Zone UEMOA: les PME et le défi de la compétitivité

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« La PME dans l’UEMOA face aux exigences de la compétitivité mondiale », tel est le thème de la 2e édition du salon d’affaires, de l’innovation et de partage des Petites et Moyennes Entreprises (PME) que notre capitale abritera du 12 au 16 de ce mois, au Palais des sports.

En prélude à l’événement, le Comité régional d’organisation a animé, hier lundi, une conférence de presse du ministère de la Promotion de l’investissement et du secteur privé. Présidant la séance, le ministre de tutelle, Konimba SIDIBE, avait à ses côtés l’Administrateur du Salon et président du Comité d’organisation, Youepéné Hermann NAGALO ; Djibril Baba TABOURE, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) ; le Secrétaire général du Conseil national du patronat du Mali (CNPM).
M. NAGALO, dès l’entame de ses propos, a exprimé sa conviction : « le salon sera une réussite ».
Il a ensuite souligné l’importance d’outiller les PME pour leur permettre de jouer leur rôle. Le conférencier a fait savoir que le salon était un cadre d’échanges des PME sur leurs organisations, leurs difficultés, et de partage des meilleures pratiques, ainsi que des stratégies innovantes pour mieux s’insérer dans l’économie face à une concurrence mondiale. Aussi, a-t-il poursuivi, il vise également à développer les meilleures relations d’affaires entre les PME de l’UEMOA et d’ailleurs, et avec leurs partenaires, notamment les banques et établissements financiers, les grandes entreprises, les organisations professionnelles et structures d’accompagnement. Il est dédié aux micro-petites et moyennes entreprises et industries de la zone UEMOA.
L’administrateur du salon a fait savoir que les activités prévues porteront sur : des rencontres business to business (B2B) ; des expositions de produits/services des PME et des partenaires ; une conférence inaugurale, des panels, des ateliers ; un guichet emploi et un guichet coaching des créateurs ; des formations de haut niveau pour les managers des PME ; une caravane des PME ; et, une cérémonie de récompense pour les meilleurs exposants, les meilleurs managers et des structures d’appui.
Pour ce qui est des ateliers et des panels, a annoncé M. NAGALO, il y aura trois thématiques : « nouveau dispositif de financement des PME dans l’UEMOA : contraintes et opportunités » ; « défis de développement des pays de l’Union et solutions innovantes des PME » ; « qualité et normalisation des produits et services des PME ; état des lieux et enjeux pour la compétitivité ».
Le président du Comité d’organisation a aussi expliqué que le carrefour des PME consisterait à des expositions et à un réseautage, notamment à travers les rencontres B2B entre les PME et les établissements de crédit, les institutions et les grands patrons et entre les PME elles-mêmes.
Le représentant de la CCIM, Djibril Baba TABOURE, a rappelé que son institution travaille dans l’esprit du salon, à savoir inciter ses membres à se conformer aux normes internationales. Pour cela, il est indispensable de s’outiller, a-t-il souligné. Il a lancé un appel à ses membres à participer effectivement à ce salon qui est l’occasion pour eux d’échanger avec les autres et de nouer des relations d’affaires.
Le ministre SIDIBE, parrain du salon, estime les thématiques très importantes. Pour lui, la question des PME est vitale pour le Mali et même pour tous les pays du monde. Et pour cause, le développement d’un pays dépend du dynamisme de ses PME. Parlant de leur apport dans le développement du pays, il a pris l’exemple de notre pays où chaque année 35 000 nouveaux diplômés arrivent sur le marché de l’emploi. Or, l’État n’emploie qu’environ 10% de cet effectif. Les 80% sont employés par les grandes entreprises qui ne sont pas nombreuses, mais surtout par les PME. Ce qui lui fait dire que la question des PME est stratégique.
En termes de perspectives, le ministre a annoncé que son département travaille à rendre la structure d’appui aux PME plus performance ; renforcer le dialogue banques/PME ; créer une banque d’investissement ; le financement de l’agriculture avec l’installation d’entrepreneurs qui cultiveront de grandes superficies.
Parlant des bénéfices du salon pour notre pays, le ministre SIDIBE a soutenu qu’il favorisera une meilleure perception du rôle des PME dans le développement économique et social ; une meilleure connaissance des défis qui se posent aux PME ; des rencontres qui peuvent déboucher sur des partenariats ; des rencontres entre les PME et leurs clients pour une meilleure démarche de collaboration et des solutions.
Le salon, qui est une rencontre annuelle tournante de l’espace UEMOA, a comme objectifs : échanger entre les PME et partager les meilleures pratiques ; susciter la bonne gouvernance au sein des PME ; présenter les nouveaux dispositifs de financement aux acteurs et échanger sur les opportunités qu’ils offrent ainsi que les contraintes pour la mise en œuvre ; discuter autour des opportunités et contraintes pour le développement de solutions innovantes de financement des PME ; présenter les principaux défis de développement des pays de l’UEMOA dans tous les domaines…

