Trois ans du président IBK: les Maliens évaluent

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4 septembre 2013-4 septembre 2016 : cela fait 3 ans que Ibrahim Boubacar KEITA (IBK) est élu Président de la république du Mali, à l’allure d’un véritable plébiscite. Dans ce cadre, nos différentes équipes ont recueillis auprès des Maliens de tous les bords politiques, leurs impressions sur les 3 ans du quinquennat du Président IBK. Lisez plutôt les réactions.

Mahamane Ibrahim TOURE, président du MODEM : « Au niveau des jeunes chômeurs des efforts ont été déployés ».
Pour parler des trois ans de pouvoir du Président IBK, en termes de création d’emplois pour les chômeurs, je pense qu’il faudrait d’abord définir la situation du pays, c’est-à-dire le système que nous sommes en train de vivre au Mali. Tout le monde sait que le problème d’emploi constitue une situation de chaos mondial. Ce n’est pas seulement au Mali ou en Afrique, mais dans tous les pays du monde. Nous, au niveau du Mouvement des chômeurs, nous sommes convaincus que des efforts ont été déployés. Nous ne mettons pas en cause les chiffres publiés par le ministre BABY, au contraire nous les soutenons. Le Mali regorge des potentialités avec lesquelles on peut créer chaque année 200 000 emplois. Cela a été démontré par beaucoup de choses.
Aujourd’hui ce qui est important pour nous, c’est que nous sommes convaincus que l’APEJ a fait de grandes réalisations. Pour preuve, récemment nous avons fait des tournées pour visiter les fermes des jeunes qui ont été financés par l’APEJ. Dans le domaine de la pisciculture, nous avons vu beaucoup de bassins ; dans le domaine de l’aviculture, nous avons vu beaucoup de fermes avicoles et dans le domaine de l’embouche bovine, nous avons rencontré des jeunes qui ont été installés par l’APEJ. Toutes ces réalisations sont faites sous le régime d’IBK. Nous avons également rendu visite à des jeunes qui ont bénéficié des tracteurs. Loin des débats et critiques stériles, nous avons été sur le terrain pour constater de visu ce qui est en train d’être fait pour les jeunes.
Il reste encore beaucoup de choses à faire ; car le chômage est loin d’être bouté hors du Mali. Nous demandons au président de la République de redoubler d’efforts. Pour nous, il doit incessamment organiser la troisième édition de la bourse de l’emploi et de la formation professionnelle qui peut créer des milliers d’emplois d’ici fin 2017. Pour nous la fonction publique est saturée, et nous ne demandons même pas à y être intégrés. Nous voulons que les jeunes soient accompagnés dans leurs propres volontés. Qu’on accompagne les jeunes en fonction de ce qu’ils veulent faire. Pour cela, il faudrait que le budget de l’APEJ soit renforcé considérablement. Il faut que les décideurs comprennent que les chômeurs ne sont pas leurs ennemis, comme les régimes précédents le pensaient. Au contraire, les chômeurs sont les premiers partenaires des structures qui créent l’emploi. Aujourd’hui nous remercions Dieu ; car il y a beaucoup de structures qui reçoivent et orientent les jeunes chômeurs, même si d’autres restent fermées.

Madou KEITA, jeune leader :
« Les progrès sont visibles sur le plan social ».
Les progrès réalisés par le gouvernement du Mali, sous le régime du Président Ibrahim Boubacar KEITA, sont très visibles sur le plan social. L’on peut citer, entre autres, l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel qui passe de 28 460 FCFA à 35 000 FCFA en 2015 et à 40 000 FCFA en 2016 ; l’augmentation de la valeur indiciaire de la fonction publique de 10% en 2015, de 3% en 2016 et 7% en 2017 ; l’augmentation des allocations familiales de 1 500 FCFA à 3 500 FCFA par enfant et 4 000 FCFA par enfant handicapé. Aussi, il y a eu la diminution du taux de l’ITS (impôt sur les traitements des salaires) de 8% avec rétroactivité à partir du premier juillet 2015 ; la baisse des coûts de l’électricité en ramenant le tarif à celui DV 2007 ; la baisse du prix de certaines denrées de première nécessité comme le riz, le sucre….
Dans le domaine de l’électricité, je peux citer le renouvellement de certaines centrales thermiques ; la construction dans un bref délai de la plus grande centrale solaire de la sous-région dans notre pays.
Dans le domaine agricole, le régime a ponctué la subvention des engrais et des machines agricoles pour venir en aide au monde rural. Il y a eu également l’augmentation du prix du kilogramme de coton à 250 FCFA…

