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mercredi 20 septembre 2017
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un confrère du faso raconte: la blaisocratie rattrapée par ses turpitudes

Ite missa est.  La messe est dite pour Blaise. Apres plus d’un quart de siècle de ruse et d’intrigues subis par un peuple burkinabé très pacifique et tolérant, le vrai faux «homme fort « du Burkina a été rattrapé par son passe.

La mobilisation historique des populations de ce jeudi 30 octobre 2014 est un hommage rendu a toutes les victimes du système Compaoré, a commencer par le capitaine Thomas Sankara lâchement assassine le 15 octobre 1987.

La principale leçon que l’on peut tirer de l’insurrection qui a balayé le régime de Blaise Compaoré et de ses affidés est qu’il ne faut jamais essayer de «Peter plus haut que son derrière «.

Pendant plusieurs années, le fameux enfant terrible de Ziniaré a rusé avec tout le monde. Il a mis en place un système de corruption et de manipulation qui profite a un clan de personnes obligées de l’encenser au point de se couper complètement de la réalité sociopolitique de leur propre pays. Toujours aussi insatiables comme leur «champion «, ces personnes ont pousse le bouchon jusqu’à croire que le peuple burkinabé était devenu si bête qu’on pouvait lui faire avaler tout et n’importe quoi.

Victimes de leur

gloutonnerie

Le projet de révision de l’article 37 de la Constitution est l’illustration parfaite de cet aveuglement de courtisans complètement déconnectés.

Et parce que ces intellectuels a la petite semaine, ces ministres et députes opportunistes pensaient ainsi continuer a profiter de la boulimie du pouvoir de Blaise Compaoré, ils ont entrepris de faire accepter l’inacceptable. Tellement convaincus de leur inconséquence, ils sont ales jusqu’à vendre leurs âmes au diable.

Plus rien ne pouvait encore les ramener a la raison en dehors de la détermination de ces jeunes gens qui leur ont prouve le 30 octobre dernier qu’ils étaient capables d’aller leur «faire la fête « jusque dans leur retranchement à l’hémicycle de l’Assemblée nationale.

Ou sont donc passes les Gilbert Noel Ouedraogo de l’ADF/RDA, Hermann Yameogo et autres politiciens opportunistes qui croient avoir fait le bon choix en misant sur le mensonge ? Fils d’anciens dirigeants de ce pays, ces leaders politiques qui avaient pourtant leur avenir devant ont fait le mauvais calcul en misant sur le plus mauvais cheval qui soit pour le processus démocratique burkinabé.

Obnubiles qu’ils étaient par l’argent facile qui leur était versé par un clan Compaoré vide de ses têtes pensantes, ils n’ont pas résisté a la tentation de l’égoïsme. Ils voulaient tout pour eux et rien pour les opposants. On se souvient qu’il y a quelques années, le premier a été utilisé pour discréditer le second, toujours a la solde du parti au pouvoir et de son président.

Aujourd’hui, toute honte bue, les deux se retrouvent a travailler pour le même employeur, a l’aider à commettre une sale forfaiture politique contre leur propre peuple. Mais comme «Dieu ne dort «, ils ont été payés a la hauteur de leur gloutonnerie.

Que dire de ces ministres moutons qu’on a utilisés le 21 octobre pour avaliser le projet de loi de modification de l’article 37 ? Ces gens parmi lesquels il y avait des intellectuels chevronnés, des personnes respectées et respectables ont choisi de se denier, de renier leur intégrité et leur intelligence.

Malléables et corvéables a souhait, ils ont accepté de suivre bêtement une décision visiblement suicidaire pour eux et pour celui qu’ils croient ainsi supporter. Jusqu’au 30 octobre, on s’attendait de voir au moins un d’entre eux exercer, ne serait-ce qu’une fois, leur raison en se répartissant de cette aventure sans lendemain. Mais hélas, tous se sont laisses embarques.

