Usurpation de titres fonciers à Bamako: l’union tire sur la sonnette d’alarme

Les responsables de l’Union des associations et coordinations d’associations pour le développement, la défense des droits des démunies (UACDDDD), appelée Union, ont animé dimanche dernier à son siège à Niamakoro, une conférence de presse focalisée sur le contentieux autour de 3 litiges fonciers, à savoir: la destruction de 152 hangars des commerçants détaillants du marché de Faladiè par la marie de la Commune IV, l’extension d’une mosquée à Niamakoro koda sur les habitations de 5 familles ; et la menace de déguerpissement des populations de Kalaban Est par un riche topographe.

La conférence de presse était animée par le secrétaire chargé des affaires juridiques de l’UACDDDD, Taka MINTA, qui avait à ses côtés, le président de l’Union, Soungalo KONE ; ainsi que les représentants des victimes, notamment de Mme Assétou SAMAKE, et Youssouf DIARRA, victimes de l’extension de la mosquée de Niamakoro ; Sékou CAMARA, secrétaire général du Collectif des habitants de Kalaban Est ; Idrissa DIALLO, vice-président de l’Association des revendeurs de produits maraichers (AVPM), etc.
Dans les trois cas d’espèces, l’on constate que ce sont des paisibles citoyens qui, en raison de leur statut de pauvres, sont victimes de l’Administration communale ou des riches.
A l’entame de ses propos, le principal conférencier, Taka MINTA, a souligné que le foncier est devenu la principale préoccupation des Maliens sous l’ère démocratique et que les pauvres en sont les principales victimes.
Ainsi, rapporte-t-il, le mardi dernier, derrière la cour des Douanes de Faladié, une colonne de policiers a débarqué, au moment où le marché est bondé de monde, avec des bulldozers pour détruire, sans sommation, tous les hangars provocant beaucoup de pertes en matériels.
Ensuite, révèle M MINTA, à Niamakoro, 5 familles voisines d’une mosquée ont été détruites sur instruction des membres du Comité de gestion de ladite mosquée dans le but de son extension.
Selon le conférencier, aucune disposition n’a été prise par les responsables de la mosquée pour mettre les victimes dans leurs droits. Cet acte, dira le conférencier, n’est pas le fait des hommes politiques ou des commerçants qui sont généralement les bourreaux des pauvres, mais évidemment celui des communautés religieuses.
Les victimes de ce projet racontent que les responsables de cette mosquée projettent d’étendre non seulement la mosquée, mais aussi construire une école médersa dont les dividendes serviront à entretenir l’imam. Mais derrière ces prêches, les victimes accusent un riche commerçant de la place d’instrumentaliser le Comité de gestion de la mosquée.
Aussi, à Kabala Est, indique-t-il, le propriétaire d’un titre foncier, un riche topographe, selon le conférencier, est en train de terroriser les populations.
Dans les documents officiels, son titre est érigé sur une parcelle d’un demi-hectare sis à Gouana. Mais ce dernier, avec la complicité de la Justice est venu prendre en otage les populations de Kalaban Est les accusant d’occuper son titre foncier d’une superficie de 5 hectares.
Aujourd’hui, a-t-il souligné, les populations victimes ont fait appel à tous les niveaux sans succès. Pis, ce que déplore le conférencier, c’est qu’une fois qu’un prédateur se présente avec un Titre foncier, la Justice malienne ne veut plus entendre les victimes.
En tout état de cause, a-t-il prévu, les populations victimes ne sont plus prêtes à se laisser faire. C’est pourquoi, alerte-t-il, l’Union invite les plus hautes autorités du pays à s’impliquer dans la gestion du foncier en général et ces trois dossiers en particulier pour que les victimes recouvrent leurs droits.

Par Abdoulaye OUATTARA

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