Hamed Baba KOUNTA, président des bénéficiaires des kits de l’APEJ : « Le bilan des trois ans est positif ».
Sur les trois ans de pouvoir d’IBK, beaucoup d’efforts ont été consentis ; même si beaucoup reste à faire. Au sein de notre mouvement, nous nous félicitons pour ce qui a été fait et nous sommes de cœur avec les jeunes qui n’ont pas eu d’opportunités. Nous pouvons dire que c’est un bilan positif. Si le gouvernement continuait sur cette lancée, je pense que d’ici la fin de ce quinquennat d’IBK l’objectif des 200 000 emplois sera atteint.
Comme proposition, il est nécessaire d’augmenter le budget de l’APEJ. Il serait mieux de créer un fonds d’investissement pour les jeunes. Cela permettrait de concrétiser leurs projets. Nous constatons que beaucoup de jeunes déposent leurs projets à l’APEJ et par contre ils ne sont pas financés. Au niveau du Collectif des bénéficiaires des kits de l’APEJ, nous avons fait des investigations pour savoir ce qui ne va pas, et les structures en charge de l’emploi des jeunes nous ont fait savoir qu’elles sont confrontées à un problème de budget. La volonté est là, de la part des jeunes ; mais leurs projets souffrent des difficultés de financement. La solution serait que le gouvernement crée un fonds spécial pour les jeunes chômeurs.

Ibrahim DOUMBIA dit Bèfo :
« Je demande à l’État de prendre les jeunes chômeurs pour combler les 13 000 postes vacants ».
Ce qui est à saluer chez IBK c’est qu’il a la volonté pour servir le Mali. Les autorités doivent créer l’espace d’autonomisation des jeunes à travers l’entrepreneuriat. Il faudrait la mise en place d’un centre chargé de la banque des données. Cela permettrait de mettre à disposition le nombre exact des chômeurs. Sur les 200 000 emplois promis par le Président Ibrahim Boubacar KEITA, le ministre de l’Emploi a donné le nombre d’emplois créés à ce jour.
Je voudrais attirer l’attention du gouvernement sur un problème qui me tient au cœur. En effet, lorsque le contrôle physique a été fait au sein de l’administration, il a été décelé plus de 13 000 emplois vides. Des postes vides qui contribuent à dilapider l’argent du contribuable malien. Puisque le pays est confronté à un problème de chômage, je demande à l’État de prendre les jeunes chômeurs pour combler ces postes. En donnant ces postes aux jeunes, cela ne sera plus un budget supplémentaire pour l’État ; car la somme est déjà un acquis.
J’encourage le Président IBK à continuer à éclaircir certaines situations dans notre pays. Il faut que d’autres contrôles soient effectués au niveau de la fonction publique pour constater s’il y a encore des postes vacants pour les jeunes.
Je demande également aux autorités de mettre l’accent sur l’initiative privée en développant l’entrepreneuriat jeune. Le premier aspect qui fait que la rébellion s’accentue est le chômage. Tant que les jeunes n’ont pas d’emplois, ils seront influencés par les groupes terroristes.

Abdoulaye Salam MAIGA : président du mouvement jeunesse progrès : « IBK est venu trouver un pays en guerre et un pays dans lequel l’État était menacé ».
Ce que j’ai à dire concernant les trois années de pouvoir d’IBK est simple. C’est quelque chose qui n’est pas caché aux Maliens. Nous savons tous que le Président IBK est venu trouver des difficultés qu’il n’est pas facile de réparer dans l’immédiat. Donc j’invite les Maliens à comprendre qu’il y a quelque chose qui est là et qui n’est pas du tout facile. Les Maliens pensaient que quand il accédera au pouvoir, IBK trouverait immédiatement une solution à tous les problèmes de la République. IBK est venu trouver un pays en guerre et un pays dans lequel l’État était menacé. Aujourd’hui les procédures sont là et il faut les respecter pour que le pays soit en paix. J’invite la jeunesse à comprendre que ce n’est pas dans l’immédiat qu’on pourra trouver une solution à tous les problèmes de la nation. D’ailleurs tous les pays qui ont connu la guerre sont forcément passés par ces paramètres. Je ne soutiens pas IBK et il ne m’a jamais accordé une faveur ; mais pour l’intérêt de la nation, je pense qu’il n’est pas question d’être du RPM, de la Majorité ou de l’Opposition. Nous devons regarder l’intérêt de la nation pour dire les choses concrètement.

