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mardi 11 août 2020
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Sans Tabou: sécurité des représentants de l’État, le nœud gordien

À côté des maux qui gangrènent la gouvernance du président IBK, la question de la sécurité des représentants de l’État, notamment les préfets et sous-préfets, est aujourd’hui une préoccupation majeure. Pas plus tard que la semaine dernière, ces représentants de l’État, dans les zones les plus reculées, sous les ordres de leurs syndicats respectifs, étaient en train de vider les lieux abandonnant les populations à leur triste sort. Comment en est-on arrivé là ?

Depuis le début de la crise multidimensionnelle qui frappe le Mali depuis 2012, malgré différents compromis entre les syndicats des administrateurs civils regroupés au sein du SYNAC et du ministère de l’Administration territoriale au sein du SYLTMAT et le gouvernement, ces représentants de l’État continuent de faire les frais de l’insécurité grandissante, à travers des enlèvements et assassinats ciblés, des violences et autres formes séquestration.
La raison : aucune mesure de sécurité n’est prise autour de ces représentants de l’Etat pour leur permettre de mener leur mission de représentativité de l’administration en toute quiétude. C’est dans ce contexte qu’ils sont victimes d’enlèvements et par des groupes terroristes et de violence de la part des populations souvent mécontentes.
Les derniers évènements remontent au 17 juin dernier à Diré, dans la région de Tombouctou. Selon des témoins sur place, ce mercredi vers 13 h, près de dix hommes armés, à bord d’un véhicule pick-up, sont arrivés dans la localité. Plutôt informés, ils ont rapidement pris la direction de la préfecture de Diré. Le préfet central, Sidya Coulibaly et le sous-préfet d’une autre commune rurale voisine sont tenus en joue. Contraints, ils montent tous à bord d’un véhicule officiel. Un caporal de l’armée malienne est également enlevé. Si le caporal a pu se sauver du véhicule, les deux administrateurs civils ne seront libérés par la suite qu’à la suite de négociations avec les ravisseurs.
Face à la situation, les Comités exécutifs nationaux du Syndicat autonome des Administrateurs civils (SYNAC) et du Syndicat libre des Travailleurs du Ministère de l’Administration territoriale (SYLTMAT) ont tenu le 22 juin 2020, une réunion portant sur les conditions sécuritaires des représentants de l’État. À ce rendez-vous, les responsables des deux syndicats ont constaté une dégradation de la situation sécuritaire des représentants de l’État ce, malgré la déclaration du 18 juin 2018 et le communiqué conjoint n° 001/CEN-SYNAC-SYLTMAT du 18 juin 2019. Ils ont également constaté avec beaucoup de regret, le non-respect par les autorités nationales des points d’accord du procès-verbal de conciliation du 26 mai 2020 avant d’appeler ‘’les représentants de l’État se sentant en insécurité, sur l’ensemble du territoire national, à rejoindre les localités sécurisées les plus proches’’.
« Nous avons demandé avec beaucoup de peine à nos camarades qui se sentent menacés de se replier dans les localités où ils se sentent sécurisés. Oui, nous avons fait le serment de servir partout où le devoir nous fera appel, c’est pourquoi, nous sommes les premiers déployés en période de paix, mais nous ne sommes pas des suicidaires », a commenté un responsable syndical.
Donc, la réalité, c’est que depuis jeudi et vendredi, plusieurs de ces représentants ont vidé leurs lieux de service abandonnant les populations. Faut-il les en vouloir ?
Nous répondons par la négative. N’importe quel Malien à leur place n’hésiterait pas à réagir ainsi. En tout cas, cette situation n’altère en rien la volonté des représentants de l’Etat à servir partout où le devoir leur fait appel si le minimum de conditions est réuni.
« Nous voulons continuer à servir l’État quand il prendra conscience que nous (préfets et sous-préfets) nous sommes les symboles à la fois de l’existence (si nous sommes présents) et de la déchéance de l’État (si nous sommes absents) », a tranché le secrétaire général du SYNAC, Ousmane Chritian Diarra.
En attendant de connaitre les conditions que les administrateurs civils vont poser pour leur retour au poste, cette affaire risque de devenir une patate chaude entre les mains de la prochaine équipe gouvernementale qui peine d’ailleurs à se mettre en place.

Par Sidi DAO




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