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mardi 1 décembre 2020
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Sans Tabou: transition, le front social en ébullition

Alors que l’insécurité dans les villes et dans les campagnes bat toujours son plein, le pouvoir de la transition dirigé par le colonel major Bah N’DAW ne connait pas de répit sur le front social. Après la foudre de l’article 39 du collectif des enseignants signataires du 15 octobre 2016, celui 66 des professeurs et chercheurs pointe son nez. Dans cette confusion générale, les administrateurs civils et les travailleurs de l’hôpital Gabriel Touré sont également sur pied de guerre.

Dans un pays coupé en trois morceaux : le Nord, abandonné à la loi « du mieux armé », le Centre qui s’entredéchire au nom d’arguments pseudo-religieux, et le Sud où le mécontentement se généralise sur le front social, le navire des colonels qui doivent conduire une transition de 18 mois, tangue de plus en plus. Si l’on ne prend garde, ce régime des diplomates et des militaires risque de se faire désagréablement surprendre par cette pression sociale, à l’origine du départ précipité d’IBK. Ils semblent prendre trop de temps à la touche pour leur propre réchauffement, alors que le temps presse. Question de méconnaissance des réalités ou incompétence des hommes ? L’une dans l’autre, les hommes et les femmes appelés à cette mission n’auront pas d’excuse. En tout cas, les syndicats, eux, ne se méprennent pas. Les préavis de grève qui pleuvent et s’accumulent sur la table du ministre du Travail, ne sont pas de nature à rassurer quant à une transition apaisée. L’équipe du très diplomate Moctar Ouane gagnerait à s’attaquer rapidement aux préoccupations réelles et à réduire la marge des erreurs comme ce qui s’est passé avec la libération de Soumaïla Cissé en échange de plus d’une centaine de terroristes dont les mains sont entachées de sang de Maliens.
En une semaine, trois importantes organisations sociales ont déjà donné de la voix : le Syndicat national de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SNESUP), le comité syndical de l’hôpital Gabriel Touré et la Plateforme syndicale des administrations publiques. La mobilisation du jeudi dernier, selon des membres de cette plateforme, n’est qu’un avant-goût des actions qu’ils comptent entreprendre pour la satisfaction de leurs doléances.
Dans un pays dévasté par des décennies de mauvaise gouvernance, de corruption, de gabegie, la priorité d’un régime de transition doit être ailleurs que de placer ses hommes dans les postes juteux. Il faut s’attaquer aux priorités : comment réparer rapidement les injustices causées ? Et Dieu seul sait qu’il y en a suffisamment.
On devrait être déjà à l’œuvre au niveau des départements ministériels pour, non seulement, recenser ces injustices, mais, aussi, apporter un début de réponse à certaines de ces préoccupations au lieu de s’éterniser dans une routine qui n’a jamais permis d’avancer.
En dehors de ce front social qui de surchauffe, l’affaire du siège de jihadistes du village de Farabougou, dans la région de Ségou, qui dure maintenant depuis plus d’une semaine, doit être explicitée aux Maliens.
Le Mali Kura, il faut le dire, ne se réalise pas dans les slogans, mais dans nos actions et de tous les jours.

Par Sidi DAO




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