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vendredi 23 octobre 2020
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La version du Président MODIBO KEITA

Radio-Mali-Bamako a retransmis mercredi l’allocution prononcée deux jours plus tôt par le président Modibo KEITA à Kayes (première gare frontière après le Sénégal en territoire soudanais) avant son retour à Bamako.
Évoquant la crise malienne, le président Modibo KEITA a souligné que celle-ci a été l’aboutissement du divorce politique « avec quelques dirigeants sénégalais plus français que les Français et qui voulaient franciser le Mali «. Selon Modibo KEITA ce divorce vient également de divergences sur les problèmes économiques à propos de la constitution d’un marché commun africain telle qu’elle est prévue au programme politique du parti de la Fédération africaine et d’une zone monétaire africaine dans laquelle, a rappelé le président soudanais, peuvent exister plusieurs sortes de francs (franc C.F.A., franc camerounais, etc.).
« Pour avoir dit, a poursuivi Modibo KEITA, que nous avons trop tardé à prendre position sur le problème algérien, que nous ne pouvons pas rester muets devant la lutte héroïque que mène un peuple colonisé pour son indépendance, que nous ne pouvions pas rester indifférents devant le problème algérien et qu’après avoir tout tenté avec la collaboration des autres États africains nous en arriverons, s’il le fallait, à la reconnaissance du « G.P.R.A. «, des hommes se sont émus à Paris et ont tiré les ficelles. «
Selon le président Modibo KEITA ces hommes se sont également émus de son projet de se soustraire à toute emprise économique afin que l’indépendance soit totale.
Il a fait ensuite l’historique des événements du 19 août à Dakar et a stigmatisé l’attitude de certains officiers français, puis a démenti avoir jamais voulu fomenter un complot contre les dirigeants sénégalais. «Nos intentions, s’est-il écrié, c’était le parfait fonctionnement des institutions du Mali. «
Concluant son allocution, le président soudanais a déclaré : « La loyauté n’est pas toujours payante, mais devons-nous pour autant être déloyaux ? Nous continuerons à être loyaux. Aucun pays, même la France, n’a encore reconnu le Sénégal comme indépendant, ce qui, pour nous, est particulièrement significatif. «
Il a lancé enfin un appel à la vigilance et à l’union de tous pour «former un seul front afin de concentrer toutes nos forces, toutes nos énergies, sur le respect du serment de la Constitution du Mali «.
La foule, qui l’a applaudi frénétiquement à plusieurs reprises, notamment au passage concernant l’Algérie, a salué la fin de sa péroraison aux cris de « Vive le Mali !»




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