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lundi 19 avril 2021
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Sans Tabou: scandale Albatros, qui a bouffé les 54 milliards ?

Les avis de coupures en raison de travaux pour augmenter la capacité du réseau ou à des pannes qu’on impute de temps à autre aux Ivoiriens sont devenus systématiques et même redondants. Du coté du Square Lumumba, notre confrère Baly Idrissa SISSOKO qui a pris la suite d’un autre ainé Thiona Mathieu KONE, c’est interdit et totalement prohibé de parler de « délestage». Pourquoi ? Parce qu’au Mali, il n’y a pas de délestage, ce sont juste de simples coupures. Résultats, c’est Malick Konaté qui perd son malinké. Quelles explications aux consommateurs ?

A la suite de Dra Kouran Tigi, le nouveau ministre de l’Energie et de l’eau, Lamine Seydou TRAORE, ne semble pas faire dans la langue de bois. Le vendredi 30 janvier dernier, devant la commission du développement rural, de l’énergie, de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement du parlement de la Transition, il a révélé la faramineuse dette d’exploitation de 130 milliards sous laquelle croule EDM.
S’il est connu que EDM perd des dizaines de milliards à cause de la fraude, il faut aussi dénoncer que la seule société productrice et distributrice d’énergie dans notre pays est aussi victime de vol et d’autres magouilles…
Le ministre Lamine Seydou TRAORE donne l’exemple du scandale d’environ 54 milliards payés à la société Albatros pour de l’électricité jamais consommée. L’Information a été donnée lors d’une séance plénière du Conseil national de la Transition ce jeudi 11 mars 2021par le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau Lamine Seydou TRAORE.
Le 31 octobre 2018 que le président Ibrahim Boubacar KEITA inaugurait officiellement en grande pompe la centrale thermique Albatros Energy Mali SA située à Kayes Médine.

La centrale thermique qui, dit-on, avait coûté 84 milliards de FCFA devait produire 90 Mégawatts (MW) d’électricité. Toutes choses qui devraient «résoudre le déficit énergétique » du Mali. Mais d’électricité, que nenni comme le dirait IBK lui-même. Car les consommateurs paient une électricité jamais fournie. En effet, dans le contrat d’établissement, la société d’Albatros a adroitement introduit une clause de « take or pay ».

C’est quoi « take or pay »?
Réputée par les institutions de financement de projets ainsi que les vendeurs, la disposition contractuelle la plus importante, car la clause (« take or pay ») ou selon la traduction française, clause « d’enlèvement ferme ou obligation de paiement » est là pour tracer l’avenir du contrat des parties contractantes et définir les conséquences pécuniaires qui y en résultent. La clause est omniprésente dans chaque type de contrat international, voire national, de moyenne ou longue durée pour l’achat et la vente d’énergies, notamment le gaz naturel et le gaz naturel liquéfié (GNL).
En effet, si l’intérêt qui se proclame, sans aucun doute, derrière l’usage de la clause est façonné non moins qu’une modalité au profit du vendeur par laquelle garantit un revenu stable et ininterrompu (« main-stream revenue ») durant toute la vie de l’investissement. En parallèle, elle assure efficacement l’acheteur de l’approvisionnement en énergie pour faire tourner en marche son usine ou sa centrale électrique ou alimenter le réseau de distribution d’énergie qu’opère l’acheteur à travers ses sous-acquéreurs.
Même la pratique nous renseigne beaucoup sur l’utilisation fréquente et le recours presque systématique à ce genre de clause, surtout s’il s’agit d’achat et de vente de matières premières de source fossile. Toutefois, sa qualification juridique, à la différence du contrat dont elle dépend, demeure gravement méconnue en droit malien et de notre jurisprudence à notre connaissance.

Ce qu’elle implique
Avec cette clause de « prendre ou payer », l’Etat du Mali devait prendre un minimum de 66 MW soit 1,2 milliard FCFA par mois. Or, selon le ministre Lamine Seydou TRAORE, « seule la quantité d’énergie correspondant à la somme de 300 millions de FCFA a été mensuellement consommée. C’est donc dire que le contribuable malien paie, chaque mois, 900 millions de FCFA pour de l’électricité qu’il ne consomme pas. La pratique dure depuis cinq ans, soit un total de 54 milliards CFA payés pour de l’électricité jamais consommée ».
Furieux, et pour raison, le ministre TRAORE dénonce qu’«avant de signer un tel contrat, il fallait s’assurer qu’on avait les moyens de transporter l’électricité produite ». Qui a couvert cette escroquerie demande Moulaye KEITA membre du CNT ? Qui a signé le contrat ? À l’époque des faits le ministre de l’Energie et de l’eau s’appelait Sambou WAGUE, ancien directeur de EDM et avait pour patron à la Primature un certain Soumeylou Boubèye MAIGA, mais le grand argentier du Mali de l’époque c’est bien le Dr Boubou CISSE que la Transition traque bizarrement pour une affaire de tentative de déstabilisation…

PAR BERTIN DAKOUO




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