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mardi 11 août 2020
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Sans Tabou: sénateurs d’avance, corruption politique ?

La proposition d’IBK d’octroyer des postes de sénateur à des candidats qui se présente comme victimes de l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur les élections législatives, scrutin du 29 mars 2020, consiste à mettre la charrue avec le bœuf. Aussi, IBK tente-t-il d’hypothéquer déjà des postes du Sénateur ?

Le président de la République Ibrahim Boubacar Keita a reçu le mardi dernier en audience le Collectif des députés élus par le peuple, mais spoliés par la Cour constitutionnelle pour la décrispation de la tension dans le pays. Cette rencontre qui s’est déroulée dans la villa des Hôtes a été l’occasion d’aborder les récentes législatives dont les résultats définitifs sont fortement rejetés par des candidats et des électeurs. Conséquence, une partie de ces gens grossit le rang du M5-RFP qui demande la démission pure et simple du Président IBK.
Le chef d’État, lors de sa rencontre avec des candidats dits spoliés par les 9 sages de la Cour, leur a proposé des postes de Sénateur dont la création est prévue dans la monture de la future révision constitutionnelle. En effet, dans cette réforme tant attendue pour corriger des lacunes de la constitution en vigueur, il est prévu la création de la deuxième Chambre à côté de l’Assemblée nationale. Il se trouve qu’à ce jour, ce processus est suspendu. Toutefois, le président en fait un objet de promesse.
«Nous avons été reçus par le Président de la République, IBK, ce jour 07 juillet 2020, il nous a proposé en contrepartie de nos sièges à l’Assemblée nationale des postes dans le Senat. Nous avons refusé en bloc à cette offre présidentielle par respect aux milliers de Maliens qui ont voté pour nous. Nous luttons pour des principes et des privilèges», a rapporté Diakaridia DIAKITE, l’un des membres du collectif à l’issue de l’audience avec IBK. Selon lui, accepter cette proposition du Président de la République équivaut à une trahison de la confiance des milliers d’électeurs qui ont voté pour leur liste en commune I. Une opinion unanimement partagée par ces candidats.
Ainsi, IBK pour sauver sa tête tente d’hypothéquer 30% des sièges de la 2e chambre qui lui revient de droit si la réforme passait. Cette proposition est de mettre la charrue avant le bœuf en espérant sur une solution qui n’est pas à portée de main pour le moment. Alors face à une situation délicate que lui-même reconnaît, le chef d’État a manqué d’imagination, d’ingéniosité pour satisfaire ses hôtes du jour. À la limite, il s’est planté en jetant l’opprobre sur l’arrêt de la Cour constitutionnelle implicitement. Parce qu’en promettant des sièges à des candidats dits spoliés, il confirme que ces derniers ont été lésés par les 9 sages et qu’il faut les récompenser par d’autres moyens. Sauf que sa solution qui est une promesse ne répond pas à la demande immédiate. Pourtant, IBK justifiait la création de cette deuxième chambre pour impliquer des anciennes personnalités, des autorités traditionnelles et religieuses à la prise des décisions de l’État. Donc, en faisant cette proposition, le chef de l’État est train de ternir déjà l’image du Sénat, car sa vocation n’est pas recaser des contestataires ou des personnes lésées dans leur droit.

Par Sikou BAH




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