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samedi 23 juin 2018
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Valorisation de la presse communautaire: insuffler une nouvelle vie au journal Kibaru

Dans le cadre de la célébration du 46e anniversaire (10 mars 1972-10 mars 2018) du Journal « Kibaru », édité par l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), le nouveau directeur de la Presse communautaire, Amadou DIALLO, a organisé, une journée d’échanges avec les journalistes pour recueillir les pistes et proposition de redynamisation de cet organe édité en langue nationale Bambara.

Placée sous le patronage du directeur général de l’AMAP, Abdoulaye TRAORE, en présence du directeur de la Presse communautaire, la rencontre, qui s’inscrivait dans la mouvance de la célébration du 46e anniversaire du journal (10 mars 1972-10 mars 2018), a mobilisé plusieurs responsables (direction, rédaction et syndicat) de l’AMAP. On y notait également la présence des traducteurs et autres agents du Journal.
Pour le directeur général de l’AMAP, contrairement aux conférences de presse classiques, la rencontre se voulait un espace d’échanges autour de « Kibaru », un Journal qui, a-t-il rappelé, a connu ses moments de gloire dans les années 1970. La rencontre a pour but de recueillir les idées et orientations des journalistes pour redynamiser le Kibaru et la presse communautaire de façon générale.
Selon le DG de l’AMAP, le N° 00 du Kibaru a paru le 10 mars 1972. Toutefois, a-t-il précisé, les périphéries ont duré 2 ans, car le projet a commencé en 1970.
Le lectorat du Journal est constitué principalement de ruraux. Maintenant, l’AMAP commence à avoir des abonnés des centres urbains.
Au départ, le Journal s’intéressait à tout ce qui contribue à l’amélioration des conditions de vie des communautés rurales (vulgarisation agropastorale, santé humaine et animale, droits et devoirs du citoyen, éducation, environnement, etc.).
Aussi, a-t-il relevé, contrairement aux journaux classiques qui se contentent de véhiculer l’information en direction du leur lecteur, Kibaru a su favoriser un échange fécond avec ses lecteurs en réservant systématiquement 2 pages à ces derniers, appelées (courrier du lecteur).
Le succès de Kibaru a amené l’AMAP (organe en charge de l’édition) a créé 2 autres journaux communautaires : «KABAARU» destiné aux lecteurs peulh, créé en 1983, et «XIBAARE», journal en langue soninké, créé en 1989.
De même, le franc succès de Kibaru lui a permis d’être choisi par l’UNESCO, comme le Centre de formation des cadres de la presse rurale des pays africains.
Kibaru a-t-il aussi été désigné, pour abriter le siège de l’Association des réalisateurs des journaux ruraux africains.
Aujourd’hui, 46 ans après, a-t-il déploré, le dynamisme qui caractérisait le Journal n’est qu’un vieux souvenir. Les raisons sont d’ordre politique et économique (plan d’ajustement structurel imposé à nos pays par les puissances internationales ; l’arrêt des financements de l’UNESCO, principal bailleurs de fonds du journal, en termes d’équipements et de formation).
C’est dans le but de proposer une nouvelle plateforme de partenariat que s’inscrit la présente rencontre, afin que des partenaires puissent voir l’utilité de relancer non seulement Kibaru, mais aussi les deux autres journaux «KABAARU» et «XIBAARE.
Le DG de l’AMAP a profité de l’occasion pour attirer l’attention des uns et des autres sur la création d’un site qui a pris le nom Kibaru, un titre donné par l’AMAP, sans informer, encore moins avoir l’avis de cette dernière. S’adressant au promoteur de ce site, il a fait savoir qu’il y a lieu de clarifier les choses. À défaut de s’entendre à l’aimable, le DG n’exclut pas de se faire entendre autrement.
Quant au directeur de la presse communautaire, il a fait l’historique du Journal Kibaru qui remonte aux premières heures des Indépendances des pays colonisés qui ont senti le besoin nécessaire d’augmenter le nombre de lettrés, en Français ou en Langues nationales. En 1966, la question a été tranchée par l’UNESCO qui a opté pour la valorisation des langues locales. Ainsi, le Mali a été choisi par l’UNESCO pour un être un pays pilote en alphabétisation. Et en 1968, notre pays a ouvert les premiers centres de formation en alphabétisation au nombre de 26. En deux ans, le nombre a passé à 544 centres de formation avec au départ 1040 auditeurs pour se retrouver à 21 760 auditeurs en 1972.
Pour ne pas perdre les notions apprises, et avoir les réflexes, il fallait donner à ces nouveaux alphabétisés des outils de lecture et d’écrire. D’où, la nécessité de la création du Kibaru qui a été un véritable succès. Le premier numéro a été tiré à 8 000 exemplaires. En 22 ans, Kibaru est passé à 18 000 exemplaires. Le Journal était vendu à 20 francs maliens, soit 10 FCFA.
Actuellement, il est tiré par mois à 6 000 exemplaires et est vendu à 2 000 FCFA l’an/abonnement.
Les interventions n’ont pas manqué de féliciter la nouvelle équipe et donner des pistes pour relancer ce Journal, entièrement supporté par l’AMAP. En tout cas, le journal doit s’adapter au nouveau contexte politique et médiatique pour se faire une place au soleil et atteindre son objectif.

Par Sékou CAMARA




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