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lundi 19 août 2019
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Sans Tabou: vadrouilles et divagations ministérielles

Qu’ils ne sachent ce qu’ils sont censés faire n’est désormais qu’un secret de polichinelle. Mais qui ils sont sensés être, là c’est toute la question. Ministres maliens, ça vole dans tous les sens, ça fait du n’importe quoi au point de dévaloriser une fonction pourtant noble. Ministre c’est qui ? Ministre, c’est quoi ?

Faisons un peu de pédagogie par respect pour ceux qui savent pourquoi ils sont dans le gouvernement.

Étymologiquement, Ministre vient  du latin « minister » qui veut dire : serviteur, qui aide, qui sert, qui exécute, dérivé de minus, inférieur.

A l’origine, un ministre, c’est celui qui est chargé de remplir une fonction, un office, d’exécuter une tâche pour le service de quelqu’un, d’accomplir le dessein d’autrui. Il peut donc être :

1- un Prêtre d’une religion, considéré comme intermédiaire entre la divinité et les croyants et chargé de célébrer le culte divin. C’est le Ministre du culte. C’est celui qui fait le prêche et est chargé des fonctions relatives au culte à ne pas confondre avec cet autre Prêtre, religieux chargé des fonctions sacerdotales, de célébrer le culte, de propager la foi, d’administrer les sacrements, de remplir une fonction à titre de serviteur du Christ et de l’Église : Ministres des autels.

2- un Homme d’État chargé d’administrer les affaires publiques ; soit en tant que :

-Agent diplomatique de rang immédiatement inférieur à celui d’ambassadeur, à la tête d’une légation (ministre ambassadeur).

-Agent supérieur du pouvoir exécutif ; homme ou femme d’État placé(e) à la tête d’un ministère. On y est.

Celui-là ou celle-là est une personnalité choisie par le chef du gouvernement pour être membre du gouvernement, administrer les affaires de l’État à la tête d’un ministère en étant responsable ou non devant le Parlement selon que le régime est parlementaire ou présidentiel. Est-il choisi pour ses beaux yeux, sa beauté et sa grâce ?

Un ministre est donc un membre du gouvernement, agent du pouvoir exécutif, en charge d’un domaine de compétence (un portefeuille), qui dirige un ministère ou un département ministériel constitué d’administrations et de services publics. Il représente son ministère au sein du gouvernement et conduit la politique décidée par celui-ci dans son domaine.

Or, que font-ils nos ministres ? Leur première mission est d’être vu dans le sillage du Président ou du Premier ministre. Il y en a qui jouent des coudes et des mains et font des esclandres pour y être. Même s’ils ne snt invités, ils s’invitent dans les missions du président et du Premier ministre. Trafic d’influence quand tu nous tiens ! En dehors de ce cercle où toutes les courbettes sont de mise, laisser à eux-mêmes, c’est la catastrophe. Comme des écoliers en l’absence du maître d’école, c’est la bamboula, la vadrouille, sinon à saute-mouton !

Deux exemples permettent de saisir que beaucoup de ministres ne savent pas leur mission ou sont en tout cas en deçà de mission.

Honneur allant aux dames, commençons par Safia BOLY et Encore Kamissa. Invitées à la soirée célébrant les 5 ans de Coris Bank au Mali qui a réuni, dit-on, des membres du Gouvernement, des clients et le Gotha de la Finance, ces ministres s’exhibent sur les réseaux (pages de leurs départements) pour faire la promotion d’une entreprise privée. Et… «saluer le travail remarquable des lauréats ainsi que les efforts de CORIS BANK INTERNATIONAL dans la promotion de l’entrepreneuriat dans le secteur du numérique ». Sans citer ces efforts-là. Combien de projets cette banque a-t-elle financé dans le secteur ?

Le ministre médiatique de santé, au regard de son attitude dans la scandaleuse affaire d’amputation de bébé à l’hôpital Gabriel Touré, aura été quant à lui en deçà de toutes les attentes et espérances. Comme si l’ouverture d’une enquête via un Tweet pour apaiser la tragédie vécue par cette famille et la colère montante de l’opinion, le vacancier a tranquillement poursuivi sa mission. Après tout, ce n’est pas un fils à Papa qui est du nombre des visiteurs de nuit !

Bien que membre de la délégation officielle, Michel SIDIBE aurait été mieux inspiré d’écourter sa mission d’accompagnement (qui n’était pas indispensable) pour regagner Bamako et gérer sur place cette affaire qui est en train de prendre des proportions inquiétantes. Mais au lieu de la clairvoyance, le ministre de la santé a choisi le spectacle sur Twitter et continuer bonnement sa mission. Dans des circonstances similaires, le Premier ministre SBM a écourté sa mission à Paris pour rentrer et gérer la grève des administrateurs et le Président IBK sa mission à la suite des massacres de Sobame-Da.

C’est vrai qu’on est dans un pays avec un gouvernement à deux vitesses. Les uns travaillent avec efficacité, les autres vadrouillent et divaguent.

PAR BERTIN DAKOUO




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