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dimanche 9 mai 2021
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8 mars: hommage aux descendantes de Coumba Ciré qui subissent aux noms des préjugés et des présupposés

Le monde dit civilisé célèbre ce lundi 8 mars comme chaque année la journée internationale de la femme. Dans le simplisme du copier-coller le thème national choisi au pays où toute velléité d’approfondissement et de promotion des droits des femmes est ‘’leadership féminin : pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19’’.

Dans ce pays de virilité machiste, pour ne pas dire de misogynie, le 8 Mars et son esprit ne sont perçus que comme une perversion véhiculée par des gourgandines. Ici, sur cette terre de sororité depuis la nuit des temps, personne ne veut se souvenir que le 8 Mars est 8 Mars parce qu’un certain 8 Mars 1857, environ 130 femmes ont été tuées carbonisées quand elles ont été enfermées dans l’usine de tissage à New York où elles travaillaient, parce qu’elles étaient en grève. C’est en hommage à ces femmes, qu’en 1910, on a déclaré le 8 Mars comme la «journée internationale de la femme». Si seulement cela pouvait rassurer de machos de savoir que le 8 Mars est moins célébrer en guise de quête perverse de droits inacceptables pour le Genre qu’une journée de lutte de classe.
Hier, avant le christianisme et l’Islam, sur cette terre, la femme était reconnue et célébré. Wagadu fut créée 300 ans avant la naissance de Jésus. Sa Capitale est passée à la postérité sous le nom de Koumbi Saleh qui n’a aucun sens dans la langue des fondateurs de cet empire. Il s’agit en fait d’une déformation linguistique des Arabes qui ont mal orthographié le nom de la capitale de Wagadu qui est en réalité Coumba Siré. Nom d’une dame généreuse, dame qui n’a pas eu malheureusement de descendance a qui ont a fait l’honneur de donner le nom de la capitale en reconnaissance de sa magnanimité (fon na siré). Donc 300 ans avant l’ère dite moderne, ici on avait pris l’habitude de rendre hommage aux dames, aux grandes, celles qu’on appelle aujourd’hui les Mère Theresa, les Amazones, les femmes-leaders, les Spice-girls…
Mais voilà, le problème de nos sœurs c’est moins la problématique de l’adéquation du Genre que les réflexes liés à un atavisme décadent et obscurantiste qu’on justifie par les impératifs religieux.
En vertu des textes coraniques interprétés de manière machiste, on a fait de la fille et de la femme des êtres inférieurs voire méprisables : le témoignage de la femme ne vaudrait que la moitié de celui d’un homme ; l’homme a globalement droit au double de la part attribuée à une femme ; la femme est au-dessous de l’homme, la femme doit obéir et se soumettre y compris à la polygamie ; elle doit porter le voile ; le musulman peut épouser une juive ou une chrétienne, alors que la musulmane non…
Or, chacun sait que le Coran a célébré la femme et lui a restitué sa dignité, sa liberté, ses droits et l’a érigé au même rang que l’Homme. Dans les versets 35 et 36 de la sourate les coalisés (Sourate 33 du Coran), il est écrit : ‘’les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d’aumônes, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d’Allah et invocatrices: Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense.
Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident’’.
Vous qui subissez, sachez que Dieu ne vous a pas damné et infériorisé. Et Machos, n’oubliez pas les paroles de Dieu : « O hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement » (Sourate Al Nissa, verset 1).
Il a dit aussi ; «les croyants et les croyantes sont soutien intime les uns pour les autres. Ils s’appliquent à ce qui est convenable et s’opposent à ce qui est blâmable, ils accomplissent la prière, font l’aumône, obéissent à Dieu et Son messager. À ceux-là Dieu leur fera miséricorde, Dieu, certes, est Tout-puissant, infiniment Sage. », S9.V71
Enfin, « …Puis, lorsque tous deux eurent goûté de l’Arbre et qu’ils prirent conscience de leur nudité […] leur Seigneur les interpella : Ne vous avais-je pas à tous deux interdit cet Arbre ? Je vous dis qu’en vérité le Shaytân est, de vous deux, ennemi déclaré ! Tous deux répondirent : Nous nous sommes lésés ! Si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement au nombre des perdants ! », S7.V22-23.
Ne voyons donc pas en nos sœurs des concurrentes, des adversaires et pires des ennemies, mais plutôt des partenaires historiques dont la synergie est indispensable pour l’avenir de l’humanité et de notre pays. C’est pourquoi nous devrions cheminer dans la fraternité pour construire ensemble le nouveau Mali.
Mères, sœurs, épouses et filles, bonne fête du 8 Mars.

PAR CHRISTELLE KONE




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