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lundi 19 avril 2021
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Tension syndicale: les juges protestent

La grève de l’UNTM ne fait pas que des heureux. Il y a à côté de ceux qui sont contents de la grève, d’autres qui sont très fâchés. Et ils le font savoir. Les deux syndicats des magistrats ont, dans un communiqué publié, ce vendredi, fustigé l’attitude de la centrale syndicale qui consiste à comparer les autres travailleurs aux magistrats.
Pour le SAM et le SYLMA, la stigmatisation incessante de la magistrature ainsi que les attaques gratuites à son encontre, par curieusement des camarades syndicalistes, ne sont pas de nature à préserver et à consolider les rapports traditionnels de courtoisie et le pacte coutumier de non-agression qui, jusqu’ici, les a liés.
Pour les deux syndicats des magistrats, contrairement à ce qui se dit, le magistrat débutant n’est pas payé à 1.580.000F CFA et ne bénéficie ni des meilleures grilles de la République ni d’heures supplémentaires encore moins de ristournes. Il n’a pas non plus les meilleures primes de la République et les augmentations, en cours en faveur de la magistrature, ne porteront pas le salaire du magistrat débutant à 2.500.000F CFA).

COMMUNIQUE CONJOINT SAM-SYLIMA N° 009/2020
Le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) constatent, depuis un certain temps, l’exacerbation des attaques à l’encontre de la magistrature, par plusieurs organisations syndicales sœurs, dans le cadre des mouvements de grève que ces dernières poursuivent ces temps-ci dans notre pays.
Le SAM et le SYLIMA, tout en marquant leur stupéfaction face à cette situation, font observer à l’opinion publique et aux camarades concernés que :
1- L’État du Mali, républicain et démocratique, fonctionne sur la base de la Constitution du 25 février 1992 ;
2- Aux termes de l’article 81 de ladite Constitution, les magistrats incarnent le Pouvoir Judiciaire et bénéficient, à ce titre, d’un Statut autonome lié aux exigences de leurs fonctions tel que le stipule le Statut Universel du Juge ;
3- Le SAM et le SYLIMA se sont gardés, jusqu’ici, de se comparer aux agents relevant du statut général de la fonction publique ou de désigner d’autres corporations, à l’occasion de leurs différentes actions syndicales ; ils suggèrent aux autres d’observer cette même posture vis-à-vis d’eux ;
4- La stigmatisation incessante de la magistrature ainsi que les attaques gratuites à son encontre, par curieusement des camarades syndicalistes, ne sont pas de nature à préserver et à consolider les rapports traditionnels de courtoisie et le pacte coutumier de non-agression qui, jusqu’ici, les a liés ;
5- La calomnie et la haine, loin d’être des moyens de luttes syndicales, desservent leurs auteurs puisque pouvant exposer ces derniers à des conséquences graves (contrairement à ce qui se dit, le magistrat débutant n’est pas payé à 1.580.000F CFA et ne bénéficie ni des meilleures grilles de la République ni d’heures supplémentaires encore moins de ristournes. Il n’a pas non plus les meilleures primes de la République et les augmentations, en cours en faveur de la magistrature, ne porteront pas le salaire du magistrat débutant à 2.500.000F CFA) ;
6- Les augmentations en cours de l’indemnité de judicature découlent de la loi N° 2019-072 du 24 décembre 2019 portant loi d’orientation et de programmation pour le secteur de la justice qui est l’aboutissement d’un long processus remontant à 2014 ;
7- La grève est certes un droit, mais elle doit s’exercer dans le strict cadre de la légalité, au risque pour le gréviste d’enfreindre la loi, ce qui a des conséquences certaines qui seront tirées, nulles n’étant au-dessus des lois de la République ;
Au bénéfice de ces différentes observations, les Syndicats de magistrats rappellent gravement, à nouveau, que le magistrat est ce qu’il est dans l’État, non pas par son diplôme, mais du fait de son Statut. La conséquence de cette exigence statutaire explique qu’un député, même illettré, bénéficierait des droits et privilèges constitutionnels découlant de son rang.
Le SAM et le SYLIMA invitent les uns et les autres à intégrer, dès à présent, que le Pouvoir Judiciaire, qui était jusqu’ici brimé, voire ignoré, entend résolument occuper, à l’avenir, le rang constitutionnel qui lui sied dans l’animation de la vie publique. Il le fera avec humilité, sans cependant la moindre pusillanimité.
Ils font savoir que les fonctions judiciaires sont délicates et graves. Que ceux qui les exercent doivent bénéficier, ici comme ailleurs, d’un traitement spécifique. La magistrature est ouverte à ceux qui l’envient à condition, pour ceux-là, de remplir les conditions exigées pour y accéder.
Les Syndicats de magistrats, gardiens de l’honneur et de la dignité du sanctuaire judiciaire, exerceront, désormais, leur droit de légitime défense contre ceux qui, qui qu’ils soient, en appellent à la haine et à la violence à leur encontre. Aussi saisissent-ils la présente occasion pour conseiller à ceux qui en veulent à des magistrats, pris individuellement, d’emprunter les voies de droit pour demander justice. Ils ne toléreront plus jamais d’attaque publique de magistrat qui rejaillirait sur toute la corporation.
Le S.A.M et le SY.LI.MA, tout en appelant les uns et les autres à la plus grande orthodoxie, invitent leurs preux militants à se tenir prêts pour les actions imminentes à intervenir dans la consolidation de l’État de droit dans notre pays.

Bamako, le 20 novembre 2020




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