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samedi 8 mai 2021
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Sans Tabou: repas de corps, Chut ! c’est saison de la bouffe 

Depuis le coup d’État du 18 août 2020, on assiste abusivement à l’organisation de repas de corps dans les casernes. Ces initiatives, de plus en plus budgétivores, sont en train de dépasser le cadre normatif d’une de communion entre la hiérarchie militaire et la troupe. À la limite, c’est devenu un entre militaires, dans le contexte d’un pays en guerre.

L’Armée de terre a organisé, le lundi 5 octobre 2020, au camp Soundiata Keita de Kati, un repas de corps pour renforcer la convivialité et le partage entre les forces de défense et de sécurité. L’événement était placé sous la présidence du commandant adjoint par intérim de la zone N° 3, le lieutenant-colonel Dramane Diané en présence du 1er vice-président du CNSP, le colonel Malick Diaw. C’est le récent repas de corps organisé et initié par les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP).
Il a précédé par une dizaine d’événements du genre au nom de la communion au sein de la grande muette, en l’espace d’un mois. Il y en a eu pour le Prytanée Militaire, la Base 100 de Bamako, la direction générale de la Protection civile, la Base aérienne 101, la Garde nationale, le Bataillon des forces reconstituées de Kidal, etc. Depuis les événements du 18 août, c’est presque la routine pour les chefs militaires alors que plus de la moitié du territoire national est placée dans la zone rouge, donc, zone d’insécurité. Mais cet état de fait n’empêche pas à chaque membre du CNSP, qui occupe un poste de responsabilité, de faire son repas de corps, dans un camp à Bamako.
Certes, il est important de rétablir la confiance entre la hiérarchie et les subalternes, mais ce repas de corps, qui est une tradition militaire, ne doit pas être transformé en méchoui, dans un contexte de guerre. L’initiative n’envoie pas une bonne image de ceux qui ont la charge de préserver l’intégrité territoriale galvaudée. Il s’agit plus de célébrer la victoire d’avoir chassé IBK que de renforcer l’unité entre les militaires. Et pourtant, le contexte dans notre pays ne s’y prête. Au lieu de festoyer à chaque occasion, le Conseil national pour le salut du peuple doit se consacrer aux défis qui attendent l’armée nationale dans la reconquête du territoire national, à la protection des personnes et de leurs biens.
Au-delà du caractère festif que renvoient ces rencontres, elles sont également budgétivores pour notre armée qui doit par ailleurs se restructurer et se renforcer avec pour faire face à sa mission régalienne. Au lieu de cela, on continue à entretenir certaines pratiques qui ont très peu de plus-value dans la marche vers le développement du pays. Et les militaires censés apporter le changement semblent se laisser divertir avec l’organisation de ces festins, pardon repas de corps. Bizarrement, ils en font plus que l’ancien régime. Aujourd’hui, ce n’est pas autour des méchouis, pardon du repas de corps que l’on parviendra à renforcer la cohésion au sein de l’armée. Les forces armées du Mali ont besoin des réformes, d’organisation…

Par Sikou BAH




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