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lundi 24 janvier 2022
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Transition au Mali: le respect du délai divise le Conseil de sécurité

Des membres influents du Conseil de sécurité des Nations unies restent toujours divisés sur le Mali. Encore lors de la réunion du vendredi 29 octobre sur le Mali, la position des USA s’oppose notamment à celle de la Russie. Alors que le pays de Joe BIDEN appelle au respect du délai de la transition, celui de POUTINE estime que la priorité doit être donnée à la sécurité intérieure.

Cette rencontre sur le Mali a porté essentiellement sur deux points : l’examen de la situation du Mali à la lumière du rapport trimestriel du Secrétaire général et l’examen du compte rendu de la mission du Conseil de sécurité au Mali et au Niger.
Elle a été l’occasion pour les représentants des Etats membres du Conseil de sécurité de donner leur position par rapport à la situation socio-politique et sécuritaire qui préoccupe la communauté internationale alors que le pays traverse une période exceptionnelle depuis le coup d’Etat d’août 2020.
A moins de quatre mois du délai imparti, la tension se cristallise au plan et national et international entre les différents acteurs.
Il y a ceux qui pensent qu’il faut impérativement aller aux élections. Du camp inverse, ceux qui veulent qu’il y ait de la stabilité et sécuritaire à l’intérieur du pays.
La représentante de l’Irlande, Mme Geraldine Byrne NASON, déplorant l’expulsion par les autorités maliennes de M. Hamidou Boly, représentant de la CEDEAO a jugé impératif l’achèvement de la transition politique au Mali, ainsi qu’un retour à l’ordre constitutionnel. Sur ce dernier point, elle constate que les mesures préparatoires aux élections n’aient pas été prises, avant d’appeler à travailler étroitement avec l’Union africaine et la CEDEAO pour favoriser le retour à l’ordre constitutionnel.
Aussi, elle s’est inquiétée que le processus de transition politique, dont beaucoup dépend, soit en péril, avant d’avertir que tout retard dans cette transition ne ferait qu’alimenter l’instabilité politique et sociale, permettrait aux groupes extrémistes d’étendre leur contrôle et exacerberait les souffrances du peuple malien.
A peu près, même position pour les USA représenté à cette réunion par le diplomate M. Richard MILLS qui a jugé « impératif » que la protection des civils reste une « priorité absolue » de la MINUSMA et du Gouvernement de transition. Ce dernier doit continuer de prendre des mesures crédibles pour lutter contre l’impunité et s’assurer que ses citoyens disposent d’un canal politique pour exprimer leurs préoccupations.
Abordant la question politique, elle a demandé au Gouvernement de transition de notre pays de respecter strictement le calendrier de transition vers un gouvernement démocratiquement élu et la tenue de l’élection présidentielle le 27 février 2022. Par ailleurs, bien que ils conviennent que les problèmes de gouvernance et de corruption sont au cœur de l’insécurité au Mali ; les réformes initiées par le Gouvernement de transition devraient, soit être achevées dans les délais convenus, soit confiées à un gouvernement élu pour qu’elles se poursuivent, a-t-il ajouté.
Mme Mills a également affirmé soutenir les paramètres définis par la CEDEAO et reflétés dans la Charte de transition du Mali qui interdisent au Président de transition et au Premier Ministre d’être candidats à la prochaine élection présidentielle. Il est en outre essentiel que les élections soient libres, équitables et administrées de manière transparente. À ce titre, les États-Unis exhortent le Gouvernement de transition à garantir la participation pleine, égale et significative des femmes en tant qu’électrices ou candidates. La délégation américaine a également souligné l’importance des groupes d’observateurs électoraux nationaux en tant qu’outil essentiel pour faciliter l’organisation des élections libres et équitables.
Les États-Unis ont en outre estimé que le Gouvernement de transition doit créer les conditions de stabilité et répondre aux doléances sociales. Cela nécessite la pleine mise en œuvre de l’Accord de paix. Pour cette raison, la délégation se félicite de la nomination par l’Algérie de M. Boudjemaa Delmi à la présidence du Comité de suivi dudit accord. Si elle a salué les efforts déployés pour soutenir le G5 Sahel, elle a toutefois exprimé ses doutes quant au fait que l’ONU puisse être un cadre approprié ou efficace pour un soutien logistique à la Force conjointe du G5 Sahel.
Quant à la Fédération de la Russie, représentée par Mme Anna M. EVSTIGNEEVA, elle a déclaré que tout dépend de la stabilité intérieure de la situation politique au Mali, faute de quoi, le pays « irait vers l’impasse » sur le respect du délai de la transition.
Au moment où certains pays exigent le respect du délai, la représentante la Russie, tout en saluant la visite du conseil au Mali et au Niger, a mis l’accent sur la nécessité de continuer de favoriser un large dialogue avec un large spectre de participation, notamment pour la mise en œuvre de l’Accord et les réformes qui s’imposent.
Il faut faire cela, a-t-elle ajouté, en tenant compte de la réalité sur le terrain et des conditions locales qui exigent des mesures sélectives. Sans rétablissement du contrôle de l’État sur l’ensemble du pays, a-t-elle affirmé, les résultats des élections ne pourront être considérés fiables.
Au plan sécuritaire, il serait, selon elle, irresponsable d’abandonner le Mali à son sort et de réduire l’appui militaire, car il en va de la stabilité de la région. L’impératif est de renforcer la coopération étroite entre les autorités maliennes et la MINUSMA se poursuive. A cet effet, elle a recommandé de prendre des mesures d’adaptation de la Mission, s’agissant en particulier de ses effectifs, en prenant l’avis de Bamako, car ce sont les autorités nationales à qui revient le rôle décisionnel.
Enfin, Mme Evstigneeva a mis l’accent sur le principe de non-ingérence dans les affaires maliennes. Mais le pays étant clef dans la région, elle a estimé que l’idée de la Commission africaine d’un déploiement de forces africaines mérite d’être approfondie.

PAR SIKOU BAH




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