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vendredi 20 mai 2022
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Vers un accord de paix aux forceps: Mali, demain l’apartheid?

Sous une forte pression de la Communauté internationale, aux allures de chantage, l’État avec à sa tête le Premier ministre lui-même, est à Alger depuis mardi pour le 5ème round des pourparlers jugé «crucial» pour parvenir à un accord de paix avec les séparatistes.
C’est la Première fois, depuis le début du processus de paix sous l’égide du médiateur algérien, qu’un Premier ministre se transporte à Alger pour prendre part aux discussions.
Le Premier ministre est-il à Alger parce qu’il y était par le passé en qualité de Haut représentant du Chef de l’État pour le dialogue inclusif intermalien? Est-ce parce que la Médiation estime que le ministre des Affaires étrangères, négociateur principal pour le compte de l’Etat malien, ne fait plus le poids à cette «phase cruciale» du processus? Est-ce par cette présence, le Mali veut-il se racheter auprès de la médiation algérienne pour avoir envoyé des «seconds couteaux», le week-end dernier, quand il lui avait été instruit une représentativité de haut niveau ayant compétence de prendre une décision importante au nom du Mali, toute chose qui ne serait pas le cas du jeune ministre DIOP ? Ou est-ce simplement la Communauté internationale, a-t-elle imposée, faute de la présence d’IBK lui-même que le Mali soit représenté par son Premier ministre?

Reconnaissance à la Communauté internationale
Outre parce qu’elle estime que cette étape cruciale «devra aboutir à un accord permettant le retour de la paix et de la stabilité dans notre pays», le Premier ministre s’est rendu à Alger, selon un Communiqué de ses services, pour aussi réaffirmer:
«1°) la ferme volonté du Président Ibrahim Boubacar KEITA à œuvrer en faveur de la paix et de la cohésion sociale;
2°) l’engagement et la détermination du Mali pour la signature d’un accord de paix, respectueux des principes fondamentaux de la nation;
3°) la reconnaissance du peuple malien à la communauté internationale, l’Algérie et toute l’équipe de médiation pour les nombreux efforts déployés pour la résolution de la crise malienne; et
4°) la disponibilité constante des forces armées, de défense et de sécurité du Mali pour le respect du cessez-le-feu et des accords de cessation des hostilités.»
En tout cas, il est clair que la présence à Alger de Modibo KEITA ne peut en aucun cas se justifier par ses anciennes fonctions de Haut représentant du Chef de l’État. Simplement parce qu’il ne l’est plus. Ce qui est évident, c’est que la forte pression de la Communauté internationale n’est pas étrangère à l’élévation de la qualité de la délégation malienne.

Pressions internationales
Hormis les protestations algériennes, le week-end dernier, le Président Hollande avait donné de la voix en réaffirmant le «plein soutien» de la France à la médiation algérienne et insisté sur la nécessité de parvenir rapidement à un accord de paix. Même son de cloche à Bruxelles où les chefs de la diplomatie de l’Union européenne ont également appelé à saisir l’opportunité d’Alger pour le dialogue et la réconciliation en vue de parvenir à un accord.
Accord de paix en vue duquel le Conseil de Sécurité des Nations Unies avait aussi appelé samedi dernier, les parties à « reprendre sans tarder » les négociations.
Face aux pressions diverses, notre pays pourra-t-il résister ou sera-t-il contrait au nom de «la situation d’urgence» Arguée d’adhérer aux propositions de la médiation ?
Nous prenons le pari d’un optimiste, bien qu’insoutenable, au regard du déséquilibre du rapport des forces dans le cadre de ce processus, que nos représentants sauront être à hauteur d’attente et d’ambition du Peuple malien et refuser de «signer n’importe quoi».
Leur mandat est clair: ne pas franchir la ligne rouge tracée par le Président de la République, mais aussi ne pas accepter l’inacceptable, au nom de l’urgence brandie, des impatiences constatées et des menaces à peine voilées, pour éviter demain au Mali d’être une République à deux vitesses, éviter à notre pays un apartheid territorial et ethnique.
Le pré-accord de paix proposé est «une avancée» qui pêche par ses limites injustes et ségrégationnistes. Au-delà de la préservation et du respect de l’intégrité territoriale, de la souveraineté nationale du pays, du caractère laïc et républicain, de la forme unitaire de l’État (toutes choses qui sont un droit inaliénable de l’État du Mali et donc non négociables au regard des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies), les Maliens tiennent par-dessus tout à leur unité nationale, à l’égalité entre tous les fils du pays telle que consacrée par leur Constitution. Ils tiennent aussi au caractère démocratique de leur République conquis de haute lutte (VOIR PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION).

