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jeudi 21 novembre 2019
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VRD sur la dégradation de la sécurité au centre: ‘‘notre sécurité a été sous-traitée’’

Lors de l’interpellation du gouvernement par l’Assemblée nationale, hier mercredi, le groupe parlementaire de l’opposition estime que les problèmes actuels du centre sont la conséquence de la mauvaise politique de l’État. Cette faillite politique est doublée d’une faillite morale du fait que ni le Président de la république ni le Premier ministre encore moins le ministre de la Défense n’a eu le courage de s’assumer en tirant les conséquences qui s’imposent à la suite des dernières tragédies enregistrées.

Monsieur Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, l’heure est grave !

Je dis bien : l’heure est grave !

Avant-hier les campements martyrs du cercle de Ménaka Aklaz, Tassalatine, Ikawassa, Koulongo, hier Dioura, aujourd’hui Ogossagou ! Trop c’est trop !

Notre nation est meurtrie !

Notre démocratie est bafouée !

Note vivre ensemble multiséculaire est dangereusement menacé !

Ce début d’année 2019, avec son cortège funèbre de 584 morts civils et militaires maliens et étrangers, est en passe de battre le sinistre record de toute l’année 2018 qui a compté 1348 morts. C’est tout simplement inacceptable ! Aucun discours lénifiant, aucun tour de passe-passe, aucune auto flagornerie ne saurait dissimuler ou éluder cette sinistre et macabre réalité. Le Mali est devenu une zone d’insécurité maximale.

C’est faire insulte aux nombreuses victimes journalières décédées ou blessées de déclarer de manière péremptoire et cynique que la sécurité se rétablit au Mali de jour en jour et que l’Etat est debout et présent !

Allez dire cela aux parents du jeune soldat de 1 ère Classe Nouhoum Cheiboune Maiga de la 612ème CIM de Sévaré, mort avant-hier à Itignebere, cercle de Bandiagara par l’explosion d’un engin explosif improvisé !

En ce qui concerne les drames de Koulongo, Dioura et Ogossagou pour ne parler que de cette année 2019, pour nous la responsabilité est clairement établie : elle n’est ni sociale, ni communautaire encore moins miliaire ! La responsabilité est politique, seulement politique, entièrement politique ! Quand le chef suprême des armées après le drame de Dioura, s’adressant aux soldats déclare qu’aucune autre négligence ne sera plus tolérée, il avoue par-là lui-même qu’il est passé sur bien d’autres négligences jusqu’à ce jour !

Mais en parlant de négligence qui est donc responsable des infrastructures militaires devant abriter nos troupes ? Pas la hiérarchie militaire en tout cas ! Une vue du poste de Dioura nous permet de réaliser que le terme camp militaire est abusif, car il s’agit de baraquements et bâtiments sommaires ouverts aux quatre vents sans miradors ni fosse de protection.

C’est dans ces infrastructures de fortune que sont cantonnés nos soldats et qui les exposent à tous les dangers surtout venant d’un ennemi invisible et mobile maître du terrain !

Concernant le drame de Ogossagou, le communiqué du gouvernement est lui aussi d’une extrême limpidité : en effet il désigne clairement le coupable à ses yeux, la milice Dana Amassagou, il nous informe que le gouvernement était au courant de ses agissements et lui avait adressé des mises en garde pour finir par le dissoudre !

Quel aveu de taille et quel scandale ! Tout cela veut dire que ces drames auraient pu être évités et bien d’autres encore !

Donc la faute est politique et la sanction ne saurait être que politique ! Le gouvernement a échoué !

Ce n’est pas un jeu de chaises musicales au sein de l’état-major qui peut faire illusion aux yeux de nos compatriotes et de nos partenaires, car nous sommes en face d’une véritable faillite politique ! Cette faillite politique se double d’une faillite morale du fait que ni le Président de la République, ni le Premier ministre, ni le ministre de la Défense, ni aucun ministre autre n’a eu le courage de s’assumer en tirant les conséquences politiques qui s’imposent lors de telle tragédie !

La réalité est que notre sécurité a été sous-traitée à des groupes armés au nord comme au centre du Mali. Aujourd’hui au centre, on ne compte pas moins d’une cinquantaine de milices de toutes obédiences dont les chefs paradent dans nos villes, à Bamako et sur les réseaux sociaux.

Toutes les bases et tous les Check points des milices sont connus : qu’attend-on pour les démanteler ? Des armes de guerre circulent impunément sur tout le territoire.

Un plan de sécurisation des régions du centre a été annoncé en grande pompe en début 2018, qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Que de la déception !

Hier nous étions préoccupés par le nord du Mali, aujourd’hui le centre nous a fait oublier le nord ! Est-ce un hasard ? Ou une stratégie mûrement réfléchie ?

Comment aimer son pays et se taire devant une telle situation, devant tant de drames ? Non. Aucun patriote digne de ce nom ne peut et ne doit se taire.

Il est plus qu’évident que notre pays se heurte à une incapacité notoire et persistante de son gouvernement à atténuer ses souffrances à défaut de les vaincre.

Notre République qui s’enfonce dans le chaos, est prisonnière d’intérêts claniques, de marchandages partisans et de suspectes compromissions, et se meurt à petit feu sous les balles et attentats, du fait de son amateurisme dans la gestion des affaires. Cela ne peut plus continuer ! Franchement, si vous aimez le Mali, Mali qui vous a tout donné, tirez les leçons de votre échec ! Présentez vos excuses aux très nombreuses familles endeuillées et meurtries par votre incompétence et votre incapacité notoire à les sécuriser ! Ensuite, partez ! Partez loin du gouvernail de notre nation pour permettre au vaillant peuple de sortir du deuil et d’oublier les malheurs de votre gouvernance. Plus vous restez plus nous allons continuer à observer des jours et des jours voire des mois de deuil national ! Tel n’est pas le souhait du peuple malien ! Soyez courageux et changez de place dans l’histoire, vous y êtes déjà entrés par le mur de la déception.

Je vous remercie !

 




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