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vendredi 18 janvier 2019
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Sans Tabou: traitement inhumain sur Adiarra Kanambaye

Il y a plus d’une semaine, Adiarra Kanambaye a été brûlée par sa patronne. L’image de sa blessure a fait le tour des réseaux sociaux et n’a laissé personne insensible. Pourtant, les organisations des droits de l’homme n’ont jusque-là pas fait le moindre geste en faveur de Adiarra Kanambaye gravement blessée.

Âgée de 15 ans, Adiarra Kanambaye en exode à Bamako, a été brûlée à l’eau bouillante par sa patronne, le 4 décembre 2018 à N’Tomikorobougou, un des quartiers populaires de Bamako. La photo de la fillette avec ses blessures a fait le tour des réseaux sociaux. Son dos a été brûlé à moitié et une partie de sa poitrine. L’ampleur des plaies sur le corps de la servante témoigne de la gravité de l’acte.

Les organisations de la société civile, particulièrement les acteurs et organisations de lutte contre la violence basée sur le genre et les droits de l’homme semblent indifférentes à cette violation grave des droits d’une adolescente, sans aucun soutien. En tout cas, depuis cette agression sauvage, aucun communiqué encore moins une déclaration n’a été faite dans ce sens.

Exprimant leur compatissions à Adiarra Kanambaye, les internautes à l’unanimité ont condamné et déploré ce geste d’une rare barbarie de la part d’une dame contre une fille de 15 ans.

En dépit de la gravité de l’affaire, alors qu’elle intervient même après le lancement officiel en fanfare des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, les acteurs n’ont pas encore fait officiellement de déclaration de condamnation. Il s’agit singulièrement des organisations faitières de la lutte contre la violence basée sur le genre et celles des droits de l’homme.

Pour des faits aussi graves, à l’image de que ce qui est arrivé à Adiarra Kanambaye, il est de la responsabilité de ces organisations de se manifester. En tout cas, leur crédibilité en dépend sérieusement.

Leur silence face question peut être interprété comme également une discrimination envers une victime issue d’une couche défavorisée quand on sait aussi, suite à plusieurs études, que des femmes sont également victimes de violences d’autres femmes.

Le cas révélateur de la fille Adiarra Kanambaye relance le débat sur les conditions de vie et de travail de ces servantes, appelées également les « Bonnes » qui se rendent dans les grandes agglomérations à la recherche de trousseau de mariage. Combien d’autres anonymes en plus de Adiarra Kanambaye souffrent encore des atrocités de cette nature ? Il est certain il y a de centaines d’autres victimes de traitements inhumains qui ne sont pas mis sur la place publique.

Par Sikou BAH

 




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