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samedi 6 mars 2021
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3e congrès extraordinaire du Parena: le Parena maintient le cap

Le Parti pour la renaissance nationale (PARENA) a tenu, les 28 et 29 avril, son 3e congrès extraordinaire, au CICB.
Les travaux du 3è congrès extraordinaire du Parti pour la renaissance nationale (PARENA) ont été sanctionnés par la mise en place d’un nouveau comité directeur. Le président sortant du parti, Tiébilé DRAME, a été reconduit à la tête du parti, sur la demande des militants. Aussi, les bureaux des femmes et des jeunes ont été renouvelés.

La cérémonie d’ouverture était placée sous l’égide du président du parti, Tiébilé DRAME, en présence des cadres du parti et des représentants de certains partis de l’Opposition et de la majorité présidentielle. Aussi, des représentants de certains partis politiques venus du Burkina Faso, du Niger et du Sénégal ont honoré de leur présence ce congrès extraordinaire.

L’insatisfaction des jeunes et des femmes du PARENA
Dans son intervention, le président du mouvement des jeunes du PARENA, Seydou CISSE, a fait un diagnostic sans complaisance de la gestion du régime en place. Il estime que la jeunesse malienne, dans toutes ses composantes, demeure marginalisée par l’absence d’une politique nationale claire de la jeunesse conformément à l’esprit et à la lettre de la Charte africaine de la jeunesse ratifiée par notre pays depuis 2008. Et que les pouvoirs publics sont décidés à condamner cette jeunesse au désespoir et à la désespérance par la qualité médiocre de l’éducation et la formation qu’ils offrent à celle-ci.
« L’inadéquation du contenu de l’enseignement aux besoins des entreprises. Les jeunes vivent les choses les plus redoutables pour le développement du pays, à savoir le déficit d’éducation, de qualification, le désœuvrement et les maladies », a critiqué le président du mouvement des jeunes.
Il a jugé la gestion du dossier du nord par le régime de calamiteuse qui, selon lui, a mis le pays dans une situation de ni paix, ni réconciliation, avec comme conséquence le réveil des réflexes et replis communautaires qui entament dangereusement des centaines d’années de vivre ensemble de certaines communautés.
Pour le président des jeunes du PARENA, les souffrances des Maliens prennent essentiellement leur source dans la mauvaise gouvernance actuelle qui se caractérise par le manque de vision, le déni de la réalité, la dilapidation des fonds publics, bref la faiblesse chronique du leadership politique du régime.
Pour sortir de cette situation, il a invité tous les républicains soucieux de la construction d’une société démocratique et solidaire au Mali et en Afrique, de considérer la dynamique enclenchée par leur parti depuis mars 2012 comme la pierre angulaire de la marche citoyenne, républicaine victorieuse contre la gestion familiale et affairiste du pouvoir et la gabegie financière.
« Non aux rétros commissions, non à une éducation au rabais, non à une formation non professionnalisante, non à l’immixtion de la famille dans les affaires de la République, non à la mauvaise gouvernance…», s’est insurgé le jeune Bélier en chef.
La présidente du mouvement des femmes du PARENA, TAMBOURA Mah KEITA, a enfoncé le clou en affirmant que les souffrances qui pèsent actuellement sur les femmes ont pour noms la souffrance morale, financière, la souffrance du panier de la ménagère, l’insécurité totale des ménages, le chômage des jeunes… Elle estime que les femmes du parti doivent se mobiliser d’abord pour arracher les postes de responsabilité qu’elles méritent et ensuite combattre la mauvaise gouvernance et le clientélisme.
Les femmes du PARENA, par la voix de leur présidente, estiment que pour construire une paix durable, le Mali doit œuvrer pour la refondation et la reconstruction d’une nouvelle armée nationale, professionnelle et républicaine ; rénover l’outil de défense et de sécurité ; lancer un vaste programme de construction de nouveaux camps militaires et d’habitations décentes pour les militaires et leurs familles.
Pour y parvenir, Mme TAMBOURA, préconise d’engager une lutte farouche contre la corruption et la gabegie.
« Les femmes du Mali ont peur de l’avenir de leurs enfants qui n’étudient plus parce que le pays n’a plus d’école. Elles ont peur que les cadres qui ont la chance d’avoir du travail ne soient l’objet de chasse aux sorcières qui sévit », s’est-elle inquiétée.

