Vision minière africaine: l’expertise des Présidents de chambres

Du 17 au 18 août 2016 se tient, à l’hôtel Salam, la réunion consultative des Chambres de mines et Associations minières de l’Afrique de l’Ouest.
Initiée par la Commission de l’Union africaine, à travers le Centre africain du développement minier, cette réunion consultative de haut niveau est axée essentiellement sur la ‘’Vision minière africaine’’.

La «Vision africaine du régime minier» (ci-après : la Vision minière africaine, VMA) a été adoptée en février 2009 par l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union Africaine.
• Elle constitue le cadre continental clé de promotion d’un développement basé sur l’exploitation des ressources minérales et d’une transformation structurelle sur le Continent.
• Il vise à encourager une « exploitation transparente, équitable et optimale des ressources minérales pour soutenir une croissance durable à base élargie et le développement socio-économique ».
• Cette vision commune s’appuiera sur :
1. Un secteur minier africain fondé sur la connaissance, qui sert de catalyseur et contribue à la croissance générale et à la création d’un marché unique africain dont il est pleinement partie intégrante, grâce à:
• des liens en aval avec l’enrichissement des minerais et la fabrication ;
• des liens en amont avec les biens d’équipement minier, les consommables et les industries de services ;
• des liens latéraux avec l’infrastructure (électricité, logistique, communications, eau) et le développement des compétences et des technologies (DRH et R&D) ;
• des partenariats mutuellement bénéfiques entre l’État, le secteur privé, la société civile, les communautés locales et d’autres parties prenantes ;
• une connaissance exhaustive de ses richesses minérales.
2. Un secteur minier durable et bien géré, qui produit et utilise efficacement les bénéfices tirés de l’exploitation des ressources minérales, qui répond à des normes élevées de sécurité et d’hygiène, qui tient compte des questions de genre et des questions ethniques, qui est respectueux de l’environnement, socialement responsable et apprécié des communautés environnantes .
3. Un secteur minier qui est devenu un élément clé d’une économie africaine en voie d’industrialisation, diversifiée, dynamique et concurrentielle au niveau mondial.
4. Un secteur minier qui a contribué à mettre en place une infrastructure africaine commune grâce à l’optimisation de ses liens économiques, dynamiques, locaux et régionaux…
5. Un secteur minier qui optimise et gère efficacement les richesses minérales limitées de l’Afrique et qui est diversifié (exploitation de métaux précieux et de minerais industriels de moindre valeur, au niveau commercial et à petite échelle).
6. Un secteur minier qui mobilise le potentiel de l’activité minière artisanale et à petite échelle pour stimuler l’esprit d’entreprise local et national, améliorer les moyens de subsistance et favoriser un développement social et économique rural intégré.
7. Un secteur minier qui est un acteur majeur sur les marchés dynamiques et concurrentiels des capitaux et des matières premières au niveau national, continental et international.
À l’ouverture des travaux, le Conseiller principal en industrie de la Commission de l’Union africaine, Frank Dickson MUGYENI, a relevé le paradoxe entre la richesse du Continent et la pauvreté des peuples du fait du manque d’emploi pour les nombreux jeunes exposés aux drames de l’immigration clandestine ; les guerres et conflits qui accompagnent l’exploitation minière. Et de mettre en indexe qu’avec 70% d’éduqués, notre futur est encore déterminé par d’autres ; la faible implication du privé dans les politiques publiques. Il a exhorté à se convaincre que les ressources minières sont le fondement de la croissance de l‘Afrique.
Le président de la Chambre des Mines, Abdoulaye PONA, s’est indigné de voir la frénésie de certains milieux « alarmistes » qui insistent à abreuver l’opinion d’une littérature abondante relative à « la malédiction des ressources naturelles ». Il a émis le souhait de voir trancher, à Bamako, pour de bon, l’éternel débat entre défenseur et adversaires de ces thèses. M. PONA a affirmé l’adhésion des élus du secteur minier de l’Afrique de l’Ouest et du Mali à la ‘’Vision minière africaine’’.
Le Secrétaire général du ministère des Mines, Lamine Alexis DEMBELE, a rappelé que la Vision minière africaine est une initiative des ministres africains en charge de la mise en valeur des ressources minières et qu’elle est en bonne place, lors des rencontres des chefs d’État. Aussi, suscite-t-elle, l’adhésion des institutions spécialisées, des praticiens du droit, des décideurs…
Pour M. DEMBELE, le Continent est peut-être en retard ; mais grâce à l’engagement d’aller vite et plus loin, les ressources pourront profiter davantage à nos États et à nos peuples. Aussi, faudrait-il, rechercher les exemples bénéfiques à mettre au cœur des politiques de développement.

Par Bertin DAKOUO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *