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lundi 27 juin 2022
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Sans Tabou: que vaut l’ultimatum du Cadre ?

C’est aujourd’hui 25 mars 2022, la date fatidique que le Cadre d’échanges des partis politiques et regroupements de partis politiques pour une Transition réussie s’est fixée pour retirer son onction aux autorités de la transition et mettre en place un nouveau gouvernement dirigé par un Premier ministre neutre ;  et installer un nouveau Conseil national de transition (CNT). Un proverbe de chez nous dit : ‘’ Si quelqu’un te dit qu’il va faire  une culotte pour un éléphant, s’il le fait, il aura réussi une grande chose ; mais s’il ne le fait pas, il aura dit une grosse bêtise’’.  Un proverbe qui sied bien à la position du Cadre qui s’est engagé à mettre en place de nouveaux organes de la transition à partir de ce 25 mars.

Alors que nous sommes au jour ‘’J’’, nombreux sont les observateurs qui se demandent comment ce Cadre réussira son pari. Mise-t-il sur un soulèvement populaire pour arriver à cette fin ? Compte-t-il saisir des juridictions sous régionale ? Ou bien s’agit-il d’une simple propagande ? Autant de questions qui taraudent les esprits en attendant de voir clair dans cette aventure utopique.

Au cours d’un séminaire consacré à l’élaboration du chronogramme électoral et à la durée de la transition en cours, le Cadre d’échanges des partis politiques et regroupements de partis politiques pour une Transition réussie a pris la décision de ne plus reconnaître les autorités de la Transition à partir du 25 mars.

Le Cadre accuse la Transition de n’avoir entrepris aucune action concrète dans le sens de l’organisation des élections, pour un retour à l’ordre constitutionnel. D’où l’engagement pris d’écarter les autorités actuelles de la gestion du pouvoir.

Les Maliens attendent de voir la nouvelle trajectoire que le Cadre compte impulser à la transition après ce 25 mars. Peut-être que ce regroupement compte sur l’intervention de la CEDEAO dont la force en attente pourrait venir ‘’chasser’’ les autorités de la transition et tous les Maliens qui les soutiennent.

En tout cas, ses responsables affirment haut et fort que le regroupement ‘’ se réserve le droit d’user de tous les moyens légaux pour défendre la Constitution et la République’’.

Le hic est que cette position radicale prise par le Cadre a déjà porté un coup dur à la cohésion du groupe. Le navire a déjà pris de l’eau de toutes parts.

Pour preuve, cette position non partagée par l’ensemble des partis et regroupements membres a créé la déchirure au sein du groupe. C’est pourquoi le Cadre a volé en éclat avec le départ de plusieurs partis qui ont claqué la porte.

En effet, suite aux résolutions de son séminaire tenu le 9 février de ne plus reconnaître les institutions de la Transition au-delà du 25 mars, le Cadre a ouvert la voie aux fissures dans ses rangs.

Dans une déclaration, l’Adéma-Pasj a invité les membres du Cadre à abandonner toute posture radicale et à inscrire ses actions dans le cadre du dialogue et de la concertation, gage de l’apaisement social et de la stabilité du pays.

Dans l’impasse, le Cadre a décidé de suspendre l’ADEMA-PASJ à titre conservatoire de toutes ses instances jusqu’à nouvel ordre à compter du mercredi 23 février 2022.

À la suite de l’Adema, le parti Yèlèma « Le Changement » s’est désolidarisé entièrement de la décision de non-reconnaissance des autorités de transition à partir du 25 mars, tout en invitant les uns et les autres à demeurer avec l’esprit de mesure et de responsabilité ayant toujours sous-tendu les actions du Cadre dont l’objectif principal demeure la réussite de la transition pour le bonheur du peuple du Mali.

Ce n’est pas tout, le MORENA de Me Kassoum TAPO a également regretté la décision unilatérale du Cadre et a décidé de suspendre sa participation aux instances et aux activités du cadre.

Ce n’est pas tout, le parti RDS a suspendu sa participation aux réunions du Cadre au motif que ses prises de position ne vont pas dans le sens de la réussite de la Transition.

Avec autant de fissures dans ses rangs, l’on se demande par quel miracle le Cadre parviendra à faire partir les autorités actuelles de la transition et mettre en place de nouveaux organes. C’est dire que ce regroupement qui n’est pas parvenu à convaincre ses membres se fera ridiculiser s’il s’entête dans cette aventure déjà vouée à l’échec.

PAR MODIBO KONÉ




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