jette de la poussière dans les yeux de tous ses camarades de heu, l’on finit par s’amuser seul. Autant dire que les bidasses, à la longue, n’auront plus d’adversaire pour s’amuser. Parce que la fraternisation ne se fait pas par la violence.

PAR CHRISTELLE KONE




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