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mercredi 25 mai 2022
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Trafic d’influence, népotisme et clientélisme: des dérapages à la dérive ?

La Cité administrative n’est devenue un Club familial où se côtoieraient cousins et cousines, neveux et nièces, boss et potes, mais des nominations y font de plus en plus de grincements de dents tout comme font jaser plus ouvertement désormais les constats de trafic d’influence, de favoritisme, de népotisme et clientélisme. Des petits dérapages, somme toutes, qui, s’ils ne sont pas vite enrayés, pourraient nourrir un torrent de dérives. Toutes choses qui pourraient mettre à mal la République exemplaire en faveur de laquelle a prêché le président IBK.
En mettant au cœur de sa campagne, le Mali (Mali fôlô), l’honneur du Mali et la probité de ceux qui aspirent à le diriger pour faire le bonheur des Maliens, le président IBK mettait la barre très haut et avait réussi une très large convergence de toutes les couches sociales du pays dont la déception et le désespoir étaient à la mesure de l’affaissement, du rabaissement et de la désolation de notre pays.
Pour avoir élu, fort logiquement et fort légitimement, ce candidat qui parlait avec leurs mots pour exprimer leurs aspirations profondes au changement et incarnait plus que tout autre tous leurs fous espoirs, les Maliens qui attendent que, dès l’entame, soit sonné le tocsin de la corruption, de la magouille, des vols, des pillages, d’improbités, d’injustice et d’impunité,sont aujourd’hui à s’inquiéter et interpeller.
Parce que «ce sont les petits ruisseaux qui forment les grandes rivières», les Maliens qui ont applaudi à l’avènement de l’ère IBK et espéré que les galéjades sur «Ma famille d’abord» étaient un malentendu, un marginal incident de parcours et une parenthèse vite fermée, se préoccupent de la persistance du trafic d’influence, du népotisme, du clientélisme et du favoritisme. Ils sont de plus en plus nombreux parmi les fidèles et loyaux partisans du président IBK à déplorer, non sans amertume, et s’inquiéter que les dérapages ça et là constatés et/ou dénoncés, n’ouvre la voie à de véritables dérives.
Tel ministre, parce que, «dans les bonnes grâces du président », impose dans son cabinet sa tendre moitié qui n’a aucun profile pour le poste, et qui terrorise tout le monde. Un tel ministre, parce que, «dans la garde rapprochée du président», place comme DGA d’une structure sensible un pion de cousin qui avait échoué auparavant par deux fois des tests pour être recruté comme simple cadre technique dans ledit service.
Nul ne met ou ne remet en cause l’intégrité et la probité de l’Homme entre les mains duquel, les Maliens ont mis leur destin. Chacun connaît la rigueur et la vertu d’homme d’État ainsi que son respect religieux du bien public et de la Respublica. Pour l’avoir pratiqué plus de 10 ans, nous pouvons humblement l’attester.
Mais, au-delà de l’homme IBK, il y a le Mali. Les scandaleuses affaires qui nous occupées durant toute l’année 2014 et qui ont mis à mus «d’importantes malversations», de «tonitruantes surfacturations » et «diabolique ingénierie financière», quoiqu’imputables à des cadres qui ont trahi la confiance du président, restent encore dans la mémoire collective.
Lesdites «affaires» ont été, à notre avis, de légers dérapages, instrumentalisées et exploitées de manière malveillante, mais heureusement rattrapées. Qui de la persistance du trafic d’influence, du népotisme et clientélisme ? Si le président IBK que les Maliens respectent et mettent au-dessus de ces pratiques d’un autre temps, n’y met pas prestement et vigoureusement le holà, ces petits dérapages, d’anecdotiques et d’épiphénomènes, risquent d’aboutir à des dérives gravissimes pour l’image du régime et celle du pays. Qu’à Dieu ne plaise !
Pour l’avoir connu et pratiqué, nous prenons le pari que pour sa fierté d’homme d’État intègre, pour la fierté et l’honneur qu’il a, l’ambition de restituer à son pays, pour la restauration du crédit et l’autorité de l’État qui pour lui ont étéet restent un idéal et une quête permanente, le président IBK ne va pas laisser faire. Parce que IBK reste après tout un patriote, un homme de conviction et de devoir :
« Le devoir de construire une société de démocratie (NDLR : qui), ne doit jamais nous faire perdre de vue cette autre nécessité encore plus impérieuse, de sauvegarder et de consolider l’État en restaurant l’autorité.
L’érosion de l’autorité de l’État qui constitue, par-delà l’insécurité généralisée qu’elle engendre, une menace réelle à l’existence de la Collectivité nationale devrait être une interpellation permanente à l’adresse de chacun d’entre nous et provoquer le déclic nécessaire à porter les consciences vers le sursaut et le ressaisissement.
L’État est non seulement le dernier rempart du citoyen, mais aussi le terreau, j’allais dire la sève nourricière de la démocratie. C’est pourquoi la restauration de son autorité apparaît comme un préalable à la réalisation de l’État de droit. Car, en effet, l’une et l’autre impliquent :
-l’édiction de normes juridiques conçues à l’image de la société et adaptées à ses réalités :
-la soumission du citoyen et de la société à la règle préétablie ;
-la restitution à la loi de toute la force qui lui est due,
-la confiance dans les institutions et organes de l’État qui ont mission de poser la règle de droit et d’en assurer l’application.
Elles impliquent enfin, justice, équité, honnêteté et rigueur dans l’application de la loi de la part de ceux qui en ont la charge. NUL N’EST ET NE SERA AU-DESSUS DE LA LOI.
La restitution à la justice de son indépendance et son érection en Pouvoir au même titre que le législatif et l’Exécutif, devront tendre à asseoir et à consacrer définitivement ce postulat. L’État (doit) créer les conditions morales et matérielles pour une saine distribution de la justice et pour un meilleur accès de tous à la justice… (Car) sans autorité de l’État, il n’est point de justice véritable.
(…) La restauration de l’autorité de l’État (doit dépasser) le stade de slogan ou de vœux pieux pour devenir une réalité concrète et quotidienne ; car l’ordre social et la stabilité dépendent de la survie de l’État et de l’avenir de la démocratie.
La passion pour le dialogue et la concertation n’est certainement pas antinomique avec la nécessaire affirmation de l’intérêt supérieur de la Nation inviolable et sacré et qui mérite d’être préservé et défendu, quel qu’en soit le prix.
FOIN D’AUTORITARISME, MAIS PLUS D’AUTORITÉ ; JAMAIS PLUS DE LAXISME ET DAVANTAGE DE SENS DES RESPONSABILITÉS
L’État (ne doit plus jamais être) l’otage de quelque individu ou groupe que ce soit.».

C’est cet orateur d’un jour devant la Chambre, voilà 20 ans, que les Maliens ont élu. C’est cet homme d’État de fermeté, trempé, non que d’acier, mais aussi de convictions et pétri d’ouverture que les Maliens attendent de tous leurs vœux.
Par Sambi TOURÉ




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