Contre les attentes
Or, sous quelles que nuances qu’on le présente, ce pré-accord, fils légitime de l’avant-projet intitulé: «Éléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali», produit par la Médiation algérienne, le 23 octobre dernier, au terme du troisième round, ne peut-il que consacrer la partition du Mali pour y instaurer une République fédérale d’apartheid qui ne dit pas son nom ?
En effet, contre toutes les attentes légitimes de notre peuple et contre l’égalité et la non-discrimination républicaines, le pré-accord de paix suggère l’ethnicisation des institutions et des grands services de la République (il faut qu’il y ait des Touareg dans le gouvernement, la diplomatie, les sociétés d’État, etc.)
«Un nombre minimum à convenir de postes ministériels, y compris dans les secteurs de Souveraineté, devront revenir à des personnalités issues du Nord».
Toutes choses qui, si elles passaient, déboucheraient immanquablement sur une République à deux vitesses avec deux catégories de citoyens : ceux du Sud qui n’ont que des devoirs et ceux du Nord qui auront un droit constitutionnel (de naissance) à un quota. Autrement dit, des citoyens bien-nés au Nord face à des fils maudits de la République au Sud.
Où est dès lors la République lorsque les citoyens ne naissent pas égaux en droits et en devoirs ? Où est la République unitaire et égalitaire ?

Les réserves légitimes
On comprend dès lors les réserves maliennes. Des Maliens, attachés à un État unitaire, démocratique et laïc, auxquels on propose, pour satisfaire les parrains salafistes des séparatistes, d’introduire dans leur ordonnancement constitutionnel «La revalorisation du rôle des Cadis dans la distribution de la justice, notamment en ce qui concerne la médiation civile, de manière à tenir compte des spécificités culturelles et religieuses».
Lueur ou leurre de paix?
Bien sûr, l’on s’empressera de nous rétorquer que le pré-accord consacre le caractère républicain et laïc du Mali. Mais chacun sait que cette revalorisation du rôle des cadis met en cause l’un des fondements de la République laïque au sein de laquelle la justice ne peut être que républicaine. Bien sûr que nous sommes tous croyants au Mali. Mais croyants nous sommes attachés à la laïcité de notre pays. Parce que, fidèles à notre Créateur qui dit: «Nulle contrainte en religion. La bonne voie est désormais distincte de l’erreur. Celui qui rejette les fausses divinités et croit en Dieu a saisi l’anse la plus solide, qui ne se brisera jamais. Dieu entend tout, et Il est Omniscient.» (Coran sourate 2, verset 256)
Le pré-accord remet aussi en cause les fondements de la République par son approche ségrégationniste en matière d’organisation territoriale, de la réorganisation des forces de défense et de sécurité et la dîme de la vassalisation (effort national) qu’il impose au Sud au profit du Nord. Toutes choses qui établissent clairement, de fait, un « racisme d’État» et un apartheid républicain au profit d’une minorité sous la coupe des salafistes.
Ce qu’on demande à notre pays, à travers un concerto d’exhortations, à «faire preuve de bonne volonté» et des «mesures de confiance» (qui n’ont fait jusqu’ici que de saper la confiance du Malien en son État), ce n’est ni plus, ni moins que d’accepter le sabordage de sa souveraineté et sa division. Parce que, jusqu’ici, tous les efforts d’accompagnement et de soutien, tous ces beaux discours et toutes les belles solutions proposées ne tendent qu’à amputer le Nord de notre pays pour l’octroyer à une minorité raciste jugée digne d’amitié et de soutien que l’ensemble des autres communautés du Mali.
Le projet fédéraliste n’est qu’un leurre, une étape pour le lobby et les coachs des séparatistes de tenir leur promesse, comme celui de Lord Balfour, au «peuple» «persécuté» des hommes bleus du désert, leurs «amis».