Le PARENA tient à la tenue de concertations nationales
Après avoir fait la genèse de la crise que traverse notre pays depuis 2012, le président sortant du parti, Tiébilé DRAME, a dit au gouvernement, aux mouvements signataires et à la communauté internationale qu’ « il est temps, que d’un élan commun et sincère, nous nous mettions en route pour l’application de l’Accord et pour l’examen négocié et consensuel de ses points controversés ».
Tiébilé DRAME soutient que comme la Constitution adoptée par le peuple souverain du Mali en 1992, l’Accord d’Alger ne saurait être ni le Saint Coran, ni la Sainte Bible, si bien qu’il a prévu les conditions de sa relecture et de son éventuelle révision.
Le président DRAME a insisté à dire qu’il est temps d’aller, sans traîner davantage les pieds, vers des concertations nationales en vue de rassembler notre peuple, afin de forger une marge de manœuvre pour notre pays aujourd’hui coincé, aujourd’hui menacé, et en vue d’une appropriation nationale, inclusive et collective de l’Accord d’Alger dont dépend le présent et l’avenir.
Selon ses analyses, le Mali d’aujourd’hui démontre largement l’urgence d’une réflexion stratégique sur les voies et moyens de l’émergence, les révolutions institutionnelles, y compris les transferts de compétence pour une vraie dévolution du pouvoir aux collectivités décentralisées, et y compris les modes de désignation des autorités et responsables du pays.
Le PARENA préconise une refondation de nos institutions qui passera par la suppression de l’élection présidentielle au suffrage universel ; l’élection du président de la République par le parlement ; l’élection des chefs d’exécutifs régionaux par les assemblées régionales ; l’élection du parlement national et des assemblées régionales au scrutin proportionnel.
« Le Tsunami politique, sécuritaire et institutionnel de 2012 aurait dû être l’occasion de cette refondation. Nous avons raté cette occasion. L’Accord d’Alger est une autre occasion à ne pas rater. La Conférence d’entente nationale dont l’objet doit être revu est une occasion à ne pas rater », a indiqué le Bélier en chef.
Tiéblé interpelle IBK sur les défis
En s’adressant au président de la République, Tiébilé DRAME a dit : « Depuis trop longtemps, les populations au centre et au nord sont terrorisées, nos forces sont harcelées quotidiennement. Dans un tel contexte, c’est votre responsabilité de réagir pour rassurer le pays, un pays qui commence à douter, un pays coincé. C’est votre responsabilité de réunir le pays afin qu’il se forge une marge de manœuvre sans laquelle, il est en danger. C’est votre responsabilité de sortir le pays de l’immobilisme et de créer les conditions de mise au point d’une stratégie nationale autonome de sécurisation et de stabilisation du pays ».
M. DRAME soutient que la recrudescence et la multiplication des actes terroristes dans les cinq régions du Nord sont inquiétantes et traumatisantes et appellent des réponses appropriées qui ne sauraient être que militaires.
Le président sortant du PARENA a interpellé le chef de l’État, Ibrahim Boubacar KEITA, sur les défis actuels qui sont entre autres : défis d’une démographie qui croît plus vite que les ressources et d’une population jeune ; défis d’une économie qui a tout pour passer à la croissance à deux chiffres ; défis d’un espace national à quadriller effectivement par une administration efficace ainsi que des forces de défense et de sécurité conséquemment outillées ; défis d’une école compétitive ; défis d’une politique sanitaire et d’une gouvernance dignes ; le manque d’emploi pour les jeunes.
Pour la réconciliation au Mali, Tiébilé DRAME a interpellé le Président IBK pour créer les conditions des retrouvailles avec ceux qui l’ont ont précédé à la tête de l’État. Il estime que le président doit créer les conditions afin que le Président Moussa TRAORE apporte une contribution de qualité au renforcement de la cohésion nationale en présentant ses excuses aux victimes de mars 1991 et au peuple malien. Tout en créant les conditions du retour du Président ATT et les conditions afin que son compagnon et frère Alpha Oumar KONARE apporte sa contribution à la résolution des problèmes du pays.
Enfin, le président sortant du PARENA a exprimé son intention, après tant d’années à la tête du parti, de remettre son poste de président du parti en jeu.

