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mercredi 22 novembre 2017
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Terrorisme dans le Sahel: la crainte d’une guerre sans fin

Des groupes armés, aux différentes revendications politico-religieuses, multiplient les attentats, dont la dernière attaque terroriste, en date, a fait 18 morts dans la capitale du Burkina Faso, lundi 14 août. Quels sont les principaux groupes armés au Sahel ?

Ils frappent chaque jour ou presque. Ils n’ont même plus besoin de revendiquer leurs actes : personne n’ignore plus que derrière des visages juvéniles venus semer la mort se cachent des figures du djihadisme au Sahel. Le déploiement de 11 000 Casques bleus dans notre pays, les éliminations ciblées menées par l’armée française dans les rangs des terroristes, les patrouilles conjointes entre Barkhane et les forces armées des pays du Sahel, dont le nôtre, n’y ont rien changé. Au Mali, au Burkina Faso et dans l’ensemble du Sahel, les groupes islamistes armés font désormais peser une menace constante.
Dimanche 13 août, ce sont 18 clients et employés d’un café-restaurant du centre de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, qui sont tombés sous les rafales d’un duo de meurtriers, sans foi ni loi. Le lendemain, au Mali, deux attaques contre la Mission des Nations unies (Minusma), l’une à Douentza et l’autre à Tombouctou, ont fait neuf nouvelles victimes, dont un Casque bleu et un élément des FAMA.
Il y a quelques mois encore, la petite musique officielle que l’on pouvait entendre à Paris laissait espérer que le danger djihadiste au Sahel avait diminué grâce à l’action des soldats de l’opération « Barkhane » et que la menace des combattants salafistes sur la stabilité des États s’éloignait. On y a, depuis, mis une sourdine.
Plus de quatre ans après le début de l’intervention militaire française au Mali, qui s’est depuis muée en une opération sur l’ensemble de la région, force est de constater que la situation de pays suscite toujours autant d’inquiétudes. L’État peine à reprendre pied à Kidal où les groupes politico-militaires, construits sur des identités communautaires, se regardent en chiens de faïence où se mène la guerre pour le plus grand bonheur des djihadistes, qui ont regagné de l’influence et étendu leur champ d’action au centre du pays où les séides d’Amadou Koufa, un disciple d’Iyad Ag-Ghali, la figure de référence des islamistes armés au Mali, ont multiplié depuis début 2015 les opérations de guérilla.
Quels sont les principaux groupes armés au Sahel ?
De la bande au sud du Sahara allant de la Mauritanie au centre Soudan, le Sahel est la proie de différents groupes armés. Parmi ces derniers, les plus médiatisés ont été les groupes islamistes, qui prolifèrent dans la région, depuis le début des années 2000. Ceux-ci se divisent en deux camps avec d’un côté les groupes se référant à Daech et de l’autre ceux ayant prêté allégeance à Al-Qaïda.
Daech est ainsi représenté dans la région par l’organisation « l’État islamique dans le Grand Sahara », qui opère au Niger, au Mali et au Burkina Faso. Le mouvement a obtenu le soutien de Boko Haram, une organisation originaire du Nigeria, mais dont le champ d’action recouvre également le sud-est du Niger, le Cameroun et la région du lac Tchad. Boko Haram a d’ailleurs changé son nom pour officialiser cette d’Alliance, se présentant maintenant comme Daech en Afrique de l’Ouest.
De son côté, Al-Qaïda est présente dans la région, à travers sa branche locale Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). En mars 2017, une de ses branches, « l’Émirat du Sahara », a formé une alliance avec deux autres groupes djihadistes locaux : le groupe Ansar-Dine de Iyad Ag Ghali et celui algérien, Al-Mourabitoune.
Quels sont les dispositifs mis en place pour les combattre ?
Plusieurs initiatives de la communauté internationale ont été lancées pour tenter de stabiliser la région. Le Sahel accueille deux missions (la mission onusienne Minusma et celle européenne de formation de l’armée malienne), ainsi que l’opération française Barkhane, forte de 4 000 hommes. Une initiative régionale s’est également concrétisée, à travers le groupe G5 Sahel, auquel participent la Mauritanie, le Tchad, le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
En juin 2017, l’ONU a salué la formation d’une force militaire sous l’égide du G5, qui devrait déployer 5 000 hommes.
Qu’est-ce qui complique réellement aujourd’hui la stabilisation de la région ?
Le principal obstacle à une stabilisation de la région tient au caractère multidimensionnel des conflits, à la porosité des frontières et aux risques de contagion d’un État à l’autre.
S’y ajoute le fait que les groupes armés au Sahel forment une nébuleuse permettant une prolifération des mouvances. Une multiplicité de facteurs rend impossible de cartographier les conflits au Sahel et difficile d’y apporter une solution pérenne.

Par Mohamed D. DIAWARA




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