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lundi 14 octobre 2019
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Sans Tabou: symboles de l’État, la réponse fallacieuse du Moussa Ag ATTAHER

En signant l’accord pour la paix et de la réconciliation nationale, les groupes armés acceptent l’unité, la souveraineté de l’État du Mali et s’engagent par conséquent à la défendre. Cette souveraineté, depuis quelques années, est à rude épreuve du fait de la mauvaise foi d’ex-rebelles indépendantistes qui continuent de défier les autorités nationales par le non-respect des symboles de l’État, comme le drapeau national et même l’occupation illégale de la station régionale de la télévision nationale de Kidal.

Le gouvernement et des groupes armés du nord du Mali ont signé en 2015 un accord pour la paix et la réconciliation nationale, à l’issue de plusieurs mois de pourparlers à Alger. Ainsi, en paraphant ledit document, les parties prenantes de cet accord s’engagent notamment au respect de la souveraineté. Quatre ans après la signataire de ce document, le respect des symboles de l’État continue d’animer la polémique. En effet, lors de la cérémonie de la célébration de la journée de l’Afrique, le 25 mai dernier, le ministre Tiébilé Dramé a interpelé des responsables des groupes armés au respect de l’État, conformément à des dispositions de l’Accord. Après un débat houleux pendant de nombreux jours sur le sujet, l’un des responsables de la CMA Moussa Ag ATTAHER, est revenu, en marge de la session de haut niveau du Comité de suivi de l’accord (CSA), tenu le lundi dernier, sur la question.

Tiébilé Dramé, ministre des Affaires étrangères du Mali a affirmé : « je dis solennellement que le Mali souhaite que le drapeau malien soit respecté partout sur le territoire national ; que le drapeau malien flotte sur l’ensemble du territoire malien y compris à Kidal. Que les manquements que nous avons constatés ces dernières années soient un mauvais souvenir d’autant que nous voulons tous aller vers une révision constitutionnelle consensuelle ».

Moussa Ag ATTAHER, porte-parole de la CMA n’entend pas les choses de cette oreille. Selon lui, le débat sur le respect des symboles de l’État dont celui du drapeau national ramène les acteurs du processus en arrière.

« On vent le drapeau sur l’ensemble du territoire, créons les conditions pour que le drapeau soit préservé. Le drapeau est le principal symbole du pays, on ne peut pas le mettre n’importe où tant que les conditions de sa sécurisation par des forces défenses et de sécurités, issues de l’armée nationale reconstituée ne sont pas réunies. Tu ne vas pas planter un drapeau à Taoudénit au milieu de nulle part pour que les ânes le fassent tomber et après, tu vas dire que le drapeau du Mali a été floué au sol », a soutenu le responsable de la CMA.

Nous pensons qu’il ne s’agit là ni moins ni plus que d’un dilatoire de sa part surtout lorsqu’il évoque le cas de Taoudéni dans le débat. Aujourd’hui, Kidal qui refuse de hisser drapeau national, regorge toutes les conditions de sécurité pour cela. Là, il y a un gouverneur en place, il y a une autorité intérimaire qui y a été mise en place. Mieux, la ville est sécurisée par des éléments de la CMA et la vie y est plus ou moins normale. Pour le respect du symbole de l’État, la CMA n’a pas exigé à ce que le drapeau malien flotte à Kidal. Au contraire, en leur présence, il a été remplacé par les couleurs d’un État fantoche. Également, dans cette ville, des membres de la CMA ont occupé les locaux de la direction régionale de l’ORTM. Pourtant, la chaine nationale est un symbole fort de la souveraineté de l’État. Où est la bonne foi de ces ex-rebelles ?

Par Sikou BAH




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