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lundi 22 avril 2019
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Sans Tabou: la politique de l’autruche du gouvernement

Venus des localités du centre du Mali, ils sont environ 3000 hommes, femmes et enfants qui ont élu domicile dans l’espace aéroportuaire, au marché de bétail de Faladiè. Ces personnes meurtries, dans leur âme, car ayant tout perdu, à cause du conflit, vivent dans un calvaire inimaginable, sous les yeux indifférents des autorités compétentes, particulièrement le ministère en charge de la Solidarité.

Sous des tentes couvertes de nattes et de plastique noir s’entasse souvent toute une famille. Des nattes placées à même le sol servent de lit pour plusieurs personnes. À cause de la proximité des lieux du marché de bétail et des dépotoirs d’ordures, l’environnement qui accueille ces réfugiés est loin d’être propice à la vie humaine. Pourtant, c’est là où séjourne, depuis des mois ces centaines de déplacés, malgré que leur arrivée ait été signalée par les organisations humanitaires du Mali.

Si l’on apprécie déjà sur place l’initiative des autorités d’aller s’imprégner de leurs conditions de vie, l’on déplore leur inertie. En effet, selon nos sources, les autorités compétentes, suite à leur visite, avaient promis de ‘’faire quelque chose’’ pour leur rendre le séjour plus acceptable, en début du mois de janvier. Mais depuis, rien et ces 3000 âmes sont dans leur train-train quotidien, toujours dans lendemain plus meilleur.

Selon Mahamadou Traoré, porte-parole de ces déplacés, seules quelques organisations humanitaires et hommes politiques ont fait parler leur cœur : « Parmi lesquels, Tapital pulaku et le chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé. Nous n’avons rien. C’est le chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé qui nous a remis la somme de un million de F CFA. Nous sommes conscients des défis, mais nous restons des citoyens victimes que le gouvernement devrait secourir « , a-t-il confié au micro de nos confrères de RFI. Il a ainsi rappelé que la plupart de ces personnes sont venues à la suite de l’attaque meurtrière de Kolongo peuls, intervenus le 1er janvier dernier, qui a fait 37 morts.

« Ce camp de déplacés improvisé au ‘’Garbal’’ du quartier de Faladiè est sur place depuis plus d’un mois. Mais nous ne bénéficions d’aucune assistance de la part du gouvernement. Même si le gouvernement n’a pas été en mesure de nous sécuriser dans nos villages respectifs, à Bamako, il devrait nous venir en aide. Mais depuis notre arrivée, aucune action concrète n’est venue du gouvernement », a-t-il déploré. Pire, nous avons enregistré des cas de malnutritions sévères et de maladies diarrhéiques graves qui sont pris en charge par des associations humanitaires et l’association peulh, TAbital Pulaku.

« Même les tentes sous lesquelles nous dormons sont confectionnées par Tabitaal Pulaku. Les deux cas de malnutritions sévères et quelques cas de diarrhée sont en train d’être soignée par une association de caritative », a dit Sirandou DIALLO. Selon elle, il ne passe pas un jour si un journal ou une radio ne passe au dit camp pour relayer leur situation, à travers les différents canaux d’informations. Malgré tout, nous constatons, le gouvernement ne veut pas lever sa tête et continue de faire la sourde oreille face au cri de cœur de ces déplacés qui vivent un véritable chemin de croix au quotidien.

Par CHRISTELLE KONE

 




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