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mercredi 25 mai 2022
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Sans Tabou: le pouvoir, rien que le pouvoir…

À l’instar des autres nations africaines, le Mali a célébré, le samedi dernier, très modestement la 47ème édition de la journée panafricaine des femmes. Or, créée en 1962 à Dar-es-Salaam en Tanzanie à l’initiative de AOUA KEITA, 1ère femme Députée nationale du Mali et Militante féministe, la Journée de la Femme Africaine qui a été officialisée le 31 Juillet 1974 lors du 1er Congrès de l’Organisation Panafricaine des Femmes tenu à Dakar devrait être une occasion de convergence pour l’ensemble des acteurs nationaux engagés pour la promotion de la femme. Hélas la fibre nationaliste semble se donner de belles vacances au point de laisser l’appropriation de l’héritage de Aoura Keïta à d’autres ! Point de chauvinisme au regard de la résolution des Pères fondateurs ancrée dans l’article 117 de notre Constitution, simple rappel à nos devoirs et à nos oublis inoubliables.

Les plus hautes autorités de la Transition ne sont pas encore à la hauteur des « Fadenw» qui ont l’autonomisation des femmes en objectif prioritaire et transversal de leur Plan d’Émergence, mais on ne peut leur tenir pour amnésique. À part le Président de la transition, Assimi Goïta, et le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, quels sont les leaders maliens qui se sont souvenus ce samedi de cette journée panafricaine des femmes ? Pourtant les femmes du Mali se sont mobilisées, partout au Mali. Non, ils sont tous dans les des pré-campagnes et dans des querelles de positionnement. Même les plus organisés parmi les politiciens ont dû oublier leurs engagements en faveur des femmes. Où est-ce qu’ils avaient la tête ?

En tout cas ce n’est pas sur la détresse des populations du centre et du nord qui subissent toutes sortes d’exactions de la part des groupes armés terroristes qui semblent désormais sans aucune opposition. Aujourd’hui les populations des régions du nord du pays se demandent ce que sont devenus ceux-là même qui sous le président IBK étaient devenus les spécialistes de la dénonciation et les lanceurs d’alertes de toute sortes. Hélas, c’est le dernier de leurs soucis, le sort des populations du Nord abandonnées à l’insécurité et à la merci des djihadistes et narcotrafiquants, mais coupées depuis lundi dernier du reste du pays en raison d’un sabotage des réseaux téléphoniques par le Groupe de Iyad ! Aucun parti politique n’en a pipé mot ! Ce qui les intéresse c’est de prendre ces populations victimes de leur abandon comme alibi à leur ambition électoraliste ; ils n’ont pas pu voter, on a détourné leur vote… Mais au moment où elles ont besoin d’assistance, nada ! Personne n’est là pour compatir, élever une vertueuse voix de solidarité.

Peut-être se préoccupent-ils de l’insécurité qui explose à Bamako dont le pic a été cette semaine l’agression à l’acide d’un Imam ? Non, tous les Imams peuvent être égorgés et le Pr Yacoub Doucouré peut démissionner autant qu’il lui plaira, ce ne sera pas leur tasse de thé.
Ces politiciens qui se sont pourtant rivalisés de communiqués de compassion à la suite de l’agression du Président Assimi Goïta ne voient que le soleil tourner prochainement autour de leurs petites têtes suivant les indications de leur charlatans, marabouts ou voyants… !
Appréhendent-ils la seconde vague du Covid-19 comme le gouvernement qui vient d’instruire des mesures drastiques et réajuster son dispositif sanitaire aux frontières de notre pays ? Non, la plupart de ces grands leaders qui aspirent gérer le pays à la suite de Assimi Goïta ne sont pas au courant que le gouvernement de leur pays a annoncé, samedi, qu’un Pass sanitaire attestant leur vaccination contre le Coronavirus, sera désormais exigé à tous les voyageurs aériens et terrestres.
Selon un communiqué du ministère de la santé, “les voyageurs doivent être muni d’une carte de vaccination internationale, être à jour pour des vaccins exigés par le Règlement Sanitaire International (RSI 2005) et avoir un Test PCR Covid-19 négatif de moins de soixante-douze heures…Toutes personnes ne remplissant pas ces conditions sera soumise à une vaccination à la fièvre jaune à l’aéroport au tarif de 5000 franc CFA soit 9.07 dollar mais aussi à un test PCR Covid-19 et paiement du tarif de 2500 franc CFA (4.54 dollar) à l’Institut National de Santé Publique”. Combien sont-ils d’ailleurs vaccinés parmi eux ?