Adama B COULIBALY :
« J’ai constaté en IBK un président qui a la volonté de faire quelque chose pour son pays ».
Ce que j’ai constaté durant les trois ans de pouvoir d’IBK est qu’il y a eu des avancées sur pas mal de plans ; même s’il y a eu des régressions dans certains domaines. Moi je pense qu’il faut aujourd’hui qu’il y ait un consensus politique parce que vu l’état de la nation et la conjoncture politique actuelle les incertitudes sont à tous les niveaux. Surtout au niveau des jeunes il y a la manipulation. Pendant ces trois ans, on a vu en IBK un président qui a la volonté de faire quelque chose pour son pays. Peut-être, malheureusement, il n’a pas les hommes qu’il faut autour de lui. Donc je l’invite à tout faire pour qu’il y ait des hommes valables pour l’aider dans sa mission.
Le bilan des trois ans est acceptable, dans la mesure où il y a une pression internationale sur le pouvoir. Nous comprenons que ce n’est pas parce qu’il a peur qu’IBK a laissé son comportement de révolutionnaire ; mais parce qu’il est devant un peuple qui a beaucoup de problèmes auxquels il faut chercher des solutions. Nous devons tous aider IBK à réussir sa mission.

Youssouf TRAORE dit Baïssou, enseignant :
«Je trouve qu’il fait de son mieux».
De façon générale, je dirais que le bilan n’est pas mal. A mon avis le bilan n’est pas mal, par qu’on craignait une certaine rupture par rapport aux acquis. Je trouve qu’il fait de son mieux ; son gouvernement fait de son mieux pour que les choses aillent de l’avant.
Quand il prenait le pouvoir en 2013, les attentes étaient à un niveau très élevé, surtout par rapport à la crise du Nord. Il a fait des efforts à ce niveau et ça va. Au moins, avec les Accords qu’il a signés, on espère que ça va donner tôt ou tard des résultats.
Sur le plan social, c’est à ce niveau que le bât blesse, un peu, parce qu’il y a eu trop de remous. Comme vous le savez, que ça soit au niveau des commerçants, des religieux, au niveau sportif, il y a trop de problèmes. Même s’il a su les gérer avec calme. Au regard de tout ça, je dirais que le bilan est positif. Je ne suis d’aucun parti politique, mais je pense que ça va. On espère qu’avant la fin de son mandat, on puisse faire des progrès sur les différents points que je viens de souligner.
Je ne partage pas totalement l’avis des uns et des autres sur certaines questions. Dans n’importe quelle société, il y a des crises. Et s’il y a des choses qui vont dans le sens du développement du pays ; même si va contre l’intérêt de certains, il faut les accepter. Et c’est ce qui arrive maintenant. Je trouve que sur certains plans, les gens sont mécontents, mais pas à juste titre. Je dirais qu’ils doivent accepter de le laisser travailler et attendre de voir le résultat et en ce moment faire un bilan.
Les décisions prises récemment, que ça soit le cas des déguerpis, et même la crise qu’on a connue avec l’arrestation de Ras Bath, je dirais que l’Etat n’a pas fauté. L’Etat est dans son droit. Je partage entièrement la position du gouvernement sur ces questions.

Sidy TRAORE, jeune diplômé sans emploi
«Je soutiens le Président IBK».
Je soutien le Président IBK. Je trouve que c’est une bonne personnalité. Là où nous sommes, on n’a pas de boulot à faire. A cause ça, on est un peu fâché, parce qu’il nous avait promis 200 000 emplois, et jusqu’à présent, on n’a pas de boulot. Sinon, j’ai voté avec le RPM, car je trouve que IBK est un bon dirigeant.
Pour l’Accord, je trouve qu’il fait de son mieux, mais on ne peut pas tout faire en même temps.
J’apprécie beaucoup l’opération de déguerpissement que le gouverneur du District a initiée. C’est une très bonne chose. C’est le début, de mandant, et IBK est un bon travailleur ; il connait bien le pays. Pour moi, 5 ans c’est trop peu par rapport aux nombreux défis. C’est pourquoi, j’exhorte les Maliens à voter pour lui pour un second mandat.