Un État dans un État
Pour consacrer l’Azawad «promise» en tant qu’entité territoriale, pour ne pas dire un État dans l’État du Mali, le pré-accord préconise de procéder «par voie législative et conformément aux aspirations et besoins spécifiques des populations concernées, à un redécoupage administratif des différentes collectivités territoriales, dans une démarche de concertation entre elles et l’État, en tenant compte de facteurs liés à la viabilité économique, à la cohésion sociale et à la cohérence territoriale».
Avec environ 1,5 million d’habitants (dont une écrasante majorité de Sonraïs ne s’y reconnait pas et n’a jamais été consultée sur le sujet) à quelle aune doit-on situer l’Azawad au regard des critères, liés «à la viabilité économique, à la cohésion sociale et à la cohérence territoriale» ?
Le pré-accord n’en tient pas compte et va même plus loin pour proposer que soit instituée «une Zone de développement des régions du Nord du Mali, appelées par certains Azawad, dotée d’un Conseil consultatif interrégional, constitué des Représentants des Assemblées régionales concernées, et chargé exclusivement de la coordination des efforts visant à accélérer le développement socioéconomique local et d’autres questions connexes».
Au-delà de la reconnaissance et de la consécration politique et juridique de l’Azawad en tant qu’«entité» (comme l’a fait la Minusma à travers sa tentative d’étouffer dans l’œuf l’établissement d’une ZTS), c’est une véritable réquisition territoriale à laquelle se livre le préaccord au profit du MNLA et de ses complices qui se voient octroyer comme toutes les trois régions du Nord, territoires et populations sans aucun droit historique et sans aucun avis des populations concernées, pourtant autochtones et majoritaires(cf. recensement général 2009).
Or, l’Azawad, pour la petite connaissance que nous avons de l’histoire, n’a aucune existence historique, en dehors de son usage propagandiste remontant aux années 1990. Si l’on se réfère à notre compatriote Ag INTAZOUME Mossa (Touareg), il désigne simplement un type de «sable blanc et fin» entre Bourem et Tombouctou.

Fédéralisme, une étape
Le masque du fédéralisme tombe lorsque le pré-accord institue un «Conseil consultatif interrégional» constitué par les Assemblées régionales concernées… face au «pouvoir central de Bamako»!
La plus grande faiblesse du pré-accord réside dans le postulat de la pseudo marginalisation des régions du Nord. Postulat à partir duquel on «impose» au reste de l’entité nationale de consentir des efforts (comme sous forme de dédommagement) pour accélérer le développement socioéconomique local de l’Azawad qui, suivant cette manipulation, est restée sous-développée par rapport aux autres régions du pays par la faute de l’État. Il y a à Bamako des quartiers plus pauvres que Kidal.
Peu importe pour ceux qui dictent les règles du jeu «La Zone de développement des régions du Nord, appelée par certains « Azawad », bénéficie, de façon prioritaire, de ce mécanisme». Autrement dit, le développement de l’Azawad, après la signature de l’accord, doit être la priorité de toutes les priorités. Comme s’il y avait des Maliens bénis et des Maliens maudits, pardon comme si l’article 2 de la Constitution n’était pas assez explicite lorsqu’il dit: «tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée».

