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jeudi 18 août 2022
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Sans Tabou: politique, la roulette russe à la malienne

L’embouteillage dans la rue avec l’occupation alternée des tenants du dégagisme du régime d’Ibrahim Boubacar KEITA qui y sont et qui y restent, cette fois-ci avec un autre mot d’ordre, et les ‘’dégagés’’ qui découvre ses vertus, n’est que le saule pleureur qui cache la forêt déboisée.

Le vendredi 29 octobre, c’est le Mouvement ‘’Yere Wolo Ton-Debout sur les Remparts’’ qui était dans la rue en investissant la Place de l’indépendance pour manifester son soutien aux autorités de la Transition et dénoncer une ingérence de la Communauté internationale dans les affaires internes du pays.
Le samedi dernier, c’était au tour des Partis et Regroupements des partis politiques du Cadre d’échange pour une Transition réussie au Mali, face au projet de la Transition de tourner casaque, de sortir du bois pour dire non aux Assises Nationales de la Refondation (ANR), à la mise en œuvre de l’Organe Unique de Gestion des Elections (OUGE) dans la formule proposée par le Premier ministre, à la prorogation du délai de la Transition…
En fait, depuis l’accusation, par le chef du Gouvernement, Choguel Kokalla MAIGA, d’abandon en plein vol de notre « partenaire historique » », l’annonce d’une possible prolongation de la Transition et le maintien de ce cap lors de la visite d’une délégation du Conseil de sécurité des Nations-Unies, le pays est rentré dans une nouvelle zone de turbulence. Désormais, autant le Gouvernement que ses contempteurs est engagé dans une partie de roulette russe.
Pour Gouvernement, il s’agit de réussir à sortir des chausse-trappes de la CEDEAO qui bande les muscles. Le message de fermeté du Président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat, à Bamako, et le sommet extraordinaire de la CEDEAO sur l’évolution des situations en Guinée et au Mali, tenu hier, à Accra, laissent croire la fin de la phase de câlinothérapie pour notre pays. Ce, d’autant plus que le passage en force (avec le vernis populaire des ANR) ne s’annonce pas comme un long fleuve tranquille comme avertissent certains voyants de rétorsion financière. Quand l’État commence à décréter des taxes paradoxales (cas des hydrocarbures), c’est qu’il a cessé d’être Crésus et surtout qu’il est pris à la gorge par ceux qui cherchent à lui faire rendre gorge.
Pour le Cadre d’échanges, il serait vexatoire de qualifier de coup d’épée dans l’eau ses trémolos et ses jérémiades, dont les autorités de la Transition semblent se soucier comme d’une guigne. Même si pour le Gouvernement l’offre semble se résumer à : ‘’take it or leave it’’ (à prendre ou à laisser).
Dans cette situation kafkaïenne où le Cadre refuse de passer sous les fourches caudines, il donne l’impression de faire comme Icare. Pour lui, c’est un jeu de roulette russe, parce que les dés sont jetés, les ANR étant l’exutoire le plus imparable. En parvenant à tordre la main au Gouvernement et l’amener à faire machine arrière, elle sauverait sa mise. Dans le cas contraire, elle aura fait le choix de se mettre sur la touche d’un processus vital pour l’avenir de notre pays. Mais c’est aussi cela la politique : prendre de gros risques pour des gains souvent aléatoires.
Manifestement, nous n’avons pas fini de nous ronger les sangs.

PAR BERTIN DAKOUO




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