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mardi 27 octobre 2020
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Sans Tabou: prévention du coronavirus, quel sort pour les marchés ?

Le gouvernement du Mali vient de prendre des mesures restrictives de libertés pour la prévention de la pandémie Coronavirus. Des vols commerciaux sont suspendus, des établissements d’enseignement aussi fermés. Et, il y a de fortes chances que l’Etat parviendra à arracher un accord avec les religieux pour surseoir au regroupement et rite religieux. Mais quelle mesure pour les marchés publics qui constituent des lieux de rassemblement par excellence ?

Aucun cas n’est encore confirmé au Mali. Toutefois, le pays fait frontière avec des Etat contaminés comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, l’Algérie. Face au risque, le gouvernement s’est réuni le mardi en Conseil Supérieur de la Défense Nationale présidé par le président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA. Outre des membres du gouvernement, de la hiérarchie militaire, la réunion était élargie aux experts du comité scientifique.

À l’issue de ce conseil extraordinaire, le gouvernement a décidé de restreindre des libertés individuelles et collectives dans le cadre de la prévention du coronavirus qui est en train de faire des ravages, à travers le monde. À cet effet, le gouvernement a approuvé cinq mesures d’urgence. Il s’agit notamment de la suspension des vols commerciaux en provenance des pays touchés par le coronavirus, fermeture des écoles publiques et privées pour trois semaines, des boites de nuit et bars, interdiction des colloques, conférences, ateliers et tout autre regroupement à caractère social, culturel et politique de plus de 50 personnes. Autant de décisions pour prévenir le coronavirus qui entreront en vigueur ce matin.

Toutes ces mesures visent essentiellement à réduire très considérablement les rassemblements. Cependant, ces mesures ne touchent pas pour l’instant les regroupements et rituels religieux et les marchés publics. Si dans son communiqué le gouvernement entend trouver un compromis avec les religieux afin de « convenir des mesures appropriées pour assurer la santé des fidèles », rien n’est annoncé pour les marchés, les foires qui sont des lieux de grands regroupements et de promiscuité. Sur ce point, les autorités restent muettes, malgré le grand risque.

En effet, les marchés comme Médina-Coura, le Grand marché de Bamako, Dabadani sont des espaces d’affaires qui réunissent de milliers de personnes par jour. Outre les Maliens, ceux qui fréquentent ces endroits sont de différentes nationalités. Ce pays bon an mal an exporte au Mali des milliers de tonnes de produits. Or, seuls les vols commerciaux sont suspendus jusqu’à nouvel ordre, les voies terrestres ne sont pas concernées par les mesures.

Laisser les marchés fonctionner normalement, les mesures du gouvernement pourraient ne pas être efficace. Car, il est inadmissible que dans de tel contexte, le pouvoir relègue au second plan les marchés la prévention de la pandémie coronavirus. Tout de même, il faut reconnaît que ce n’est pas facile le cas des marchés. Parce que le Mali étant l’un des pays les plus pauvres, les populations vivent le jour au jour. Donc, impossible de faire des stocks alimentaires sur plusieurs jours. Mais qu’à cela ne tienne, face à une pandémie du genre de coronavirus, aucun sacrifice n’est de trop.

Par Sikou BAH




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