Mme D IABATE Fatoumata DIAKITE, enseignante : « On ne voit même pas l’argent circuler ».
Je trouve que les temps sont durs, surtout pour nous les femmes. On ne voit même pas l’argent circuler. La principale chose qui a changé avec IBK, c’est qu’il nous a permis de mieux comprendre la crise du nord. Sinon, tout est dur. On a appris par les rumeurs qu’il ne s’entend plus avec les Blancs qui sont en train de l’empêcher de réaliser ses projets.
A son élection, on avait beaucoup confiance en lui, mais aujourd’hui, on ne le comprend plus. On pensait qu’il allait tenir tête aux Blancs, mais aujourd’hui, on a le sentiment qu’il se laisse faire.

Mme COULIBALY Kadidatou TRAORE, directrice d’école : « J’invite le président à tout faire pour assurer l’autosuffisance alimentaire ».
Je trouve que la pauvreté s’est rependue. Je ne sais pas pourquoi, mais aujourd’hui on voit que le gaz est cher, le courant est cher, l’école est difficile, etc. Il est vraiment difficile de joindre les deux bouts, et quand cela arrive dans le pays, ça marque les gens. Un moment, on avait initié un projet de loi pour réglementer la location. Cela nous avait donné beaucoup d’espoir, car la location est aussi chère. Malheureusement, on ne parle plus, aujourd’hui, de ce projet. Il faut contrôler le prix des choses.
J’ai appris qu’on cultive le blé chez nous, mais on se rend compte que le prix du pain a grimpé de 250 à 350 F CFA tout d’un coup.
J’invite le président à tout faire pour assurer l’autosuffisance alimentaire, car tout est cher au marché.

Abdrahamane BAMBA, étudiant à l’ISFRA : «Il y a des réformes à mettre en œuvre».
Globalement, on peut dire que le bilan de ces années est mitigé. Personnellement, je le trouve un peu mitigé, quand on prend les grands domaines de développement du Mali. Sur certains plans, on voit qu’il y un peu de stabilité.
Mais sur d’autres plans, il y a encore beaucoup d’attentes. Je crois que le gouvernement doit encore faire des efforts pour corriger les insuffisances à ces niveaux pour avoir un bilan à hauteur de souhait.
Concernant, par exemple, l’éducation globalement on peut dire que le front scolaire a été moins agité sous IBK, même si certaines des revendications de certains syndicats ne sont pas encore satisfaites.
Sur le plan des résultats des élèves, parce que le taux est un peu élevé.
Sur le plan de la santé, la couverture sanitaire est aussi satisfaisante, même s’il y a des politiques à revoir vis-à-vis de la santé publique.
La sécurité reste la grande interrogation du mandat d’IBK. Notamment dans les régions du nord. Le problème, à mon avis, c’est le blocage du processus de mise en œuvre de l’accord de paix. Il y a surtout la question de Kidal que les Maliens attendaient avec beaucoup d’impatience. Malgré les accords, le problème reste entier. Même s’il faut, quand même, saluer la signature de l’Accord et reconnaître qu’il y a un processus qui a été enclenché pour sa mise en œuvre. Peut-être que ça va lentement, mais sûrement. Il faut reconnaître une certaine impatience chez les gens qui trouvaient qu’il fallait vite régler les choses et tourner la page de la crise ; retrouver une certaine stabilité pour se tourner vers les vraies questions de développement du pays. Comme cela n’a pas été le cas, cela fait que beaucoup de gens sont restés sur leur faim.
Si l’Accord était appliqué, beaucoup de problèmes de nos jours auraient trouvé leurs solutions.
En dehors de régions du nord, on constate que le reste du pays connaît cette crise sécuritaire. Notamment au centre du pays avec les nombreuses attaques de ces derniers temps et l’insécurité à Bamako.
Au regard de cela, on peut dire que la question de la sécurité reste le principal défi pour le régime.
Sur le plan économique, certes on n’a pas encore tourné la page, je pense que la stabilité y ait déjà. Même si là également, il y a beaucoup d’attentes. On doit partir de cette stabilité pour créer une économie progressiste capable de répondre aux préoccupations des populations, d’améliorer les conditions vie et de travail.
C’est pourquoi je pense que la sécurité et la paix doivent rester les deux priorités pour les deux ans à venir. Sans ces deux facteurs, on ne peut pas parler de développement.
En plus de ces deux priorités, il y a aussi des reformes qu’il faut mettre en œuvre le plus tôt que possible. À ce niveau, je pense particulièrement de la régionalisation qui est en vue. Si la régionalisation est effective à tous les niveaux, je pense que cela permettra à l’État d’être un peu plus proche des populations. Et .ces populations se sentiront plus concernées dans les questions de développement de leur localité, et l’État sera plus efficace dans la gestion des questions de gouvernance publique. Toutes ces réformes mises en œuvre nous permettront de jeter les jalons d’un développement effectif.
Sur le plan sous régionale, je pense qu’il y a des efforts à faire pour que le cadre malien puisse avoir le même traitement que les autres collègues de la sous-région. Aujourd’hui, les gens perçoivent mal les conditions de vie des Maliens par rapport à certains pays de la sous-région. Il y a des attentes à ce niveau et on pense que le Mali peut mieux faire…

