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lundi 19 avril 2021
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Voyage d’étude: les étudiants de l’UCAO UUBA à la découverte de Sikasso

Samedi 27 février 2021, les étudiants de Licence3 Journalisme et Communication de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO UUBA), se sont rendus au centre culturel senoufo de Sikasso, ensuite sur la colline du Mamelon pour des visites pleines d’enseignements.

Les étudiants ont pris part à une présentation du Centre par le responsable du musée Yaya Elie Bamba et le coordinateur P. Bruno Ssennyondo. Le centre a été créé en 2004 par Emilio ESCUDERO, prêtre pères blancs, décédé le 02 novembre 2012 à l’âge de 77ans. Il a pour objectifs la sauvegarde et la promotion des cultures locales. Il est actuellement piloté par trois entités : Association « Wu niré » qui signifie nos racines, le Diocèse de Sikasso et les Missionnaires d’Afrique. Il aide le monde Senoufo à s’ouvrir davantage à d’autres perspectives socioculturelles susceptible de contribuer à son rayonnement. Il œuvre aux rencontres et au dialogue entre différentes expressions culturelles et confessionnelles.
Les objectifs du centre se réalisent à travers plusieurs domaines d’activités avec les sources orales, les sources écrites, et de nombreuses visites de terrain. Ils produisent des livres dont les sujets sont divers : le royaume du Kénédougou et sa capitale Sikasso, les Korèdugaw, devinettes et les contes Senoufo etc. Le musée est une des composantes du centre. On y trouve des statuettes de divers airs culturelles (dogons, bambara, mianka, bwa, etc.), des fétiches, des chaises royales, des escabeaux, une case réservée uniquement aux hommes, des pagnes, des instruments de musique traditionnels et même des lits mortuaires. Tout ceci révèlent l’importance de nos coutumes et traditions.
Selon Yaya Elie Bamba, le centre est confronté à plusieurs difficultés tel que le manque de financement de l’Etat malien, les moyens inadéquats de conservation des collections, le manque de moyen de déplacement et bien d’autres. Bien qu’il soit appuyé par des partenaires pour des projets précis les besoins sont encore grands.
Après cette découverte du centre Senoufo, les étudiants se sont dirigés vers la colline du Mamelon situé en plein cœur de la ville et qui marque l’histoire de Tièba Traoré ancien roi de Sikasso. La colline du Mamelon a été choisi par Tièba Traoré à son temps parce que c’était un endroit stratégique, qui était au départ un monticule qu’il fallait renforcer.
La colline du Mamelon à une hauteur estimée à 30m, elle a une circonférence de 461m. Tieba avait initié un travail forcé pour la construction qui a couté la vie à de nombreux prisonniers de guerre et des paysans senoufo. Sur cette colline se trouvait un puit ou ils déposaient les munitions en temps de guerre et des objets précieux. La construction fut détruite lors de la prise de Sikasso par les français et c’est là que le premier drapeau français a flotté pour la première fois. Il a été conçu pour permettre au roi de voir l’étendue de son royaume et d’observer de loin les ennemis tel que la colline de Almami Samory Touré qui était venu en envahisseur pour prendre Sikasso.
Comme il n’avait pas d’alternative pour pénétrer Sikasso puisque les cinq portes du tata étaient fermées et il n’y avait pas de solution d’escalader, ce qui a poussé Samory à faire un siège sur une colline derrière la ville de Sikasso. Au départ il était tout seul raison pour laquelle il fut appel à un chef de guerre du nom de Nakanfale Kamara du mandé qui s’installa aussi sur une autre colline derrière Sikasso. Juste après cet appel ce dernier est venu s’ajouter à Samory pour la prise de Sikasso. Il prend les devants avec sa troupe. Les deux passèrent 16 mois de siège sans pouvoir pénétrer la ville de Sikasso, et pendant tout ce temps il fallait chercher à manger, et des voies et moyens pour pénétrer Sikasso mais ils n’ont pas pu. C’est grâce à Moumou la grande sœur de Tieba qui a trouvé une stratégie afin de faire évader ces deux individus et l’idée a été acceptée par Tieba. Le plan était de cuisiner des plats empoisonnés de somnifère pour Nakanfalé et ses guerriers et les sensibilisant en leur disant que Sikasso était une ville d’hospitalité, et une fois endormi Moumou a amputé la tête de Nakanfalé Kamara et l’un des fils de Almami Samory et un chef de guerre du nom de Kèmè Bourama qu’elle a apporté à Tieba. Celui-ci les a envoyées à Samory qui comprit aussitôt le message. Il s’affaiblit et arrêta de chercher des solutions pour pénétrer Sikasso. Samory prit la tangente dans une nuit sombre vers Heremakono, qui se trouve vers la frontière burkinabé à 45 km de Sikasso.
Sans la colline du mamelon, Tieba ne pouvait pas suivre les actions de Samori pour mener cette stratégie, voilà un peu l’historique de la colline du mamelon de Sikasso.




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