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samedi 17 avril 2021
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Violences basées sur le genre: l’appel solennel du ministre de la Promotion de la femme

Le Ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme BOUARE Bintou Founé SAMAKE, a lancé, hier jeudi, les activités nationales des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, sur le terrain du projet des jeunes de Sogoniko. C’était en présence des autorités locales et administratives de la commune IV et des partenaires techniques et financiers de notre pays. Cette journée qui annonce beaucoup d’activités en faveur de l’abandon des violences basées sur le genre a été un véritable cri du cœur à l’endroit des décideurs internationnaux pour la prise en charge des fonds contre les VBG.

Des sketches, des slams et d’autres messages de sensibilisation, étaient des ingrédients de cette cérémonie de lancement des 16 jours d’activismes contre les VBG. Il s’agit, pendant deux semaines, d’intensifier des œuvres pour attirer l’attention des communautés sur les impacts du fléau sur l’évolution de la femme et celle de la petite fille.
La Directrice pays de ONU-femmes au Mali, Mme Béatrice EYONG a, dans son allocution, mis au un accent sur l’accès à une justice équitable des femmes. « Les femmes violentées doivent pouvoir jouir d’une justice objective pour que le bourreau ne récidive plus, mais surtout pour donner une à la femme la satisfaction de voir payer ses agresseurs », a-t-elle dit, avant de préciser qu’elle parle nom de tous les partenaires techniques et financiers du Mali
Elle a par ailleurs déploré la crise de la COVID-19 qui a un impact négatif sur les femmes. Ce qui justifie le choix du thème international de cette édition qui est :« Gérer les retombées socioéconomiques de la COVID-19 ».
Mme EYONG a mis l’accent sur le financement des activités liées à la promotion de l’abandon des violences basées sur le genre.
Quant à la Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, elle a déploré que la violence à l’égard des femmes et des filles est l’une des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes dans le monde. Elle ne connait ni frontières géographiques ni culturelles et se manifeste sous plusieurs formes. « Dans notre pays, les chiffres concernant les violences basées sur le genre sont alarmants. Les tendances des incidents de VBG n’ont pas cessé de progresser au fil des années. En effet, selon l’Enquête Démographique et de Santé du Mali (EDSM-VI 2018), au moins 45 % des femmes de 15 à 49 ans ont subi des actes de violence physique ou sexuelle ; environ la moitié des femmes (soit 49 %) de la même tranche, en union ou en rupture d’union ont subi des violences émotionnelles, psychologiques, physiques et/ou sexuelles. Parmi les victimes, 68 % n’ont jamais recherché d’aide et n’en ont jamais parlé à personne. Cette même enquête montre un taux de mariage de 53 % avant l’âge de 18 ans, et un taux de 18 % avant 16 ans, toujours dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans », a-t-elle déploré le sombre tableau de la situation des violences basées sur le genre.
Comme pour enfoncer le clou, Mme BOUARE indique que les faits relayés par la presse au quotidien, confirment le constat de prévalence accrue des différentes formes de violences. Parmi les types de VBG rapportés, poursuit-elle, les cas de violence sexuelle prédominent, suivi des agressions physiques. De juillet à Septembre 2020, le nombre de cas de violences basées sur le genre rapporté s’élève à 2 033 cas dont 23% de viols, 20% d’agressions physiques, 20% de violences psychologiques, 15% d’agressions sexuelles, 12% de dénis de ressources et 10% de mariages précoces.
Elle a ainsi souligné que la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre sous toutes ses formes, les pratiques néfastes, ainsi que la promotion de l’accès à la Santé de la reproduction, ont toujours été un sujet de préoccupation majeure pour son Département. Elle a, à cet effet, appelé à une prise de conscience pour prévenir le fléau. « Pour prévenir et apporter des réponses adéquates, à toutes les formes de violences basées sur le Genre, nous devons susciter une plus grande prise de conscience des acteurs de la lutte contre les violences, des populations, des leaders religieux, des leaders communautaires et des leaders d’opinion », a-t-elle exhorté.
La cérémonie a pris fin par la remise des dons en vivres aux femmes déplacées du centre à Bamako

PAR CHRISTELLE KONE




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