Mamadou SISSOKO, enseignant :
«Le favoritisme et l’impunité constituent encore des préoccupations».
Il n’est pas facile de dégager un bilan conséquent, puisqu’à mon entendement IBK est venu trouver un Etat en crise où l’autorité malienne n’avait ni le premier ni le dernier mot. Concernant les problèmes qui préoccupent les Maliens, surtout, la réconciliation nationale, la reconstruction de l’État. Au-delà de ça, je pense que 3 ans, c’est insuffisant pour faire une appréciation fiable.
Mais, je crois qu’avec l’application des textes qu’on est en train d’observer, le pays se tira du gouffre. Pour cela, il faut le peuple se mobilise dernière les autorités. Car, on a constaté qu’au Mali, on parle beaucoup, nous discutons, nous condamnons les choses dans les «grins», mais le peuple n’agit pas et laisse tout sur le dos des autorités.
Je pense qu’il doit veiller sur certaines irrégularités au niveau de l’administration, parce qu’au Mali, on constate qu’un responsable donné peut s’ingérer dans toutes les affaires administratives. Il arrive aussi qu’il y ait d’autres défaillances sans sanctions. Ce, alors qu’il nous a promis de donner une suite judiciaire au rapport 2013-2014 du Vérificateur général. On reste encore sur notre faim sur cette question. Et jusqu’à présent le favoritisme et l’impunité sont des préoccupations.

Mamadou DIABATE, sociologue :
«Il faut que le Mali retrouve son intégrité territoriale».
Je pense qu’il est difficile de dresser le bilan. Quand IBK prenait le pouvoir, le Mali n’existait pas en tant qu’État. C’est pourquoi je pense qu’il faut que le Mali retrouve son intégrité territoriale pour qu’on puisse parler de bilan.
Pour moi, le moment n’est pas encore venu pour qu’on parle de bilan. On constate, sur le plan de la mise en œuvre de l’Accord d’Alger, que ça traîne un peu. À qui la faute ? Je ne saurais le dire.

Ibrahima S. FOFANA, socio-anthropologue : « Il a su réunir les groupes armés autour d’une table».
À mon avis, le bilan des 3 ans d’IBK au pouvoir est positif. Car il a su réunir les groupes armés autour d’une table et aboutir à une feuille de route. Il a su garder les institutions démocratiques en place, malgré que le Mali vienne de très loin. Il a su redorer l’image du pays à l’extérieur. Il est important de rappeler que plus de 70% des Maliens l’ont choisi pour la gestion de la crise sécuritaire au Mali. Et la solution n’est pas exclusivement militaire. Cependant il est important de souligner qu’IBK doit davantage renforcer la présence de l’État au centre du pays et promouvoir davantage la paix et l’accalmie.

Aminata Koné, Comédienne :
« Les femmes ont le rôle de cultiver la paix »
Après toutes ces crises, il n’est pas évident de voir tout en rose. Pour moi, le bilan de trois ans du Président IBK est satisfaisant. Si on prend l’exemple d’autre pays, l’après-crise est une véritable catastrophe. Il y a des pays qui ont sombré totalement après une crise politique. Mais au Mali, nous avons connu une crise politique, ayant conduit au Coup d’Etat, la rébellion et même le terrorisme. Malgré tout, les fonctionnaires sont payés à la fin du mois, souvent même en avance. Il faut tout simplement voir les choses de bon côté. Ça va aller inch Allah. Les femmes ont le rôle d’apaiser le climat d’une société. J’en appelle à toutes les femmes du Mali pour jouer notre partition dans la quête d’un Mali Un et indivisible et en paix

