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vendredi 21 janvier 2022
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Transition: le seul agenda…

En séjour dans notre pays du 23 au 24 de ce mois, la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU co-dirigée par l’ambassadeur du Niger auprès des Nations Unies, Abdou ABARRY, et son homologue français Nicolas de RIVIERE, et comprenant notamment l’ambassadrice américaine à l’ONU Linda Thomas-GREENFIELD, a été reçue dimanche, à la Primature, par le chef du Gouvernement Choguel Kokalla MAIGA. Parmi les points à l’ordre du jour, il y avait le calendrier électoral et la durée de la Transition ; la lutte contre l’impunité ; l’arrivée de Wagner…

Ce séjour s’inscrit dans le cadre des consultations périodiques avec les Nations Unies depuis l’établissement de la MINUSMA en 2013. Il s’agit de la 5e consultation du genre a rappelé le chef du Gouvernement.
Les 3 besoins vitaux pour le peuple
Le Premier ministre a dit dans ses propos introductifs que la visite des membres du conseil de sécurité de l’ONU intervient à un moment crucial de la vie de notre nation marquée depuis quatre mois par la rectification de la trajectoire de la Transition, intervenue le 24 mai 2021.
Il a souligné que son Gouvernement, investi le 11 juin 2021 de la confiance du Président de la Transition, le Colonel Assimi GOITA, a été installé dans un contexte où la crispation politique, les grognes sociales et les difficultés économiques faisant peser de graves hypothèques sur la stabilité du pays et sur la cohésion nationale.
Pour autant, pour le chef du Gouvernement transitoire, de toutes ces menaces, celle liée à la sécurité constituait et continue encore de représenter le plus grand péril pour les fondements de notre État et pour l’existence même de notre nation. C’est donc naturellement que dans le Plan d’Action du Gouvernement que le Conseil National de Transition (CNT) a approuvé le 02 août 2021, la sécurité occupe l’ordre de priorité le plus élevé.
M. MAIGA a expliqué à ses hôtes que les différents piliers sur lesquels repose le Plan d’Action du Gouvernement (sécurité, politique, social), inter-liés et interdépendants, résument cumulativement trois besoins vitaux pour le peuple malien, indispensables à la survie de notre pays, à la cohésion de notre nation, à la paix et la réconciliation, à la viabilité de sa démocratie et à la stabilité des institutions constitutionnelles.
Il s’agit du besoin de sécurité dont la finalité est de permettre à l’État d’exercer pleinement ses prérogatives de puissance publique sur l’ensemble du territoire national. En deuxième lieu, du besoin de Justice afin de lutter contre l’impunité et la corruption, deux phénomènes à la base du délitement de l’État. Enfin, du besoin de réformes, voire de refondation.

Chaque chose en son temps
A l’issue d’une séance de travail très assidue, le Chef du Gouvernement, Choguel Kokalla MAIGA, s’est confié à la presse :
« Nous avons expliqué à la délégation officielle que le changement en République du Mali ne résulte pas d’une volonté de l’Armée de prendre le pouvoir ; le changement résulte de la volonté du peuple qui s’est soulevé des mois durant, en laissant sur le terrain des morts et des blessés, c’est cette lutte-là qui a abouti au changement. L’aide patriotique de l’Armée a parachevé la lutte. Aujourd’hui, la légitimité du Gouvernement de Transition réside essentiellement dans la mise en œuvre des revendications que le peuple portait pendant les manifestations. Ces revendications c’est quoi ?
C’est la lutte contre l’impunité et la corruption qui sont à la base de l’effritement, de la déliquescence et de la faillite de l’État malien.
La deuxième revendication, nous avons rappelé que le soulèvement des partis suite à la manipulation des résultats des élections législatives qui veulent plus d’élections crédibles (…) ; nous avons donc décidé de mettre en place un Organe unique, indépendant chargé des élections pour minimiser les risques de contestation postélectorale.
La troisième revendication du peuple, c’est la refondation de l’État, une vaste réforme pour repositionner notre pays dans le 21e siècle en posant de nouvelles bases.
Enfin, sinon prioritairement les questions de sécurité, nous avons rappelé au Conseil de sécurité qu’en 2013, l’intervention de la MINUSMA et de la Communauté internationale, c’était pour faire face à une insécurité résiduelle dans l’extrême nord. Aujourd’hui, l’insécurité et le terrorisme ont occupé les 60 à 80% du territoire. Donc, les forces patriotiques qui sont à la tête de l’État aujourd’hui n’ont d’autre agenda que celui du redressement du Mali, de faire les reformes nécessaires dans un contexte stabilisé, d’aller aux élections, avant de mettre en place les institutions stables qui vont conduire le pays à partir des réformes qui seront faites.
Je pense que la délégation du Conseil de sécurité a eu une oreille attentive, elle a bien écouté et les échanges que j’ai eus après cette séance indiquent clairement que notre message a passé.
Maintenant ce que nous avons dit concernant le calendrier des élections, c’est que les élections ne sont pas une fin en soi. Aujourd’hui, aucun acteur majeur ne peut aller faire campagne en dehors des capitales régionales. Nous travaillons donc à créer un minimum de condition de sécurité pour avoir une large frange de la population, y compris les réfugiés qui doivent revenir au pays pour aller aux élections.
Deuxièmement, ces élections doivent se tenir sur la base des conclusions des Assises nationales de la refondation. Nous reviendrons donc vers la Communauté internationale avec un agenda précis, argumenté, bien documenté pour dire combien de temps la Transition va durer. Est-ce que c’est quelques semaines, quelques mois après le 28 février 2022 ?
Donc, ce qu’on peut dire aujourd’hui, il est acté que les Assises nationales de la refondation se tiendront ; il est acté qu’on doit mettre en place un Organe unique indépendant ; il est acté qu’il faut faire les réformes nécessaires ; il est acté qu’il faut travailler à améliorer la sécurité des personnes et des biens avant d’aller aux élections.
Des questions ont été posées également sur cette campagne médiatique contre notre pays relativement à l’affaire Wagner. Nous avons été très clairs. Nous sommes un État souverain. La sécurité des citoyens d’un pays, c’est le principal élément de légitimation d’un pouvoir. Notre objectif est de nous donner les moyens de sécuriser notre population auprès des partenaires parmi lesquels la Fédération de Russie avec laquelle le Mali a toujours eu, depuis les années 60, des cadres de coopération assez fructueux.
Plus de 80% des militaires maliens ont été formés en ex-Union soviétique, puis en Russie ; plus de 80% du matériel que nous utilisons a été payé en Russie.
Et aujourd’hui, lorsque nous ne pouvons pas acquérir des armements ailleurs parce que, soit ceux qui sont chargés d’acheter les armes détournent l’argent, soit parce qu’on nous bloque suivant divers artifices. Eh bien nous nous tournons vers tous les partenaires qui peuvent nous aider. Pas seulement la Russie, nous avons été très clairs, tous les pays qui sont dans les bonnes dispositions pour coopérer avec le Mali sont les bienvenus. Nous avons mis fin à ce débat qui est un débat ni queue ni tête. Aujourd’hui la sécurité du Mali prime sur toute autre considération ; le reste n’est que procès d’intention ».

PAR BERTIN DAKOUO




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