Par Bertin DAKOUO

Un cas d’école

Pour marquer le rôle prépondérant des PME dans l’économie du pays, aux États-Unis d’Amérique, ils sont rattachés à un bureau du président de la République. L’information a été donnée par le ministre de la Promotion de l’investissement et du secteur privé, lors d’une conférence de presse organisée hier à son département. Il a, de même fait savoir que dans ce pays, tout promoteur d’un projet financé au tiers du coût total, les deux tiers sont pris en charge par l’État. Ce qui lui fait dire qu’il est normal que l’argent public aille dans le financement des PME qui prennent la plus grande part dans la lutte contre le chômage des jeunes et qui créent de la valeur ajoutée. Il en est d’autant plus convaincu que les modèles classiques ont monté toutes limites. « L’État ne peut pas développer les PME », a martelé M. SIDIBE qui est en terrain connu. Il peut par contre les aider à se développer elles-mêmes, a-t-il dit en substance.

L’UEMOA solidaire du Mali
L’organisation du salon d’affaires, de l’innovation et de partage des PME dans notre pays, dès sa deuxième édition, après celle de Ouagadougou, est un geste fort de solidarité des pays membres de l’UEMOA. Même s’il y avait des candidatures beaucoup plus lourdes, la balance a penché du côté du Mali qui venait de sortir d’une crise. C’est ce qu’à faire savoir l’Administrateur du salon Youepéné Hermann NAGALO, au cours d’une conférence de presse organisée hier au ministère de la Promotion de l’investissement et du secteur privé. Un geste qui est allé droit au cœur des autorités du pays qui ne ménagent aucun effort pour que ce salon soit un franc succès. C’est aussi cela le sens de l’engagement personnel du ministre SIDIBE qui a une foi inébranlable au secteur privé en tant que moteur du développement économique et social d’un pays.

Le modèle malien
Outre les 8 pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, la République centrafricaine est attendue pour prendre part à la 2e édition du salon d’affaires, de l’innovation et de partage des Petites et Moyennes Entreprises (PME), dans notre capitale du 12 au 16 de ce mois. L’on apprend du président du Comité d’organisation que ce pays a décidé de faire le déplacement de Bamako pour s’inspirer de l’expérience malienne en matière de relance des PME après une crise. L’on sait que la République centrafricaine a été pendant plusieurs années en proie à une instabilité qui a donné lieu à la mise en place d’un pouvoir de transition qui a cédé la place à un président démocratiquement élu.
De sources organisationnelles, près de 300 exposants sont attendus, essentiellement de l’UEMOA et des pays invités ; des institutions sous régionales ; des banques et établissements financiers ; des assurances ; des structures d’accompagnement ; des services de l’administration ; des organisations professionnelles ; des PME ; des business Club…

Par B.D.

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