Tiéman, l’armée et les politiques: taisez-vous et laissez-nous travailler

4

À l’ouverture du Conseil supérieur de la fonction militaire, mardi dernier, le ministre de la Défense et de l’ancien combattant, Tiéman Hubert COULIBALY, s’est réjoui de l’adoption, en Conseil de ministre, du Statut général de l’armée qui est non seulement inédite, dans l’histoire de notre pays, mais également d’une importance capitale.
Voici l’intervention du ministre de la Défense qui a laissé parler son cœur.

Messieurs les membres du Conseil supérieur de la Fonction militaire
Messieurs les membres du Groupe Ad-hoc de rédaction des textes modifiés par la réforme de l’armée
Officiers, Sous-officiers, militaires de rang

L’article 3 du Statut général des militaires stipule : je cite : « le Conseil supérieur de la fonction militaire, qui est le cadre institutionnel dans lequel sont examinés les problèmes de la fonction militaire, est consulté sur les projets de textes d’application du statut général des militaires ».

Mesdames, Messieurs, ce conseil qui est l’instance faitière qui émane du Conseil de la fonction militaire des états-majors de direction qui lui-même est une émanation du conseil de garnisons ;
Les textes de création, d’organisation, de composition et de désignation des membres et de fonctionnement du Conseil supérieur de la fonction militaire sont disponibles. Vous pouvez et vous devez vous en approprier. C’est votre conseil.

Ce conseil est le cadre très utile qui permet de faire monter les préoccupations de la troupe au niveau de la hiérarchie dans l’ordre et dans la discipline. Il est utile, parce qu’il permet à la hiérarchie de partager les informations importantes avec la troupe afin de contribuer à l’unicité des efforts.
Cette session qui nous réunit aujourd’hui est consacrée à l’examen des textes sur les avancements, cela vient d’être dit, et l’exercice consistera à requérir vos avis sur les textes avant de les mettre dans les circuits d’approbation du gouvernement.
L’avancement est un aspect sensible de la carrière du militaire ; vous le savez mieux que moi, j’ai appris également à le savoir en étant à vos côtés.

Les travaux, qui vont commencer d’ailleurs dans quelques jours et qui vont nous occuper, tout le monde sait, la sensibilité que cet exercice consiste chaque année à voir examiner ensemble dans un cadre convenu ceux qui vont avancer en grades.
L’avancement, à mon avis, chaque année, à chaque étape, est un événement extrêmement important dans la vie d’un militaire. C’est pour ça que nous avons estimé nécessaire d’avoir un texte, un cadre stable et constant qui nous permet de travailler avec sérénité et d’éviter chaque année le stress qui entoure ; et souvent la suspicion qui entoure ce travail que nous devons faire chaque année.
Le texte qui vous sera soumis est une solution que nous apportons à un certain nombre de problèmes que nous avons constatés et que vous-mêmes connaissez.
Le 2e texte à l’ordre du jour est le projet de texte qui modifie le décret fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de l’état-major général des armées. Ce texte vous est soumis à titre d’information.

Mesdames, Messieurs, l’occasion est bonne pour moi de partager avec vous un certain nombre d’informations. Nous traversons des moments difficiles, des moments très difficiles. Vous le savez autant que moi. Mais vous savez également qu’aucune difficulté n’est sans fin. Je suis convaincu que vous savez que seul l’effort constant, l’abnégation conduisent à la fin des difficultés. C’est en marchant sur le chemin de l’effort que nous marchons vers la victoire. La victoire c’est l’harmonie. La victoire c’est la paix dans notre pays. La victoire c’est une armée qui est au service du développement de son pays, qui sait protéger sa population avec professionnalisme ; qui sait protéger son territoire avec courage et qui contribue à la paix mondiale.
Les difficultés que nous vivons aujourd’hui ne doivent pas nous amener à ne pas être concentrés sur notre effort. C’est peut-être parce qu’un moment donné on ne s’est pas trop concentré sur nos efforts que nous avons eu des difficultés.