Demain, l’apartheid
Comme on le voit, le pré-accord est loin de tenir compte de «la cohésion sociale» et de la «cohérence territoriale» qui devraient être à la base de création d’un État. Au contraire, il préconise une République ethnique de fait, formée des trois régions du Nord du Mali pour «nos amis» Touareg de Kidal. Ce qui n’est ni plus, ni moins que la consécration d’un apartheid territorial en faveur des séparatistes aux dépens des autres communautés qui y sont pourtant majoritaires.
La conviction du Malien se renforce sur la question lorsque le pré-accord recommande «la création d’une Force de Sécurité intérieure (police territoriale) qui sera placée sous l’autorité des collectivités locales, dans le cadre de leurs pouvoirs de police».
Autant la sécurité est et reste une prérogative régalienne de l’État, autant le risque de cette proposition est de voir ces polices locales devenir de véritables milices ethniques et tribales échappant à tout contrôle de l’État consacrant ainsi, outre l’apartheid territorial, mais aussi une ségrégation raciale dans notre pays.
Le Mali ne peut et ne doit accepter cela. Car, sous tous les cieux, le monopole et l’emploi de force est une prérogative régalienne de l’État souverain.
«Le Mali est et reste un pays souverain, il faut que chacun s’en souvienne», avait, à juste propos, rappelé le Président IBK, le 24 janvier dernier.
Comment peut-on imposer à un État souverain de partager une de ses compétences régaliennes exclusives comme la défense et la sécurité avec des «collectivités territoriales» sans remettre en cause sa souveraineté et prétendre maintenir l’unicité de ce pays?
Ce que le pré-accord propose en matière de reforme des forces de défense et de sécurité, n’est pas qu’un non-sens, c’est une injure au peuple malien qu’il infantilise:
«Mise en place, au plus tard 30 jours après la signature de l’Accord, un Comité national sur la RSDS, suffisamment représentatif et associant les différentes communautés, en vue d’entreprendre une réflexion approfondie sur une nouvelle vision nationale de la sécurité et de la défense. Dans ce cadre, le Comité national examinera les politiques publiques de défense et de sécurité, les missions, l’organisation et le statut des forces, ainsi que les modalités de renforcement des capacités opérationnelles, de la chaîne de commandement et de la discipline, de moralisation des recrutements et du maillage du territoire en fonction des menaces et vulnérabilités identifiées.
– Le Comité national sur la RSDS fait des recommandations sur des mécanismes novateurs en ce qui concerne les nominations aux postes dans les grands commandements et services, aux fins de renforcer la cohésion nationale.
– Le Comité national sur la RSDS, au plus tard 15 jours après sa mise en place, adopte un programme d’activités comportant un chronogramme détaillé.
Dans le contexte de la réforme des Forces de défense et de sécurité, il sera procédé à la création d’une police territoriale placée sous l’autorité des collectivités locales, dans le cadre de leurs pouvoirs de police. L’État maintient ses propres forces de sécurité intérieure (Garde nationale, Gendarmerie et Police) lesquelles coordonneront leur action en tant que de besoins avec la Police territoriale, dans le cadre défini par la loi et des textes réglementaires appropriés. Des comités consultatifs locaux de sécurité (CCSL) regroupant les représentants de l’État, des autorités régionales, des communautés et des autorités traditionnelles sont mis en place et placés sous l’autorité du chef de l’Exécutif local ».

Une République tribale ?
Ce qui par-dessus tout est insoutenable pour les Maliens dans le préaccord, c’est la « tribalisation» de la République et la territorialisation à géométrie variable en termes très explicites à travers l’institutionnalisation d’un système de quotas pour les fonctions institutionnelles, tant nominatives qu’électives. L’inacceptable est formulé ainsi : «la représentation à l’Assemblée nationale sera améliorée. Le ratio habitant/député, qui est actuellement de 60 000 habitants pour les régions du Nord, passera à 30 000. La représentation équitable des ressortissants des communautés du Nord du Mali dans les institutions et grands services de la République (gouvernement, diplomatie, sociétés d’État, etc.). À cet égard, un nombre minimum de postes ministériels, y compris dans les secteurs de Souveraineté, devront revenir à des personnalités issues du Nord, de même que certaines fonctions électives ».
La proposition est inconstitutionnelle, car elle viole les prescriptions de l’article 26 de la Constitution : «La souveraineté nationale appartient au peuple tout entier qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.» Pour ceux qui s’en souviennent, la Cour constitutionnelle du Mali avait invalidé une loi autonome qui instituait deux collèges électoraux pour l’élection des députés. On peut donc imaginer difficilement que contre cette jurisprudence la gardienne de la Constitution permette que les députés maliens soient élus suivant une règle à double variable territoriale et ethnique.
Quelle idée de faire du gouvernement de la République un réceptacle de compromis et de compromissions tribales, pardon un bureau de placement ethnique de cadres, au mépris du mérite et de la probité qui sied au service public ! N’est-ce pas un « racisme d’Etat » et un apartheid républicain au profit d’une catégorie de la population sur la base de la couleur de sa peau de nommer ministre un cadre uniquement pour son appartenance ethnique ? Le Mali n’a jamais eu de complexe de « couleur » à travers ses constructions ministérielles. Des cadres touareg, arabes et maures, par leur compétence, leur intégrité et leur loyauté ont servi et continuent de servir au haut sommet de l’État en tant que Chef d’Institutions, ministres, députés, hauts cadres de l’État dans tous les domaines. Le Mali a eu son Premier ministre touareg avant le Niger.

