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dimanche 19 septembre 2021
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Sans Tabou: test d’entrée à l’ENA, la révolte couve!

Décidemment, l’avènement du Mali Koura prôné par les Maliens n’est pas pour demain. En tout cas, le visage que montrent les autorités actuelles prouve à suffisance que ce rêve se réalisera difficilement. Ceux-là mêmes qui ont renversé le régime du Président IBK, en l’accusant de tous les péchés d’Israël, font pires. En seulement une année de gestion du pouvoir, ils sont en passe de battre le record dans tous les domaines de la mauvaise gouvernance. Une énième affaire rocambolesque à l’actif des autorités de la Transition provoque actuellement la révolte de la couche juvénile. Il s’agit de l’organisation d’un test d’entrée à l’Ecole Nationale d’Administration des contractuels de l’enseignement supérieur. Pourquoi les autorités n’ont-elles pas donné la même chance à tous les diplômés de postuler ?

Les jours à venir s’annoncent mouvementés dans notre pays. Ces jeunes diplômés qui se comptent par milliers ont de la peine à avaler la couleuvre de l’organisation d’un test d’entrée à l’École Nationale d’Administration des contractuels de l’enseignement supérieur. C’est pourquoi ils s’organisent pour obliger les autorités à annuler purement et simplement ledit test. Pour beaucoup de jeunes, ce test a été organisé en catimini et en violation de la loi. C’est après la publication des résultats sur les réseaux sociaux que beaucoup ont appris l’organisation de ce test qualifié de discriminatoire par les jeunes diplômés.
Raison pour laquelle le Collectif des candidats de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) organise la riposte contre cette décision des autorités de la Transition. Ledit collectif affirme avoir appris avec désolation le décret du Premier ministre sur l’organisation d’un test d’intégration à l’École Nationale d’Administration des contractuels de l’enseignement supérieur. Pour le Collectif, ce test montre une fois de plus qu’il existe des supers Maliens. La colère des jeunes s’explique par le fait que certains ont été privilégiés à faire ce test.
Le Collectif rappelle que de sa création à nos jours par le Président de la République d’alors par la loi N°06-046 DU 5 Septembre 2006, aucun autre moyen n’est disponible pour avoir accès à l’ENA à part le concours d’entrée.
« Ce test de recrutement des contractuels de l’enseignement supérieur effectué par la fonction publique viole les dispositions règlementaires ci-après : la loi N°02-053 du 16 décembre 2002 portant Statut général des fonctionnaires ; l’ordonnance N°10-010/P-RM du 19 février 2010 portant modification de la loi N°02-53 du 16 décembre 2002 prévoyant un régime dérogatoire s’agissant de l’accès à certains corps des fonctionnaires ; le décret N°10-114/P-RM du 19 février 2010 interdisant tout accès aux neuf (9) corps par un moyen autre que la voie de l’ENA », brandissent comme preuves les jeunes du Collectif.
Pour privation de milliers de sortants de la Faculté des sciences économiques et de gestion et la de la Faculté des sciences juridiques et politiques qui n’ont aucun recours, à part ce concours, le Collectif est dans la dynamique de se faire entendre. Il a déjà lancé un appel patriotique à tous les diplômés de l’intérieur comme de l’extérieur à se mobiliser et à s’organiser rapidement pour un Grand Mouvement. Il est question d’exiger l’abrogation pure et simple de ce décret.
En tout cas, l’organisation de ce test qui n’aurait pas donné la même chance à tous les diplômés concernés pourrait être une erreur qui risquerait de créer des ennuis aux autorités de la Transition. Ces autorités qui avaient gagné la sympathie des Maliens en prônant la rupture dans la gouvernance, s’illustrent régulièrement par des comportements peu amènes. Le fossé entre les autorités et la population se creuse de plus en plus, juste un an après la chute d’IBK. Elles gagneraient à se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard.

PAR MODIBO KONÉ




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