Donc aujourd’hui, les périodes extrêmement complexes, souvent déstabilisantes que nous traversons doivent être pour nous des raisons de continuer à redoubler d’efforts afin que notre armée se redresse. Beaucoup d’événements sont là au quotidien pour saper le moral, pour semer le doute, accroître l’incertitude. Certains moyens passent même par la désinformation : le cas de nos camarades blessés, malhonnêtement exploités par certains, voulant jeter l’opprobre sur l’armée et toute sa direction ; voulant faire passer votre institution pour ingrate, alors que c’est faux. Les camarades qui ont été blessés, pris en charge, évacués et qui vont l’être à nouveau avec les moyens que nous ne cessons d’accroître chaque année et cela on veut l’exploiter contre l’armée.
Je vous invite à la cohésion, face à ces événements-là. La cohésion et la lucidité ! La cohésion et la lucidité. Aussi longue soit la nuit, le soleil finit toujours par se lever.
Quelle que soit la vitesse à laquelle le mensonge se propage, la vérité finit toujours par l’attraper.
Plus que jamais, l’armée malienne est attentive à ses hommes. Nous avons adopté le Statut général en Conseil de ministres, il y a juste quelques semaines, une disposition inédite dans l’histoire de notre pays est prise dans ce document, d’une importance historique. On ne s’occupe plus du seul militaire, mais aussi de sa famille ; de son vivant comme après sa disparition.
Des dispositions inédites ! Qui savait, dans ce pays, que nos combattants n’avaient pas un Statut ; à plus forte raison un ancien combattant ? Mais aujourd’hui, nous avons réglé ce problème.
C’est important, vous l’avez fait pour ceux qui viendront après vous. Et ça, vous devez en être fiers. C’est un texte important. Celui que vous allez examiner aujourd’hui sur les avancements, je suis convaincu qu’il vous aidera à éviter certaines injustices que nous savons. Nous savons que tout n’est pas juste dans ce que nous faisons. Mais nous corrigeons ce qui n’est pas juste.

Beaucoup aujourd’hui veulent jeter l’anathème sur cette armée, alors même qu’au moment où ils avaient l’occasion de faire le travail qu’il fallait pour aider cette armée à prendre en charge sa mission, ils ne l’ont pas fait. Et aujourd’hui, ayant manqué à tous leurs devoirs, y compris manquant aujourd’hui à leur devoir de citoyen, ils veulent salir l’armée. Je dis Non !
Ce que nous faisons aujourd’hui pour l’armée est inédit dans notre pays. Inédit ! Je mets quiconque au défi de prouver le contraire, de me démentir, y compris en matière d’investissements pour la reconstruction de l’armée de l’air ; y compris en matière d’accroissement de la puissance de feu ; y compris en matière de programme d’infrastructures.

Évidemment, la LOPM, qui est notre principal outil, est conçue sur 5 ans. Bien sûr, ce travail, on ne peut pas le faire en 2 jours. Ceux qui pendant 20 ans n’ont rien fait devraient se taire et nous laisser travailler. Nous laisser travailler pour notre armée ; nous laisser travailler pour le futur Mali ; pas le Mali d’aujourd’hui, nous travaillons pour demain. C’est à cette tâche que nous sommes invités. Et c’est pour ça que les travaux de ce Conseil sont extrêmement importants. Je vous invite à le relever autant de fois que cela est nécessaire pour que tout ce que nous faisons, tous les textes que nous proposons au gouvernement et à la représentation nationale, donc au peuple malien, fassent l’objet d’une concertation profonde, fassent l’objet d’une harmonisation réelle des points de vue, afin que nul ne puisse opposer quelles que reproches que ce soit à ces textes que nous allons proposer. C’est pour ça que j’ai voulu être là ce matin avec vous ; vous dire que bien souvent quand nous travaillons sur les textes, nous pensons seulement aux aspects normatifs. Nous ne voyons pas l’effet structurant que peut avoir un texte dans la vie de ceux à qui il va compter. Nous voyons l’effet normatif. Un exercice de style ; une ou 2 personnages qui vont se mettre à rédiger, à faire de beaux textes. Ce n’est pas que ça ! Ces textes que nous prenons vont régir la vie du soldat, structurez toute leur existence, toute leur carrière. Et c’est pour ça que vous devrez conduire ces travaux avec le plus grand sérieux et surtout la plus grande honnêteté. Que nul, en sortant ici, ne puisse opposer quelles que reproches que ce soit aux textes qui vont vous être soumis. C’est une forte recommandation. Encore une fois, la difficulté du moment, la dureté des épreuves déterminent la boussole de nos victoires à venir.

Mesdames, Messieurs, je voulais vous adresser ces quelques mots afin de vous encourager à un travail le plus honnête possible, le plus engagé possible pour vous-même, pour notre peuple. Je vous remercie.

Propos transcrits par Sékou CAMARA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *