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mardi 20 avril 2021
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Tiéman Hubert Coulibaly: ‘‘je n’aime pas les coups d’État, mais il faut être lucide ‘‘

Saisissant l’occasion de sa présentation de vœux à la presse, dans un hôtel de la place, le Président de l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD), Tiéman Hubert COULIBALY, a fait une rétrospective de l’année 2020 qu’il dépeint comme ‘’vilaine’’ au regard du contexte sanitaire marqué par la pandémie du COVID-19 qui a impacté les structures socioéconomiques, du choc politique, de l’insécurité ; le tout sur fond de revendications catégorielles. « 2021 est une année d’espoir et d’inquiétude vu ce que 2020 a apporté en termes de contrariété, d’angoisse », présage-t-il. Décryptage du Président COULIBALY.

La cérémonie qui a permis d’échanger sur les questions de l’heure a enregistré la présence de responsables de l’URD et du Regroupement politique Action républicaine pour le progrès (ARP), dont Tiéman COULIBALY est le président.
Dans son état des lieux, le Président du Parti de la colombe s’inscrit dans ce qui découle d’un constat d’évidence d’un contexte particulier, en 2021, dans notre pays. C’est pourquoi, renchérit-il : « 2021 est une année d’espoir et d’inquiétude, vu ce que 2020 a apporté en termes de contrariété, d’angoisse ».
La vilaine année
Sur le plan de la retrospective, il mesure la difficulté de l’année 2020 à l’aune de divers paramètres.
« Il s’agit d’une année difficile à cause de la crise sanitaire qui perturbe la société, met en panne l’économie, perturbe le transport ; des vies sont brisées. La pandémie a fait beaucoup de victimes et malheureusement, elle n’est pas encore terminée », a exposé M. COULIBALY qui a eu une pensée pieuse pour toutes les victimes, avant d’encourager au respect scrupuleux des mesures barrières.
Autre difficulté, la crise sanitaire a impacté la structure socioéconomique en souffrance. Si le budget 2020 était déficitaire à 480 milliards FCFA, celui de la nouvelle année 2021 n’est pas encore adopté, alors que la session budgétaire se tient traditionnellement en octobre. Ce qui fait dire à M. COULIBALY : « nous sommes dans un fonctionnement original pour l’organisation de la dépense publique ».
Le pays a connu un choc politique avec comme facteur catalyseur les élections législatives qui étaient pourtant attendues avec beaucoup d’espoir et de ferveur, après deux prorogations du mandat des députés. Là, il donne un coup de canif à une gouvernance erratique : « nous avons eu les pires élections législatives de notre histoire ». Cela, au regard de l’onde de choc provoquée par ces consultations électorales jugées désastreuses, avec « une contestation légitime, mais qui n’a pas été gérée de la meilleure des manières ». A-t-on craint l’effet souffle des manifestations ? Pas si sûr pour le Président de l’UDD très peu porté sur la langue de bois : « ce que chacun avait prédit est arrivé, le renversement des autorités ». Il relève une autre conséquence : « les divisions nées de ces élections étaient inédites ». Face à cette situation, il préconise un effort important pour obtenir une union sacrée autour du pays en 2021.
« Tout cela, dans un contexte de crise sociale, avec des revendications catégorielles », a-t-il conclu son catalogue des tracas. Pour le Président de l’UDD, l’article 39 est emblématique de la crise sociale dans le pays.
Il ajoute : « depuis plusieurs, années nous courons derrière une conférence sociale, avec la question des revenus. Bien sûr la question de la production est également, puisqu’elle détermine les revenus ».
« Donc, 2020 est une vilaine année », a tourné cette page Tiéman Hubert COULIBALY qui passe à 2021 qui sera une année de défis politique, mais qui s’ouvre avec une 3e Transition. Ce, alors qu’en 91, après la Conférence nationale, tous les acteurs politiques promettaient : plus jamais de coup d’État. « Ce qui veut dire que la construction de notre démocratie se poursuit », déduit-il et de prodiguer : « mais, si les crises sont successives, il faut une analyse froide, identifier les facteurs d’échec et y trouver des solutions ».
Les questions de l’heure
Relativement à la Transition qui barbote, selon une certaine opinion, Tiéman Hubert ne fignole pas : « à l’UDD, nous ne sommes pas dans une logique de harcèlement de la Transition, mais d’accompagnement, dans un esprit de courtoisie, dans la concertation et l’inclusion ». Cela, justifie-t-il, pour trouver justement des réponses aux questions qui se posent. Dans le même ordre d’idées, il a salué l’initiative du ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation de réunir les acteurs politiques sur les réformes politiques en chantier. « Il y a de la concertation », salue-t-il les efforts de la Transition qui avance à ses yeux. Taxé de complaisance, il se défend : «je n’aime pas les coups d’État. Pour avoir été ministre de la Défense et des anciens combattants, de l’Administration territoriale, je sais que la place de l’Armée se trouve ailleurs. Mais, il faut être lucide ». Quant à une éventuelle prolongation de la durée de la Transition, il exhorte : « les autorités de la Transition doivent tout faire pour que les choses se passent dans les délais ».
En outre, il les encourage à se donner les moyens de diligenter la mise en œuvre de la Feuille de route.
Relativement à l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, Tiéman Hubert attend d’avoir plus de visibilité, précisément le calendrier des mesures urgentes. En attendant, il encourage à prendre l’Accord comme un projet politique prioritaire, en appliquant tout ce qui n’est pas sujet à polémique. Parce que, justifie-t-il, le sujet le plus traumatisant, à savoir la sécurité, dépend de tout cela. « Il faut une cohérence, une cohésion nationale. Une nation se perd si elle confond ses amis et ses ennemis » souligne-t-il.
Tiéman Hubert COULIBALY est-il candidat à la prochaine élection présidentielle ? C’est dans l’ordre du naturel, répond-il, étant un homme politique, président d’un parti depuis une dizaine d’années.
Mais, l’obsession constante du Président de l’UDD, ce n’est pas le fauteuil présidentiel, mais plutôt comment arriver aux élections dans les meilleures conditions. « Je ne suis pas obsédé par un fauteuil présidentiel, mais par un pays où on peut vivre en paix », tranche M. COULIBALY qui n’a manifestement pas fini de se ronger les sangs. Pour lui, il est nécessaire d’aider la Transition à réussir en réfléchissant à des projets intelligents. De douches écossaises en montagnes russes, l’espoir d’un retour à la normale se fait de plus en plus raisonné chez le Président de l’UDD.
M. COULIBALY n’a pas échappé à la question qui revient comme une ritournelle : si nous sommes dans une Transition, n’est-ce pas parce que les politiques ont échoué ? Il ne les absout pas : « bien sûr que les politiques ont échoué ; mais ils ont échoué bien avant 2020, bien avant 2012. Ceux qui disent que les politiques ont échoué et qu’il faut les enlever ont travaillé avec ces politiques. Ça ne fonctionne pas comme ça, nous allons nous remettre à cheval et proposer de meilleures idées ».
Pour ce qui est des causes de la faillite des politiques, il pointe du doigt un pays profondément divisé, le rôle de l’argent dans la détermination des résultats des votes, le déficit d’éducation politique qu’il faudrait combler.
Il a lancé un appel pour une unité d’action, afin de préparer les élections à venir et toutes les réformes qui feront que notre pays retrouvera sa marche démocratique qui a été stoppée.

PAR BERTIN DAKOUO




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