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mardi 13 novembre 2018
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Vérité, justice et réconciliation: le CVJR présente son bilan

La Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR) a organisé, hier mardi 26 juin, une conférence de presse pour rappeler sur son mandat, les missions qu’elle a déjà menées et sa particularité par rapport aux autres mécanismes de justice transitionnelle. La conférence a eu comme cadre la salle de conférence de la CVJR, sur la colline du pouvoir, avec comme principal conférencier le président Ousmane Oumarou SIDIBE qui avait à ses côtés des membres de la Commission.

D’entrée de jeu, le conférencier a rappelé que la Commission-vérité, justice et réconciliation, conformément à son mandat, prévu dans l’Accord pour la paix et la réconciliation, contribue à l’instauration d’une paix durable, à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et l’unité nationale. Pour ce faire, explique-t-il, la CVJR enquête sur les graves violations des droits de l’homme ; propose des réparations aux victimes et mène des actions pour conforter le vivre ensemble. Il a précisé que l’exécution de la mission de la CVJR inclue les quatre rebellions que notre pays a connu, de 1963 à nos.
Par rapport aux actions menées, le président Ousmane Oumarou SIDIBE a indiqué que différentes antennes régionales ont été créées dans les régions directement affectées par les crises. Selon lui, au total 6 antennes régionales ont été créées et toute opérationnelles, hormis celle de Kidal qui a été mise en place récemment.
M. SIDIBE a affirmé que les différentes antennes, à travers le pays, ont déjà pris la déposition de 8 615 victimes, à la date du 15 juin. Parmi elles, dit-il, 140 en besoin urgent de prise en charge ont été référés et 72 en besoin d’accompagnement médical ont reçu leur récépissé de l’Agence nationale d’assistance médicale et peuvent bénéficier des soins médicaux gratuitement.
Un autre mandat important de la CVJR souligné par son président est relatif à la rédaction d’une proposition de politique nationale de réparation afin de rétablir les victimes dans leur droit. Une politique qui devra être mise en œuvre par une autre structure qui sera créée à cet effet. Le président a noté que le processus est déjà entamé et devrait faire bientôt la proposition d’un projet de loi sur la réparation.
« Globalement, la CVJR a réalisé plusieurs activités liées aux différentes thématiques de son mandat à savoir, la recherche de la vérité, le soutien aux victimes et la réparation, la sensibilisation et la réconciliation, la prise en compte du genre, le rapportage, la documentation et l’archivage », a affirmé Ousmane Oumarou SIDIBE.
Par ailleurs, le conférencier a noté que la CVJR a procédé à l’écoute des grands témoins pour déterminer la nature, les causes et les circonstances du conflit ayant affecté le nord du pays, en les situant dans le contexte global de l’histoire sociale, économique et culturelle du Mali.
Selon lui, les grands témoins ont été choisis sur plusieurs thèmes dont les coups d’État, les rébellions, les sècheresses, les violations des droits de l’homme recensées. À ses dires, ces écoutes ont pour objet de connaitre les causes profondes des crises cycliques qu’a connues le Mali.
Aussi, M. SIDIBE a fait savoir que des investigations sur les graves violations des droits de l’homme sont en cours avec l’appui des experts en investigation qui ont été recrutés grâce à l’appui de la Minusma. De même, l’on apprend que la CVJR envisage des audiences publiques où les commissions reçoivent directement, devant l’opinion publique nationale, le témoignage des victimes, des experts et leaders institutionnels, sur les événements pris en compte dans le cadre du mandat.
Selon les explications du président Ousmane Oumarou SIDIBE, l’objectif de ces audiences publiques est d’enrichir les investigations de la CVJR, d’élargir l’agenda national, renforcer le processus de paix et promouvoir la reconnaissance morale des victimes.
Quant aux liens avec les autres mécanismes de justice traditionnelle, Ousmane Oumarou SIDIBE a précisé que la CVJR se focalise essentiellement sur la réconciliation durable basée sur la vérité ; la réparation et la mise en place des mécanismes du vivre ensemble.
‘’ Nous ne jugeons pas les auteurs, notre mission est d’établir la vérité sur ce qui a été fait. Une mission qui soulage les victimes. En plus de leur déposition auprès de la CVJR, les victimes peuvent porter plainte au niveau de la justice, car chacun a un rôle à jouer dans le processus’’, a mentionné le conférencier.
S’agissant des difficultés, le conférencier a affirmé que la situation sécuritaire handicape beaucoup la CVJR dans sa mission. Il a déclaré que pour juguler ce problème, la Commission a mis en place d’autres stratégies et mécanismes dans les zones en proie à l’insécurité pour répondre aux préoccupations des victimes.
Enfin, le président de la CVJR a noté que des missions ont été envoyées dans toutes les localités en proie à l’insécurité et dans les camps de réfugiés, pour rencontrer les victimes et les sensibiliser davantage.

PAR MODIBO KONE




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