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mardi 21 novembre 2017
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Utilisation des vaccins inactivés au Mali: les professionnels s’inquiètent des risques

L’élevage, malgré sa 3e place, en termes de contribution à l’économie de notre pays, est confronté à de sérieux problèmes de suivi, à travers les vaccinations. Le constat a été fait hier lundi, par les acteurs du secteur, à la Bibliothèque nationale, qui abrite du 21 au 22 de ce mois, la 13e session de l’Assemblée générale ordinaire de vétérinaires mandataires du Mali (ANAVEM). Ladite assemblée est couplée à la formation des membres de l’ANAVEM sur «la gestion de certaines affections des équidés sur le terrain».

Le représentant du ministre de l’Elevage et de la pêche, le Dr Waraya KONE a présidé la cérémonie d’ouverture de la rencontre en présence du Directeur national des vétérinaires du Mali (DNSV), Cheick Oumar FOMBA ; du président de l’ANAVEM, Mady KEITA.
Y étaient également présents : des membres de l’association venus de plusieurs localités du pays ainsi que d’autres acteurs du sous-secteur de l’élevage.
Selon le président de l’ANAVEM, la présente assemblée générale ordinaire est une rencontre annuelle d’échanges et de partages des vétérinaires mandataires du Mali sur les problèmes et difficultés auxquels, ces derniers sont confrontés ainsi que l’opportunité de faire le point des actions réalisées en faveur du développement du secteur de l’élevage.
Pendant cette 13e session, a-t-il précisé, les participants échangeront sur le bilan d’activités de l’ANAVEM avant d’élaborer le programme d’activités au titre de 2017-2018.
Par ailleurs, a souligné Mady KEITA, le secteur de l’élevage apporte énormément à l’économie nationale du Mali, en référence aux données de 2013 de l’Institut national de la statistique (INSTAT).
«Ces chiffres nous renseignent que l’élevage contribue dans l’ordre de 38% au PIB du secteur agricole et 12% au PIB national. Selon la même source, notre pays, qui a une importante quantité de cheptel, exporte environ 20% de sa production d’animaux sur pieds dont les valeurs sont estimées entre 55 et 60 milliards de FCFA par an. Grâce à cette contribution, l’élevage occupe la 3e place dans la balance commerciale du pays après l’or et le coton», a fait savoir M KEITA. Cependant, a-t-il conseillé, pour garder cette place, le pays doit assurer un suivi de son cheptel, à travers les vaccinations. Pour ce faire, il a plaidé qu’il soit mis dans les conditions idoines de travail les vétérinaires mandataires qui effectuent les missions de vaccinations du cheptel.
«70 à 75% des vaccinations sont effectuées par les titulaires du mandat sanitaire. Malgré cela, les titulaires du mandat sanitaire travaillent dans des conditions extrêmement difficiles », a indiqué le président de l’ANAVEM avant d’énumérer quelques difficultés de l’association. Il s’agit, notamment des ruptures intempestives de vaccins au niveau du Laboratoire central vétérinaire, qui s’empirent d’année en année ; les tracasseries administratives ; l’insuffisance de l’appui de l’Etat pour la formation continue et de l’équipement.
En outre, Mady KEITA se dit profondément inquiet de la vente illicite, la détention et l’utilisation des vaccins inactivés du Laboratoire central vétérinaire par les non-professionnels à cause de son circuit de distribution. Car explique-t-il, cette situation risque de mettre en péril, non seulement le cheptel national, mais également la santé publique.
Tout en réitérant l’engagement du ministre de l’Elevage et de la pêche à l’ANAVEM, M KONE a indiqué que la vision du département est de poursuivre le développement de l’élevage dans une perspective de sécurité alimentaire et nutritionnelle, de croissance économique durable et de réduction de la pauvreté.
Il a profité de l’occasion pour rappeler que le ministère de l’Elevage et de la pêche a élaboré en 2016 un document de stratégie intitulé «Orientations stratégiques du ministère de l’Elevage et de la pêche», désagrégé en un plan d’actions. Pour lui, ce document prend en compte plusieurs préoccupations du secteur de l’élevage dans la surveillance et le contrôle harmonisés des maladies animales prioritaires et des médicaments vétérinaires.
En marge de cette 13e session de l’assemblée générale ordinaire de l’ANAVEM, se tient également une séance de formation des membres de l’association sur «la gestion de certaines affections des équidés».

Par Sikou BAH




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