Pourtant, ils ont un centre d’intérêt : la controverse et la polémique stérile et de mauvaise foi. Et la présentation du Plan d’actions du gouvernement de la Transition (PAGT) leur donne l’occasion.
Le Premier ministre, Chef du gouvernement le Dr Choguel Kokalla Maïga a présenté ce vendredi 30 juillet 2021 après-midi au CICB devant le Conseil national de la Transition (CNT) le Plan d’actions du gouvernement de la Transition (PAGT). En terme d’articulation, la restauration de la sécurité est la mère des priorité.
Le Plan d’actions du gouvernement de la Transition (PAGT) présenté au CNT met l’accent sur la sécurité en distinguant de manière appropriée entre les effectifs de sécurité et celles de défense. Le faux débat persiste quant aux moyens et au but. La juxtaposition de la sécurité et de la défense dans le même axe du plan ne pouvant que suggérer, selon certains, une approche militaire à une équation plus complexe. Ces politiciens conseillés par des experts de l’impérialisme se mettent vent-débout contre les PSDG, (Postes de Sécurité de Défense et de Gouvernance) pour mieux lutter contre le terrorisme. Ils disent qu’ils ne sont rien de plus qu’un outil du seul plan malien poursuivant le lien entre sécurité, développement et retour de l’état, plutôt que la « création de bulles de sécurité », concept relevant des opérations militaires. Le choix de leur positionnement a toujours suivi cette logique de promotion d’une approche civile à l’insécurité et non celle d’opérations militaires. Les fortins militaires sont utiles mais répondent à d’autres besoins tout aussi importants.
Et si on laissait à chacun sa chacune, les vaches ne seront-elles pas mieux gardées ? Les questions militaires aux militaires, les questions politiques aux politiciens. A ces messieurs qui s’agitent via les activistes pour expliquer que la Transition veut prolonger la Transition, que Choguel a proposé un plan irréalisable dans le temps imparti, que le budget de 2000 milliards est un sacrilège… il faut simplement faire noter que :
-Non, les ambitions ne sont ni démesurées ni impossibles à réaliser car le Plan d’action a été fait en conformité avec la feuille de route de la Transition et les orientations stratégiques données par le Président de la Transition dans la cadre de la rectification de la Transition.
-Non ce n’est pas parce que le Plan d’action n’est pas sur les réseaux avant même son examen et son adoption par le CNT qu’il est opaque et le gouvernement cherche forcement à duper. La restitution parlementaire est faite justement pour ça. Les membres du CNT sont censés être des représentants du peuple, ils peuvent témoigner de la sincérité et de la pertinence du plan d’actions qu’ils ont voté.
-En 1992, la Transition avait moins de temps qu’aujourd’hui et faisait face à plus de challenge mais elle a réussi, parce que les Maliens, y compris les politicien,s regardaient dans la même direction.
-l’État est une continuité. Que point ne s’agit pour le gouvernement de Choguel Kokalla Maïga de faire tabula rasa du budget 2021 voté par le CNT, qui avait déjà prévu presque toutes ces dépenses. Donc il ne s’agit pas d’un nouveau budget que le CNT va voter pour Choguel Kokalla Maïga mais de l’ancien budget qui prendra en charge les dépenses. Un budget qui pourrait être ajusté en fonction des ambitions de souveraineté (dépenses militaires).

PAR MODIBO KONÉ




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