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vendredi 23 octobre 2020
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Sans Tabou: prises de contact ou vadrouilles ministérielles ?

Le gouvernement mis en place pour un nouveau départ se promène de bureau en bureau et de service en service au lieu de se consacrer aux défis qui l’attend. Conséquences : les choses tardent à prendre de l’envol à cause d’une simple formalité d’usage.

Le Premier ministre Moctar OUANE a constitué son gouvernement comprenant 25 ministres le lundi 5 octobre. Une équipe très attendue après deux mois dans le pays sans gouvernement. Depuis, l’espoir et l’espérance des Maliens sont fondés sur ce gouvernement qui doit réussir au plan sécuritaire, de la bonne gouvernance à travers l’organisation des élections générales pour le retour à l’ordre constitutionnel notamment. Mais et surtout de mettre fin à des mauvaises pratiques qui ont permis à certains de prendre en otage l’avenir et le développement du Mali.
Les défis sont nombreux et les attentes sont légitimes. L’un des ennemis pour les relever est le temps, puisqu’il faut les réaliser pendant la transition fixée à 18 mois. Outre l’urgence de s’atteler au démarrage de la mise en œuvre de la feuille de la route de la transition, la nomination des ministres devrait faciliter la reprise rapide des activités au sein de l’administration qui était paralysée.
En dépit de ces situations, la nouvelle équipe tarde à se mettre au travail. Pour l’instant les énergies, les attentions sont focalisées sur les cérémonies de prises de contact entre les ministres et leurs services rattachés. Depuis quelques jours, ils se promènent de bureau en bureau et de service en service au lieu de se consacrer aux défis qui les attendent. Un ministre a-t-il besoin de ces cérémonies de prises de contact pour donner des directives ? A quoi servent alors les réunions hebdomadaires de cabinet des ministères ?
Pour un Mali kura, on devrait mettre fin à ces pratiques de simple formalité d’usage, ces salamalecks. Certes, les habitudes ont la vie dure, toutefois pour un Mali nouveau, les nouvelles autorités devraient incarner le changement tant attendu clamé et revendiqué par la population. Au-delà des discours, peu d’actes concrets pour donner de l’envol aux activités. Or, on ne peut pas faire du nouveau avec l’ancien comme indique un verset de la Bible : « On ne met pas non plus le vin nouveau dans de vieux vaisseaux; autrement les vaisseaux se rompent, et le vin se répand, et les vaisseaux périssent; mais on met le vin nouveau dans des vaisseaux neufs, et l’un et l’autre se conservent ».

PAR SIKOU BAH




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