Ibrahim Mariko, Maçon :
«Nous devons être objectifs »
L’heure n’est pas à crier à la catastrophe comme le dit les opposants. Nous, Maliens lambda, nous devons avoir un esprit critique, mais objectif. On ne doit pas nous laisser distraire par des discours politiques des gens qui ne souffrent pas de cette crise. Si ça barde, eux, ils vont à l’extérieur du pays. D’ici la fin de son quinquennat, nous devons l’aider à relever les défis. Ce Mali est pour nous tous, pas à IBK seul. Donc, pour un bilan de trois ans, je trouve que ça va, même s’il y a des points à améliorer. Je trouve que ça va pour l’instant.

Korotoumou Koné, Jeune diplômée :
« Je trouve le bilan satisfaisant »
Après tous ces terroristes et ces rebelles des différents groupes armés, cette quiétude dans nos grandes villes n’était pas évidente, avec certains hommes d’Etat. Malgré les cas d’attaques terroristes dans certaines parties du pays, j’ai la conviction que le Mali ira bien dans un futur proche. Avec des recrutements des jeunes engagés dans l’armée, je suis sûre que le bout du tunnel n’est pas loin. Le bilan est satisfaisant. Je lui conseille par contre d’être attentif sur les préoccupations des Maliens lambda. L’emploi des jeunes doit être sa priorité. Je suis optimiste, car 3 ans, n’est pas 5 ans. Une fois de plus, nous posons notre espoir sur lui.

Seriba Traoré, Chauffeur :
« Je suis optimiste »
Si ce n’était pas IBK, le Mali allait être comme certains pays de la sous régions, qui après seulement une crise politique. J’en connais même qui ont sombré dix ans dans le désespoir et ont enregistré des chiffres exorbitants des meurtres et des viols que le Mali n’ait connu, malgré la crise multidimensionnelle.
Nous dévons nous donner la main pour que le Mali se débarrasse de tous ces problèmes. Je suis optimiste pour le reste de son 1er mandat. Je lui propose d’organiser une séance de dialogue avec les populations. Je ne parle pas de l’espace d’interpellation démocratique (EID). Il doit effectuer des visites inopinées dans les quartiers pour s’imprégner des vraies préoccupations des Maliens.

Aliou Badra Bah : Ingénieur :
« IBK travaille »
IBK travaille. Mais, il y a trop de défis qu’il faut relever en même temps. Les gens doivent savoir que la baguette magique ne résout aucun problème. Il est en train de les résoudre par étape. Les gens qui sont en train d’accuser le gouvernement pour un oui ou un non ne pourront même pas tenir 3 mois, à plus forte raison 3 ans.
Si le Mali est dans l’impasse, c’est à nous qui n’avons pas de passeport diplomatiques de ramasser les pots cassés. Donc qu’ils nous laissent travailler.

Amadou Yalcouyé, Conseiller technique au ministère des Sports :
« Je suis à l’aise avec ce bilan »
En tant que Malien, je suis très à l’aise de juger le bilan et de donner mon avis sur les trois ans du Président de la république.
Je dirai haut et fort et de façon objective que ce bilan à mi-parcours est très positif. Sur le plan du Sport, vous aller constater avec moi des changements positifs sur la politique même de la gestion des affaires sportives et au niveau des infrastructures.

Kadiatou Keita, Malienne résident à Dakar : «Le Mali n’a pas de mauvaise image à l’étranger »
Nous sommes des Maliens très respectés au Sénégal, contrairement à ce que d’autres affirment que le Malien a honte de sa nationalité hors du pays.
Au contraire, c’est maintenant que nous levons notre tête parmi les autres Africains. Que les gens sachent que le Mali n’est pas IBK seul, c’est nous tous. Dénigrer l’image du Mali en voulant faire du mal à IBK n’est pas une action patriotique.
Que le Président de la république sache que je suis fière de mon pays, où que je passe.

ALI Diarra, Assistant de projet :
« Ça va aller inch Allah »
Aucun Président ne peut remettre le pays sur les roulettes après tant de crise.
Soyons patient, ça va aller. Je trouve ce bilan satisfaisant, malgré des petits problèmes. La tâche est dure pour IBK, il faut l’aider à relever le défi d’un Mali uni et prospère. Ça va aller inch Allah

Propos recueillis par Modibo KONE, Abdoulaye OUATTARA, Sékou CAMARA, et Christelle KONÉ

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