Tenue à date échue du sommet Afrique-France: les assurances Président du CNOSAF

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Face à un effroyable scepticisme affiché dans certains milieux où l’on prédit, avec une certaine délectation, le retrait à notre pays du 27e Sommet Afrique-France, prévu du 13 au 14 janvier 2017, pour raison de sécurité, le président du Comité national d’organisation du sommet Afrique-France (CNOSAF), Abdoullah COULIBALY, se montre au contraire rassurant.

Nous l’avons joint hier au téléphone. Chez lui, le ton est à l’optimisme à deux mois de cet important rendez-vous qui constitue indéniablement un signal politique fort attestant de la confiance de la France et de l’ensemble de la Communauté internationale en notre pays qui se trouve en pleine reconstruction après la grave crise vécue en 2012.

L’engouement
Pour M. COULIBALY qui rentre fraîchement d’une mission en France : « tout le monde veut venir à ce Sommet, à Bamako. Il y a un engouement fou. Vous savez, les gens soutiennent le Mali. À la date d’aujourd’hui, plus de vingt chefs d’État ont confirmé leur participation à ce 27e Sommet. Ce qui, historiquement, est le niveau le plus élevé à ce stade ».
Réagissant aux préoccupations sécuritaires, le président du CNOSAF tempère : « s’il fallait s’en tenir à des attaques pour ne pas organiser le Sommet au Mali, personne n’irait à Nice, en France. Nos amis français eux-mêmes ne cessent de le dire : il n’y a pas de risque zéro en matière de sécurité. Ils m’ont fait savoir que même s’il y avait un attentat trois jours avant son ouverture, le Sommet se tiendra quand même à Bamako ».
Les retombées de ce Sommet seront énormes pour le pays. À ce sujet, le président du Comité national d’organisation du Sommet Afrique-France, Abdoullah COULIBALY, annonce : «si ce Sommet marche, les hôtels tourneront à plein régime, les gens auront du travail. Tant que les participants mangeront, il y a de la rentrée d’argent pour les bouchers, les vendeurs de poisson. Les boutiquiers feront de bonnes affaires. Les travailleurs auront de quoi s’occuper mieux de leurs enfants. C’est toute l’économie qui va tourner ».
Le contraste
Face à l’attitude de certains de nos concitoyens qui prédisent toujours le pire pour le pays, M. COULIBALY est désappointé. Il ne comprend pas comment on peut en arriver là. Aussi, exhorte-t-il : « il faut qu’on arrête d’être alarmistes. Apprenons à être positifs. Les gens nous souhaitent du bien ; souhaitons-nous-le, nous-mêmes. Si le Mali a été choisi pour abriter ce Sommet, c’est pour nous aider ; sinon il y a plus d’infrastructures au Sénégal ou en Côte-d’Ivoire ».
Pour terminer, le président du CNOSAF affiche une confiance à toute épreuve : « Ce Sommet marchera. Il se tiendra très bien à Bamako. Le Président IBK est un homme de bonne foi. Il peut souffrir et même le Prophète (PSL) a souffert ; mais il réussira. Il nous faut être solidaires, ramer dans le même sens. Il faut que les gens se soutiennent ».
Il faut rappeler qu’au cours d’une mission d’information de trois jours chez nous, en avril dernier, l’ambassadeur Frédéric Clavier, chargé du Sommet côté français disait : « la sécurité se pose de la même manière en Europe qu’elle se pose en Afrique ou qu’elle peut se poser dans d’autres régions du monde ».
Il avait également rassuré quant à la capacité à organiser un sommet dans de bonnes conditions pour que les chefs d’État puissent bien travailler et pour le bon déroulement des événements prévus en parallèle : événement économique pour réfléchir ensemble à améliorer la croissance et le développement dans nos pays respectifs ; un forum sur la jeunesse ; un forum sur le genre ; des activités culturelles.
Une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement du Continent est attendue. Et à peu près autant de membres dans les délégations des différents pays, soit 2 500 à 3 000 participants attendus.

La bonne dynamique
À deux mois de l’important rendez-vous, l’aéroport international Modibo KEITA qui a officiellement pris le nom du père de l’indépendance, le 31 décembre 2015, s’est modernisé. Le samedi 5 novembre dernier, le Président Ibrahim Boubacar KEITA y a effectué une visite surprise. Après la visite du hall d’embarquement, il a rempli symboliquement ses formalités de voyage avant de regagner la salle d’embarquement pour la simulation de départ. IBK a marché jusqu’au terminal du tunnel qui aboutit à l’avion. Il a fait une simulation de l’arrivée avec différents cas de figure qui peuvent se présenter.
Le président de la République, dans la salle des agents de sécurité, a découvert un système de vidéo surveillance de dernière génération. Il y a appris que 120 caméras à la pointe de la technologie scrutent le nouvel aéroport pour la sécurité des personnes et de leurs biens.
C’est donc un IBK très satisfait qui a quitté l’aéroport.
L’hébergement est un autre défi important à relever. L’on apprend que de ce point de vue, tous les membres des délégations ne seront pas au centre de la capitale. Par contre, les chefs d’État seront logés dans les grands hôtels de la capitale, principalement à ACI 2 000 et dans le Quartier du Fleuve, près du Centre international de conférences de Bamako (CICB) où se tiendra la majeure partie du Sommet.
Laïco-Amitié, l’Onomo (ouvert en mai 2015) ou encore l’Hôtel Salam Azalaï, qui s’apprête à recevoir l’essentiel des délégations, seront sollicités.
L’on apprend que des milliers de policiers, de gendarmes et militaires seront mobilisés pour parer aux éventuels problèmes sécuritaires.
Des efforts sont également visibles en matière d’assainissement de la ville, de revêtement des routes…

Par Bertin DAKOUO

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