Des ministres et leaders moutons

On comprend peut-être la position maximaliste de certains zèles du parti au pouvoir comme Assimi Kouanda ; du gouvernement comme le désormais ex-ministre Alain Edouard Traore ou encore le maire de Bobo-Dioulasso Salia Sanou. Si tous ces gens rasent aujourd’hui les murs et ont disparu de la circulation, ils ne font que récolter les fruits des graines de la haine et de la division qu’ils ont semés. Profitant des fonctions auxquelles ils ont été portés accidentellement, ces hommes se sont crus plus royalistes que le roi au point de mettre en péril les biens dont ils avaient la charge. Aussi irresponsable que cela est apparu les déclarations va-t-en-guerre de ces hommes n’ont pas manqué de produire leurs effets ce jeudi 30 octobre lorsque des foules d’insurges se sont déchainées dans les rues et dans les quartiers. Si les manifestants sont allés incendier le siège du Parlement, c’était pour prouver aux dirigeants du parti au pouvoir et à ses alliés qu’ils ne pouvaient pas tout se permettre dans ce pays. A l’endroit d’Assimi Kouanda qui ne s’est pas embarrassé de déclarer publiquement que «s’ils brulent vos maisons, brulez aussi les leurs «, la réplique de la foule a été impitoyable.

Puisque les forces de l’ordre –sur lesquelles les dirigeants du CDP comptaient tant pour narguer le

peuple- ont décide de laisser faire, alors ce qui devait arriver arriva. Face a la furia des jeunes gens a moto, il n’y avait personne pour les empêcher de mettre a feu et a sac des domiciles luxueux des nouveaux riches et des bronzés du pouvoir.

Cette situation déplorable et très regrettable, on aurait pu l’éviter simplement en modérant le langage, en se souvenant que les hommes et les femmes passent, mais la vie continue.

Ils ont pense, comme leur mentor, qu’ils seraient aux commandes du pays ad vitam aeternam et que les protections sécuritaires qui leur permettaient de parler au hasard n’allaient jamais leur faire défaut.

Comme Blaise Compaoré, ils ont été victimes de leurs propres turpitudes.

Et c’est vraiment dommage.

 

A ruse, ruse et demi

Sans vouloir dire qu’ils ont mérité ce qui leur est arrive, ils ne se sont pas moins trop exposes par des déclarations provocatrices qui se moquaient, a la limite, de l’intelligence des autres. Sans doute a l’instar de Blaise Compaoré lui-même qui affichait un mépris condescendant vis-à-vis de ses  opposants, certains de ses ministres et de chefs de partis ont pensé qu’ils pouvaient aussi faire pareil. Cette blaisocratie qu’ils ont contribué ainsi à fabriquer n’était qu’une imposture qui n’a pas résisté aux premiers coups de colère d’une population frustrée pendant plusieurs années.

Bien évidemment, le grand sachem et son entourage n’ont pas eu l’intelligence de prévenir le malheur qui s’est abattu sur eux le 30 octobre dernier. Ils n’ont jamais pensé que, comme un seul homme, le peuple pouvait se lever pour imposer sa souveraineté de façon aussi violente.

Face a des gens décidés et des opposants soudes et déterminés, le système Compaoré si adule a l’extérieur est apparu comme un géant aux pieds d’argile. Il n’a même pas résisté pendant 48 bonnes heures.

N’eut été une garde de sécurité présidentielle restée fidèle malgré elle, ces jeunes gens qui, ont courageusement, pris la direction du palais de la présidence de Kosyam, s’y seraient rentrés aussi facilement qu’ils ont fait au parlement.

Comme pour rendre justice au capitaine Thomas Sankara, le sort a voulu que ce soit aussi a un mois

D’octobre que le château de cartes qu’était le régime Compaoré est tombe. Il a beaucoup ruse pendant des années, se montrer dans la peau de «médiateur « et de «facilitateur « de crises dans la sous-région, son passe a fini par le rattraper. Il a montre son incapacité à satisfaire l’aspiration de son peuple a la démocratie, la vraie.

Pour avoir choisi la boulimie du pouvoir a vie, son système a fini par succomber par overdose. Il se croyait plus malin que tout le monde, il a suffi seulement de 48 heures pour le balayer.

 

 




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