Convoitise injuste
Le projet Azawad n’est point une injustice à corriger, ni un nouvel équilibre à établir pour le revivre ensemble. Il n’est et que ne saurait être qu’une convoitise, pire qu’une ambition longtemps nourrie, de dépecer notre pays au nom d’intérêts géopolitiques et géostratégiques liés aux ressources minières et minérales.
La prétention inflexible des séparatistes d’avoir les mains libres quant à la gestion des relations internationales et des ressources minières du nord du Mali est et reste le principal enjeu et la principale équation de cette crise. Toute solution devrait interférer avec cette appétence effrénée pour le sous-sol malien. Dès lors l’échafaudage territorial dicté par ceux qui tirent les ficelles s’entend et devrait se comprendre aisément.
Il ne s’agit ni plus, ni moins de dépecer, de charcuter notre pays pour le dépouiller de ses ressources. La répartition des pouvoirs et compétences entre le Mali et les collectivités de base (pour ne pas dire les régions fédérées de l’Azawad) préconisée par le pré-accord en est une illustration :
« Les régions sont compétentes, dans un cadre général au préalable défini par voie législative et réglementaire, dans les matières ci-après: plan et programme de développement économique, social et culturel ; aménagement du territoire ; création et gestion des équipements collectifs et des services sociaux de base (éducation de base et formation professionnelle, santé, environnement, culture, infrastructures routières et de communication relevant du domaine régional, eau, énergie) ; agriculture, élevage, pêche, gestion forestière, transports, commerce, industries, artisanat, tourisme ; budgets et comptes administratifs régionaux ; organisation des activités de promotion et de protection sociale ; établissement et application d’impôts et de recettes propres sur la base de paramètres déterminés par l’État ; institutions de redevances ; acceptation et le refus de dons, subventions et legs; octroi de subventions; prises de participation; signature d’accords de coopération et de jumelage au niveau national et international; et maintien de l’ordre et de la sécurité et protection civile ».

Voilà l’illustration la plus achevée du fédéralisme voulu par le MNLA et ses soutiens qui ne dit pas son nom : chacun dans son petit coin fait ce qu’il veut en toutes les matières énumérées ci-dessus et l’État fédéral est là en spectateur sans pouvoir intervenir ? Assistés nous sommes, mais sûrement pas benêts, dira le Président IBK.

La blessure et l’insulte
Ce système « d’États dans l’État », de fédéralisme déguisé, dans le pré-accord est renforcé par « les délibérations des collectivités territoriales qui sont exécutoires dès leur publication et transmission au représentant de l’État ». La couronne d’Angleterre dans ce projet serait plus puissante que l’État malien, car il est réduit à sa plus petite expression de « supplétif » administratif qui n’exerce a posteriori qu’«un contrôle de légalité sur certains actes administratifs des collectivités territoriales dans les domaines relevant de leur compétence, pour s’assurer de leur conformité à la loi ».
Seule concession aux prérogatives de l’État central dans le cadre de ses compétences exclusives : « Les Parties conviennent d’une procédure de consultation préalable entre le pouvoir central et les régions sur la réalisation des projets de développement décidés par l’État et les organismes publics ou privés concernant ces entités ; les nominations des responsables des structures relevant de l’État ; et l’exploitation des ressources, notamment minières ».
Le Mali veut la paix, mais pas au point de cet État fantoche. Le mali veut la paix, mais point au prix de l’abandon ou du partage de sa souveraineté. Le Mali veut la paix, mais point au prix de la partition et de l’apartheid territorial et racial.
Si tous les fils du pays doivent mourir pour ce NON, alors qu’il en soit ainsi. Disons NON. Ajacta east !
PAR SAMBI TOURÉ




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