Messages de soutien au PARENA, au Mali et à l’Afrique
Des représentants de plusieurs partis du Mali et de la sous-région se sont succédé au pupitre pour faire passer des messages.
Les représentants du Mouvement du peuple pour le progrès du Burkina Faso ; du parti Sankariste du Burkina Faso ; du parti nigérien pour la démocratie et le socialisme ; de la Ligue démocratique du Sénégal et du mouvement TK du Sénégal ont tour à tour fait passer des messages de soutien au PARENA, au Mali et à l’Afrique. L’essence de leurs messages a porté sur l’interpellation des dirigeants africains à conjuguer leurs efforts afin de faire face aux défis que connaît l’Afrique.
Les représentants de l’URD, des FARE, du PDES, du PRVM Faso ko, du RPM ont livré des messages de soutien et des appels à mettre le Mali au-dessus de tout calcul politicien.
Les travaux du 3è congrès extraordinaire du Parti pour la renaissance nationale (PARENA) ont été sanctionnés par la mise en place d’un nouveau comité directeur. Le président sortant du parti, Tiébilé DRAME, a été reconduit à la tête du parti, sur la demande des militants. Aussi, les bureaux des femmes et des jeunes ont été renouvelés.
Un comité directeur de 70 membres a été mis en place avec entre autres : président d’honneur, le Pr Drissa DIAKITE ; présidente d’honneur, Me Bintou MAIGA ; président, Tiébilé DRAME ; 1er vice-président, Me Hamidou DIABATE ; 2è vice-président, Mahamadou MAIGA ; 3è vice-président, Bréhima BERIDOGO ; 4è vice-président, Moussa Makan CAMARA ; 5è vice-président, Mme TAMBOURA Mah KEITA ; 6è vice-président Leila MAIGA GUINDO ; Secrétaire général, Djiguiba KEITA, ….
La présidente du mouvement des femmes est toujours Mme TAMBOURA Mah KEITA, tandis que le président du mouvement de jeunes est désormais Souaid MOULAYE qui remplace ainsi Seydou CISSE.
Comme principales résolutions, le parti du bélier blanc a remercié la communauté internationale pour sa forte mobilisation au profit du Mali, tout en l’invitant à continuer dans cette lancée ; invité l’Union européenne, la CEDEAO, l’UA, la MINUSMA et l’ensemble des partenaires et amis du Mali à user de leurs influences auprès des partenaires signataires de l’Accord d’Alger afin de réunir, sans délai, la conférence d’entente nationale pour relancer le processus de paix.
Des motions d’encouragements ont été adressées aux forces armées et de sécurité pour leur rôle de stabilisation du Mali et de la consolidation de la démocratie. Aussi, des motions de remerciement ont été adressées aux partis amis venus de l’extérieur.
Après la lecture de la liste des membres des nouveaux bureaux mis en place, le nouveau président a appelé les militants à redoubler d’effort et de rester mobiliser pour le Mali.
«C’est pour le rayonnement du Mali et la renaissance de l’Afrique que le Parti pour la renaissance nationale a été porté sur les fonts baptismaux en 1995 », a rappelé le bélier blanc en chef.

PAR MODIBO KONE




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